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Faites tourner les cultures

Faites tourner les cultures

Qu’il soit petit ou grand, le potager exige de dessiner et écrire pendant l’hiver où, et dans quel ordre, on réalisera ses plantations : cet exercice peut se révéler un véritable casse-tête si l’on ne retient pas quelques principes de base.

Il faut d’abord établir la liste de ses priorités. Les aromatiques et salades sont souvent les plus demandées. Il est nécessaire de distinguer les vivaces, qui resteront en place plusieurs années, des annuelles à semer à chaque belle saison. Il faut également prendre en compte l’orientation de chaque coin du potager. Ainsi au rang des plantes à laisser se développer au même endroit deux à trois ans, le thym et le romarin adorent le soleil ; en revanche la menthe supporte l’ombre.

Échelonner les semis

Quant aux graines d’aromatiques à racheter à chaque début d’année, seul le persil et le cerfeuil apprécient les endroits frais. Placées tout autour du potager, elles attireront les insectes pollinisateurs et éloigneront les prédateurs.

D’autre part, les semis sont à échelonner au fil des mois. Ainsi, au rang des salades, sachez que l’hiver, seule la mâche va pousser. En revanche, à partir de février et sous abri, vous pourrez semer toutes les autres variétés. Le plus intéressant, pour varier ses repas, est de les faire se succéder : commencez dès à présent par la mâche, remplacez-la au début du printemps par la laitue, puis l’été, plantez scaroles et feuilles de chêne.

Gagner de la place

Vous pouvez économiser de la place en optant pour des plants plutôt que des graines : le poireau se sème en avril, mais s’il est acheté en godets, il peut être installé en août à l’emplacement d’une culture qui s’achève et poussera l’hiver. Vous pouvez également mélanger des graines : par exemple semer en même temps radis, carottes et laitues. Les radis seront arrachés au bout de dix jours, laissant les carottes s’épanouir jusqu’à leur arrachage, qui fera place aux salades.

 

Le tour des familles

Les choses se compliquent pour les autres légumes. Chaque famille puise dans la terre des éléments nutritifs différents : pour que le sol ne présente pas une carence en telle catégorie de micro-éléments, il ne faut pas planter plusieurs fois de suite au même endroit des membres d’un même genre. Par exemple, les choux et poireaux absorbent beaucoup d’azote ; on leur fera succéder des tomates ou des haricots, gourmands en phosphore.

De plus, chaque espèce attire un type de prédateurs et de maladies. Afin de prévenir, plutôt que de guérir à l’aide de produits chimiques de synthèse, là encore la solution consiste à ne pas laisser proliférer une colonie de nuisibles en faisant tourner les cultures.

Pour simplifier la conception de votre potager, divisez l’espace en cinq parts égales et les légumes en cinq types :

les fruits (concombres ou tomates) ;
• les racines comme les carottes, les panais, les salsifis… ;
• les feuilles telles les poirées et les épinards ;
• une zone que vous laisserez en jachère une année sur cinq ou sur laquelle vous implanterez les « engrais verts » que nous vous avons présentés le mois dernier ;
• les Fabacées (famille des fèves) qui enrichissent la terre en azote.

À partir de votre seconde volée de semis au cours de la belle saison, ou du deuxième printemps, vous décalerez toutes vos cultures d’une parcelle : les concombres et tomates prennent la place des haricots et pois, ces légumes fruits sont remplacés par les légumes racines (à l’automne, le poireau peut succéder à la tomate), les radis qui se récoltent au bout de dix jours libèrent un rang pour des laitues, les légumes feuilles occupent la terre laissée au repos et ainsi de suite.

Ce jeu des cinq familles est la règle de base de tout potager écologique. Bien entendu, les « potagistes » confirmés vous délivreront moult autres conseils, notamment sur les bonnes et les mauvaises associations de plantes, nous y reviendrons le mois prochain.  

Pratique

L’association Kokopelli, dont Dominique et Sophy Guillet sont fondateurs, lutte pour la biodiversité en vendant des graines bio et en délivrant de nombreux conseils.

Dominique Guillet propose également un guide, « Semences de Kokopelli », devenu la bible de tout amateur de potager, même débutant.

Infos : kokopelli-semences.fr

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