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Le pin sylvestre, ami des voies respiratoires

Le pin sylvestre, ami des voies respiratoires

En anthroposophie, on attribue à l’huile essentielle de pin un effet neurotonique si puissant que dans l’organisme, quelque chose s’émancipe et devient indépendant. En phytothérapie, le pin sylvestre est réputé pour les soins de la sphère respiratoire. Désinfectant des bronches, on l’utilise traditionnellement contre les affections bronchiques aiguës bénignes.

L’école de Salerne lui a consacré un petit poème : « Pour la fièvre éphémère et la toux, bon calmant. Le pin guérit encore un long épuisement. Si le mâle vaut mieux contre la toux rebelle, au ventre relâché, meilleure est la femelle.» Son sirop est antiseptique, balsamique et expectorant. Sa décoction est utilisée en inhalations contre le rhume, le nez bouché, l’asthme et la sinusite, et en gargarismes contre la laryngite.

Fort contre la fatigue musculaire

De par ses principes actifs anti-inflammatoires, le bourgeon de pin s’applique aussi au traitement des rhumatismes et de la goutte. La térébenthine du pin, substance contenue aussi dans les bourgeons de sapin et dans les couches externes de l’écorce, possède la propriété de stimuler les glandes surrénales, ce qui produit un effet tonifiant et revitalisant sur l’organisme. On en fait des bains revitalisants, rendus célèbres par l’abbé Kneipp, qui combattent la fatigue, la faiblesse musculaire, la nervosité, l’insomnie, les douleurs rhumatismales et activent la circulation périphérique.

Un secret d’herboriste? La cueillette des bourgeons de pin étant interdite, pas de recette de sirop. Je vous invite tout simplement à aller vous promener dans un lieu où vous pourrez aller serrer la pince à un beau pin... Cueillez au bout de vos doits une goutte de résine échappée de son écorce ou de ses bourgeons. Fermez les yeux, respirez sans penser à rien et laissez-vous emmener par votre nouvel ami! 

 

Pinus sylvestris

Famille des Pinacées

HABITAT. Espèce pionnière (capable de s’adapter sur un sol dénué de végétation).

Exposition. Il aime la lumière et supporte les climats frais. Sols Acides, même pauvres. 

PARTIES UTILISÉES. Bourgeons et térébenthine, rameaux. 

RÉCOLTE. De février à avril avant l’éclosion. Faire sécher les bourgeons en couches minces dans un lieu sec, tempéré et aéré.

TOXICITÉ, PRÉCAUTIONS D’USAGE. Aucun effet secondaire toxique en usage normal. 

 NB : On tirait naguère des aiguilles piquantes du pin sylvestre une ouate qui était filée pour produire une étoffe douce ressemblant à la flanelle. Cet arbre est décidément étonnant ! 

 

Ode au pin 

On le dit audacieux. C’est vrai, le pin sylvestre n’a pas peur de se fixer au bord de falaises, fouetté par
les vents. Arbre toujours vert, prospérant malgré les difficultés, c’est un pionnier : il ose s’installer là où personne encore ne s’est aventuré. Si nous prenons le temps de l’observer, nous verrons qu’il porte sa cime comme un flambeau en colorant son écorce la plus haute en rose orangé contrastant avec le reste du tronc. À Mosset, charmant village des Pyrénées-Orientales, se vit une histoire d’amour peu ordinaire entre une église romane et... un pin sylvestre. Reconstruite au XVIIe siècle, l’église Saint- Julien-et-Sainte-Baselisse abrite dans un coin de roche de son clocher, un curieux pèlerin venu spontanément s’y installer, un petit pin sylvestre de 2,9 mètres mais âgé de plus de 200 ans ! Sans terre, il n’a pu se nourrir que d’amour, de foi, de lumière et d’eau fraîche. Et sans doute aussi de l’audace de vivre ses vœux les plus fous... I. C. 

 

Isabelle Cornette est herboriste et naturopathe diplômée de l’Institut Robert Masson (Paris). Formatrice en herboristerie familiale, elle a conçu le jardin médicinal Herba Sana à Elsenborn, en Belgique (laboratoires Ortis). Infos www.herba-sana.be et www.phytoacademy.org



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