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L’ayurveda, science de la vitalité

L’ayurveda, science de la vitalité

L’ayurveda, véritable philosophie globale de vie, détient cette clé tant recherchée qui nous permettrait d’accéder au principe même de la vitalité et d’atteindre l’harmonie naturelle, originelle. Ce système intégral et cohérent propose donc une démarche visant un équilibre subtil de l’existence, qui séduit petit à petit l’Occident. Parce que nous sommes de plus en plus conscients que santé et bien-être ne s’arrêtent pas au seul corps physique. Et qu’harmonie de l’être et de l’univers ne font qu’un. Ne sont qu’un. « À l’image du macrocosme est le microcosme, à l’image de l’atome est l’univers, à l’image de l’homme est le cosmos », dit la sagesse védique…

Reconnu par l’OMS, représenté au ministère indien de la Santé, l’ayurveda trouve naturellement sa place dans une approche intégrative de la maladie, de plus en plus recherchée de nos jours. Ses techniques thérapeutiques, portées et actualisées par des spécialistes de renom (dont le célèbre Dr Deepak Chopra), font d’ailleurs une (timide) percée dans le milieu hospitalier en Europe, notamment en Allemagne et en Grande-Bretagne.

Aux sources de la sagesse védique

La tradition indienne fait remonter l’ayurveda, considéré comme le plus ancien système médical humain, à plus de 5 000 ans. Mais les écrits parvenus jusqu’à nous sont plus récents. On pense ainsi que le « Caraca Samhita » a été écrit aux environs de 1 500 avant notre ère, tandis que le « Sushrut Samhita » et l’« Ashtang Hrdyam » datent des débuts de l’ère chrétienne. Ces trois textes fondateurs consignent les principes de base de la médecine ayurvédique, telle qu’elle est encore pratiquée en Inde. Les rishis (ou vaidyas), ces maîtres éclairés auxquels la tradition attribue les « Védas » (écrits qui sont à l’origine de la religion hindoue et de l’ayurveda) étaient avant tout des sages, des philosophes. À l’instar des philosophes de la Grèce antique, ils se considéraient comme des gnostiques : ils croyaient possible d’atteindre un état permettant d’appréhender, avec sa conscience, la totalité de l’univers et d’harmoniser le corps avec l’Être ultime. Chemin le plus sûr, selon eux, vers le bonheur, la santé et l’équilibre.

Science de la vitalité

La vie est sacrée. Partant de ce postulat, l’ayurveda est avant tout une philosophie, un art de vivre. Ayur, en sanskrit, signifie « vie » ou « force vitale ». Veda désigne la « connaissance » ou « science ». L’ayurveda est donc la connaissance de la vie. Une science pratique et holistique, qui veille au bien-être global, à la pleine santé et à l’épanouissement. Un art entièrement naturel qui s’attache avant tout à la prévention, donc plus à la cause qu’à l’effet. Le programme complet de l’ayurveda invite à découvrir les trois facteurs de santé : l’alimentation (ahara), la vie quotidienne (vihara) et l’état d’esprit (manovyapara). Il n’existe donc pas une seule technique ayurvédique, mais bien un ensemble cohérent de pratiques : massages, yoga, diététique, utilisation thérapeutique et prophylactique des plantes, cures, jeûnes, purifications, respiration, méditation, aménagement intérieur optimal (ce feng shui indien se nomme vastu shastra)… Avec, en fil rouge, le rééquilibrage de nos énergies sur le plan physique, vital, mental, psychique et spirituel, dans une perspective d’évolution.

