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Intolérances alimentaires, le début d’un triste constat

Intolérances alimentaires,  le début d’un triste constat

Sur les forums en ligne, on trouve de plus en plus de mamans qui parlent de l’intolérance au lait de leur nourrisson, de personnes âgées qui découvrent qu’elles ne supportent plus tel aliment ou encore des consommateurs qui cherchent des idées de recettes sans gluten, peu convaincus par les produits disponibles sur le marché.

150 000 intolérants au gluten

Il y a pourtant le choix : toutes les grandes surfaces sont maintenant dotées d’un rayon spécialisé. Tandis que les stars sont au régime sans gluten, les statistiques annoncent que 6 % des Américains sont concernés. En France, l’intolérance au gluten toucherait 150 000 personnes, un chiffre, selon l’Association française des intolérants au gluten (AFDIAG), amené à gonfler en raison des nombreux patients non encore diagnostiqués. L’intolérance aux produits laitiers toucherait quant à elle 8 % des enfants, avec un diagnostic qui peut être fait très tôt si la mère a consommé beaucoup de produits laitiers pendant la grossesse.

Si le gros des médecins commence à s’y intéresser, le diagnostic des intolérances alimentaires reste la plupart du temps compliqué à poser. Qu’il s’agisse du gluten, de la caséine ou de n’importe quel autre aliment, les symptômes sont en effet très variés : problèmes digestifs (ballonnements, douleurs, nausées…), mais aussi gonflements, éruptions cutanées, migraines, insomnie ou dépression. À l’instar de l’AFDIAG à propos du gluten, on peut parler de « maladies caméléon ».

Hyperperméabilité intestinale

L’appauvrissement diététique serait une des causes de cette épidémie protéiforme. Un Européen ne consomme plus, en moyenne, que cinquante aliments différents tout au long de l’année. Mais les plats industriels chargés d’additifs, le stress, la pollution ou encore les médicaments sont aussi en cause. « L’intolérance alimentaire est un empoisonnement progressif qui résulte de la fragilisation de la muqueuse intestinale, à la suite d’un traitement médical ou d’un stress par exemple, explique le site Alternativesante.fr. C’est ce que l’on appelle l’hyperperméabilité intestinale. La muqueuse, fragilisée, laisse passer les moisissures, les déchets, les aliments à moitié digérés qui vont arriver dans le sang sans avoir été identifiés par le système immunitaire. Celui-ci réagit en libérant des anticorps (des immunoglobulines G) et en mémorisant l’identité de l’intrus. » Ainsi, dès que l’on consommera à nouveau cet intrus, l’organisme déclenchera une réaction immunitaire « de plus en plus violente ».

Détecter

De même que les traiteurs et les livres de cuisine sans lait ou sans blé investissent les salons pour le grand public, les tests qui permettent de détecter les intolérances (par prise de sang afin d’identifier des éventuels pics d’anticorps pour les aliments testés) font la tournée des événements professionnels spécialisés.

Quelques laboratoires d’analyses en proposent en France. L’ImuPro, par exemple, dont le bilan est accompagné d’un livret classant les aliments testés de 1 (bien toléré) à 4 (pas du tout toléré). Ces tests, d’autant plus onéreux que non remboursés, sont le recours d’un nombre croissant de patients. Les médecins commencent à proposer aussi le Foodscan, qu’on réalise chez soi en prélevant quelques gouttes de sang sur un doigt, et qu’on envoie ensuite au laboratoire. En octobre, plus de 1 000 personnes l’avaient déjà utilisé.

Enfin, des sites internet et applications comme Shopwise.fr et, depuis septembre, MesGoûts.fr, proposent de dénicher les additifs dans les produits alimentaires avant de faire (ou en faisant) ses courses. Le second attribue une note à chaque produit référencé dans le commerce en fonction des intolérances entrées par les consommateurs dans son profil. Ludique, mais pas si drôle. 

Un nouveau test commercialisé en France

Foodscan est un test validé par la Food and Drug Administration (FDA) qui permet de détecter d’éventuelles intolérances alimentaires. Arrivé en France cette année, il se commande sur internet et se réalise chez soi.

Le laboratoire détermine si le test est négatif, auquel cas on ne débourse que 29,90 €. S’il est positif, l’échantillon est analysé pour 113 aliments notés 1 (pas de réaction), 2 (prudence) et 3 (exclusion). Le test est alors facturé 369,10 € (infos au 0 800 301 120).

On peut aussi s’adresser au laboratoire Zamaria, à Paris, qui réalise cette évaluation sur plus de 200 aliments (213 €, infos au 01 46 47 71 33).

 

 

À lire

Les intolérances alimentaires "je ne veux plus être malade" du Dr Jean-Pierre Willem

 

À écouter sur Radio Médecine Douce

• "Les intolérances alimentaires" par Sophie Tailliez

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