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Démarrer un compost

Démarrer un compost

Chacun a sa technique pour réaliser son compost. Certains se contentent de creuser un grand trou. Cet aménagement présente deux inconvénients : pour que le compostage se réalise, il faut de la chaleur, réduite dans une fosse, et il faut de l’air, ce qui signifie qu’il est indispensable de régulièrement retourner les couches avec une fourche-bêche… un travail harassant.

Le plus facile est de se doter d’un cube de bois aux lamelles disjointes pour laisser passer l’air, doté en haut d’un couvercle pour maintenir la chaleur et un taux d’humidité optimal, et en bas d’une tirette pour récolter le compost mûr. La plupart des grandes agglomérations fournissent des composteurs à bas prix (renseignements sur
www.ademe.fr.)
Sinon, des bacs sont vendus dans les grandes surfaces spécialisées.

Les déchets verts

Que mettre au compost ? Là encore, à chaque jardinier sa recette. Dans un premier temps, n’hésitez pas : placez-y tous vos déchets de cuisine décomposables (évitez les os et les coquilles d’huîtres).

Tout le secret est de composer de fines couches de 10 cm d’épaisseur au maximum et d’alterner épluchures de légumes, marc de café, tontes de pelouse (matières humides) avec des matelas de matières sèches, telles les feuilles mortes, des rameaux broyés, de la paille ou, à défaut, des cartons. Ce sont ces matières sèches, riches en cellulose et en lignine (donc en carbone), qui vont être transformées par les micro-organismes. Elles doivent constituer au total les deux tiers du contenu de votre bac.

Toutefois, pour les travailler, les lombrics, mille-pattes et cloportes ont besoin d’azote, libéré par les matières humides.

Paillis ou engrais

Après un à deux mois de fermentation, vous obtiendrez un compost frais, non encore parfaitement décomposé. Vous pourrez toutefois déjà le disposer en surface, en fine couche, au pied des arbustes : il leur donnera un coup de fouet et évitera de voir des herbes indésirables s’installer. Dès la fin du printemps un compost bien mûr sera disponible, il ne risquera plus de brûler les racines des plantes, vous pourrez donc l’incorporer à vos massifs avec une griffe, à raison de 1 à 5 litres par mètre carré.

Enfin, si vous patientez jusqu’à la fin de l’été, la matière brunâtre obtenue pourra constituer un excellent substrat de culture.

Lombri-compostez !

Si vous ne disposez pas d’un jardin, vous pouvez installer dans la cuisine ou sur la terrasse un lombricomposteur. Comme son nom l’indique, il s’agit de trois bacs imbriqués qui contiennent des vers de terre : ils transformeront vos épluchures de légumes en un excellent amendement.


Les conseils d'un spécialiste

Jean-Jacques Fasquel est maître composteur, habilité à former d’autres jardiniers à l’art de transformer les déchets en « or noir ». Il installe des bacs collectifs au pied d’immeubles ou dans des quartiers citadins et explique leur fonctionnement aux habitants. Cette pratique permet de limiter son volume de déchets, de développer de nouveaux liens sociaux et a débouché, à Paris où il travaille, sur la création d’un jardin partagé. « La question rituelle posée par les futurs utilisateurs est celle d’émanation d’odeurs. En effet, après quelques semaines, la température du composteur augmente. C’est le signe que les bactéries, champignons et actinomycètes ont commencé leur travail. Pour ce faire, ils ont besoin d’oxygène : un bon compost n’émet pas d’odeur, s’il sent mauvais c’est qu’il faut le retourner pour l’aérer et y incorporer des matières sèches, par exemple des brindilles. » Le taux d’humidité idéal doit correspondre en permanence à celui d’une éponge bien essorée. « Quant aux rongeurs, ils ne sont pas attirés si l’on exclut viandes, poissons et laitages. »



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