Épices bienfaitrices

Dans la cuisine ayurvédique, l’art de marier les épices est une vraie science. Maniées avec sagesse, elles serviraient les forces de vie. Mais un mauvais mélange peut aussi avoir des effets secondaires non négligeables. Les familles se transmettent ce savoir précieux, qui participerait, dit-on, au rééquilibrage des doshas. Ainsi, à titre d’exemple, si vous êtes sujet au déséquilibre vata, qui se manifeste le plus souvent par une digestion irrégulière, des ballonnements et constipation, il vous faudrait mélanger sésame, gingembre, cumin, sucre, curcuma, ase fétide, cannelle, fenouil et anis. Si c’est le déséquilibre pitta qui vous guette (vous avez trop chaud, avec une tendance colérique), testez un mélange de curcuma, coriandre, fenouil, cumin, cannelle, cardamome et sel. Enfin, si vous vous sentez lourd, symptôme du déséquilibre kapha, c’est un mélange de moutarde jaune en graines, curcuma, coriandre, anis, girofle, cardamome, gingembre, poivre, piment, qu’il vous faut. Évidemment, le dosage est aussi un art…

 

L’harmonie : un équilibre subtil

L’individu, microcosme de la nature, est composé selon l’ayurveda des mêmes éléments que l’univers (Éther, Air, Eau, Feu et Terre), en des proportions variables, selon chacun. Ce sont ces proportions qui nous donnent notre tendance ou nature profonde appelée dosha : vata (vent), pitta (bile) ou kapha (flegme). Si nous portons tous en nous le mélange de ces trois natures, l’une d’entre elles a tendance à prédominer. Une personne ayant beaucoup d’élément Terre et Eau aura kapha pour dosha. C’est une personne stable, tranquille, plutôt ronde et flegmatique. Une personnalité solide, endurante, sur laquelle on peut compter et qui aborde les choses de manière méthodique, sans précipitation. Un individu ayant une majorité d’élément Feu et Eau aura pitta pour dosha. C’est une personne sensible, intelligente, organisée, parfois susceptible ou colérique. Quant à la personne constituée d’une majorité d’élément Air et Éther, elle aura vata pour dosha. Elle est vive (de corps et d’esprit), fine, légère, aérienne, toujours en mouvement, enthousiaste et vivant plutôt dans l’imaginaire. Mais aussi, très sensible, anxieuse, avec des problèmes de sommeil. Pour l’ayurveda, l’être humain ne peut s’affirmer en bonne santé que si : « Les trois doshas sont équilibrés, les sept dhatus (tissus) sont en équilibre, les treize agnis (feux) sont allumés et bien vivants (par ex. : si le feu digestif – jatharagni, le plus important – est allumé, vous avez une faim saine et une excellente digestion, mais aussi l’énergie pour faire face à la maladie), les trois malas (éliminations : selles, urine et sueur) se font bien, l’affectif se trouve dans l’état de joie, le mental est calme et paisible, et que l’être psychique se trouve sur la voie ensoleillée de l’évolution. » Un état vers lequel les pratiques ayurvédiques font tendre, à défaut de pouvoir l’atteindre. Le mot sanskrit de svastha pour « bonne santé » est explicite : il signifie « être établi dans son propre soi ». Le bien-être par excellence ! Équilibre subtil du corps et de l’esprit, du visible et de l’invisible, de l’intérieur et de l’extérieur, du matériel et du spirituel.

En revanche, si survient un déséquilibre quelconque dans ce principe d’harmonie, l’ayurveda signale que cela peut nous conduire vers le mal-être, voire la maladie. « La maladie n’est rien d’autre que le mouvement du corps et de l’esprit pour rechercher un meilleur équilibre », explique Kiran Vyas, fondateur de Tapovan [voir « Entretien »]. Le praticien ayurvédique utilisera diverses techniques pour comprendre la nature de la personne (comme la prise de pouls), identifier ses déséquilibres spécifiques et l’aider, par un florilège de thérapeutiques (massages, cures, plantes…), à retrouver son état naturel de bonheur et de santé.

Trois plantes clés de la pharmacopée ayurvédique.

Depuis des millénaires, la médecine traditionnelle ayurvédique met à profit les principes actifs des plantes, considérées comme sacrées. Une voie de recherche pour la médecine occidentale contemporaine.

