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La Mimothérapie, Corps accord

La Mimothérapie, Corps accord

Lorsqu’on évoque le mime, on pense directement à Bip, génialement interprété par le mime Marceau… Cet art subtil permet de s’exprimer avec le corps tout entier, dans un silence à même de concentrer l’énergie, de dilater le présent, de mobiliser l’imaginaire. Plus largement, d’ouvrir une fenêtre sur l’universel, éternel.

Ainsi, mieux se percevoir dans l’espace-temps. Sur le plan technique, il s’agit de la recherche d’identification à autrui, à l’objet, à l’espace, aussi bien qu’à un élément naturel, végétal, animal, parfois même, pourquoi pas, minéral ? ! Là, est la magie du mime, infinie…

Sur un plan plus profond, c’est la représentation de tous les états d’âme et situations de l’être humain, aussi bien que de tout ce qui le touche de près ou de loin, comme la nature qui l’environne ou sa vie quotidienne, précise Simone Conein-Gaillard¹, elle-même mimographe, formée notamment dans les écoles de Marcel Marceau (dont elle a été la partenaire artistique), Jacques Lecoq, etc. Lumineuse et généreuse, Simone Conein-Gaillard est la première et la seule à avoir adapté, dès le milieu des années 1970, le mime dans le domaine de la psychomotricité et du développement personnel, donnant ainsi naissance à la Mimothérapie.

De l’éveil de soi à la thérapie

Née au Brésil et ayant, entre autres, vécu en Afrique, le corps – ce grand oublié de l’Occident – est son allié. Un allié d’éveil. Simone Conein-Gaillard décide alors d’utiliser le mime, qui lui est familier, comme moyen pour développer cette conscience du corps. Du vivant en soi.

Que ce soit sur une scène ou en approche thérapeutique, pour moi, le mime est le parfait médiateur ; l’instrument dont je me sers pour aborder, toucher, rééquilibrer, écouter l’être humain placé devant moi, partage Simone Conein-Gaillard.

Le mime est donc, ici, abordé autrement que dans l’univers du spectacle. Le travail proposé en Mimothérapie, alliant mime et psychomotricité, n’est pas basé sur la représentation de l’apparence, mais sur le senti. Pas sur le paraître, mais sur l’être.

Une expression sensitive qui touche aux profondeurs… Pour aller vers la mise en lumière du contenu, et non pas seulement du contenant, précise Simone Conein-Gaillard. Le « faire semblant », propre au mime, servira uniquement à apprendre une technique apte à faire (re)connaître le corps comme moyen d’expression (et de réceptivité) authentique.

Trois fois rien, c’est déjà beaucoup

Comme le mime se passe de mots, le travail proposé par Simone Conein-Gaillard s’adapte à une vaste palette de publics – allant de l’outil d’épanouissement personnel à l’approche thérapeutique (troubles de psychomotricité, Alzheimer, etc.).

L’expressivité n’a pas forcément besoin de grands gestes, ni de choses compliquées. La personne ne sera donc jamais mise en échec. Il s’agit parfois de trois fois rien ; avec des personnes âgées, par exemple, on travaillera juste l’articulation du poignet, le souvenir, l’imaginaire…

Ainsi, redécouvrir avec émerveillement des espaces de liberté en soi. D’harmonie. Pas étonnant que cette thérapie ait été utilisée avec succès, notamment avec de jeunes détenus de Fleury Mérogis ou avec des patients du Centre Psychiatrique Hospitalier de Maison Blanche (France) !

Les formations initiées par Simone Conein-Gaillard (voir Carnet pratique) attirent un public large (soignants, art-thérapeutes, etc.) de France et de l’étranger.

Ainsi Anne Wantiez, qui propose en Belgique de la sono thérapie² et travaille parallèlement en psychomotricité dans un institut spécialisé en troubles du comportement, dit-elle avoir trouvé dans cette formation en Mimothérapie, « une approche qui aborde la psychomotricité et le travail du souffle de manière plus ludique, en ayant subtilement recours à toutes les parties du corps ».

Expression vraie

Pour mobiliser le corps créateur, la Mimothérapie travaille tous les aspects de la psychomotricité – le schéma corporel, l’espace et le rythme, les coordinations, les dissociations, le tonus, l’éveil kinesthésique – enrichis par un travail sur la concentration et la respiration consciente. L’aspect jeu facilite le lâcher-prise, permettant de renouer avec la spontanéité de l’enfant en soi. Mais comment arriver à exprimer le vrai soi… en faisant semblant ? (Rires)

Cette technique du mime est un stratagème qui permet de détourner l’attention du mental, pour mieux se libérer. Si je vous demande de faire semblant d’ouvrir une porte, en vous invitant à ressentir ce que cela éveille sur le plan sensoriel (vue, ouïe…), en respirant consciemment, vous n’allez pas imiter ; vous vous approprierez le geste, précise Simone Conein-Gaillard. La Mimothérapie est donc une voie rêvée pour habiter le corps en conscience… et le libérer !


1. Simone Conein-Gaillard est également Professeur de mime, Psychomotricienne, Diplômée en Sophrologie Médicale par le Dr Caycedo, Enseignante pour la formation de Psychomotricité Faculté Pierre et Marie Curie – Paris VI – Pitié Salpêtrière. Elle enseigne aussi la fabrication de masques en France et à l’étranger.
2. Massage sonore aux bols tibétains – anne.wantiez@hotmail.be


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