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Crèmes solaires : 
une protection discutable

Crèmes solaires : 
une protection discutable

Créées à l’origine pour préserver la peau des aviateurs au cours de la Seconde Guerre mondiale, les crèmes solaires contiennent un mélange de filtres d’origine synthétique ou minérale qui bloque le passage des rayons ultraviolets (UV) du soleil sur la peau. Dans les années 2000, des études ont montré que de nombreux filtres agissaient comme des œstrogènes, autrement dit des perturbateurs endocriniens.

Perturbateurs légaux

À l’été 2013, une étude de la revue 60 millions de consommateurs révélait l’effet légèrement anti-inflammatoire d’une molécule chimique utilisée dans ces filtres, le Parsol MCX. Danger immédiat : la sensation de brûlure du coup de soleil disparaît, ce qui conduit à prolonger abusivement l’exposition.

L’ONG américaine Environment Working Group a dénoncé au mois de mai les dangers de certains filtres solaires pour la santé, mettant l’accent plus particulièrement sur les produits pour les enfants. Elle invite à bannir les sprays, qui ne couvrent pas complètement la peau, mais qui peuvent surtout être inhalés lors de leur vaporisation. Elle recommande aussi d’éviter les produits contenant des filtres à base d’oxybenzone (benzophenone-3), un perturbateur aussi. Celui-ci, formellement dé­conseillé par l’Afssaps (aujourd’hui l’ANSM) en 2010 dans les produits solaires pour enfants, reste pourtant autorisé par la réglementation européenne des cosmétiques ! Autre substance à bannir : le palmitate de rétinyle, qui peut favoriser la cancérisation de la peau exposée au soleil.

Filtres peu protecteurs

Synthétiques ou minéraux, les filtres nous protègent moins que ce qu’ils prétendent. En effet, les produits solaires sont testés dans des conditions qui n’ont rien à voir avec nos pratiques habituelles : on enduit des volontaires d’une épaisse couche de crème (au moins 2 mm d’épaisseur !) avant de les exposer. Le temps au bout duquel on attrape un coup de soleil sert à évaluer l’indice de protection (SPF pour Sun Protection Factor). Une crème SPF 50 retarde le coup de soleil d’un facteur 50 : si ce dernier apparaît sans crème au bout de cinq minutes, il ne surviendra avec la crème qu’après 250 minutes (5 minutes x 50) d’exposition. Sous réserve de se réenduire généreusement régulièrement et, en toute logique, d’une couche de crème d’1 mm d’épaisseur (c’est déjà beaucoup !), la protection est moindre. Elle est encore moindre si l’on est en train de transpirer…

Bref, même avec une crème bio, on ne peut pas rôtir au soleil sans danger sur les plages. L’exposition prolongée est une hérésie pour la santé. Le meilleur moyen de se protéger, tout en prenant bonne mine, est de mettre un chapeau de paille pour garder son visage à l’ombre et de rester habillé. Les vêtements restent en effet le meilleur filtre solaire jamais inventé.

 

À lire : 

 « Soleil, mensonges et propagande », du Dr Brigitte Houssin, Éd. Thierry Souccar, 2010.

« Du bon usage du soleil », du Dr Damien Downing, avec Jean Celle, Jouvence Éd., 2006, paru en 2001 sous le titre « Soleil vital ».

 

Le bio fait mieux

Les crèmes certifiées, moins nocives

Tous les produits dangereux de synthèse sont bien évidemment interdits par les chartes Cosmebio et COSMOS natural, qui ne tolèrent que les filtres minéraux (dioxyde de titane et oxyde de zinc), et pas à l’état de nanoparticules (<50 nm), où ils présentent un risque pour la santé et pour l’environnement. Mais les indices de protection que les crèmes bio revendiquent sont établis sur les mêmes bases que les crèmes solaires conventionnelles…

L’indice du rayonnement UV 
(de 1 à 12) est donné dans les bulletins météorologiques. À partir de 5, une protection solaire est recommandée. L’idéal est de l’appliquer en couche épaisse (car c’est ainsi que son efficacité a été testée) une quinzaine de minutes avant de sortir et non une fois que vous êtes en plein soleil ! Et de renouveler l’application toutes les deux heures, plus fréquemment si vous pratiquez une activité physique. 

 

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