L’ashwagandha est sans doute le régénérant ayurvédique le plus célèbre. Parfois appelé ginseng indien, il améliore les capacités physiques, stimule le système immunitaire et permet au corps de s’adapter au stress. Il apaise l’esprit, calme l’anxiété, aide au sommeil et prévient les déséquilibres qui peuvent mener à la maladie… Très actuel !

Le neem joue un rôle important dans le maintien de la santé globale. En Inde, on l’appelle populairement « la pharmacie du village ». Détoxifiant et puissant purificateur sanguin, il aide à maintenir, entre autres, une bonne circulation, digestion, respiration et fonction urinaire. Il est utilisé en application externe pour les problèmes de peau.

Le boswellia est l’anti-inflammatoire par excellence de la médecine ayurvédique.

 

La cure ayurvédique

L’ayurveda ne vise pas la jeunesse éternelle, mais cherche à retarder les effets du vieillissement du corps et de l’esprit à travers une hygiène globale de vie, où les cures occupent une place de choix. La cure vise notamment à débarrasser le corps des toxines, accumulées en raison d’une hygiène de vie et d’une alimentation trop souvent déséquilibrées. L’ayurveda conseille de faire une cure au moment des changements de saison et/ou lors des passages clés de la vie. « Je compare ces cures à l’entretien des voitures. On ne doit pas attendre l’accident ou la panne (la maladie) pour faire une révision », précise Kiran Vyas. J’y ai goûté, lors d’une traditionnelle cure de bien-être ojaskar, signifiant littéralement « qui augmente la lumière du corps, son immunité » Pour profiter à la fois des bienfaits de la campagne et de la vitalité océane, le centre Tapovan de Normandie s’est installé à l’intérieur des terres, non loin de Fécamp. À mon arrivée, après un entretien destiné à personnaliser la cure, atterrissage direct grâce à Shirodara : l’application d’un filet régulier d’huile chaude sur le front apaise illico le mental et aide au lâcher-prise. Les jours qui suivent alterneront soins, repos, repas végétariens, yoga, méditation, cours de cuisine, balades au grand air… et verres d’eau tiède, pour favoriser l’élimination des toxines. Dans cette bulle hors du temps, je recevrai, entre autres soins et massages : Pichauli, un massage enveloppant aux huiles chaudes, réalisé à quatre mains ; Shirchampi, massage de la tête, des épaules et des avant-bras à l’huile d’amla (à base de groseille à maquereau indienne, cette huile évoquant olfactivement le jasmin, est un secret de beauté des Indiennes ; elle active la circulation sanguine, favorise la pousse des cheveux et les rend brillants) ; Abhyanga, le massage classique de bien-être à l’huile de sésame, où chaque partie du corps est massée en profondeur ; Shastishalipinswedan, un merveilleux massage réalisé avec un mélange de riz chaud et d’herbes ayurvédiques, dont je ressortirai avec une peau de bébé ; Kansu, un massage harmonisant de la plante des pieds – qui détend autant qu’il revitalise – réalisé à l’aide d’un bol (alliant cinq métaux, principalement du cuivre), avec du ghee (beurre clarifié) ; Nasya, un massage du nez et, en guise de final, avant le départ, Shiropichu, une application d’huile d’amla sur la fontanelle. Pour éclaircir et calmer durablement le mental… Je retiendrai particulièrement le Mandala du ventre, un délicat rituel de massage de ce point central du corps, considéré comme l’océan de l’énergie. Chaque matin aura démarré du bon pied avec gandouch : pieds nus sur la rosée, une cuiller d’huile de sésame en bouche… Ces quelques jours passés dans une atmosphère de sérénité absolue permettent de réapprivoiser un rythme plus naturel et la pleine conscience du corps. Et les effets (davantage de vitalité, de résistance, de calme intérieur, de clarté d’esprit) se prolongent dans le temps.  

Formation en pranathérapie

La pranathérapie, science yogique, est une des nombreuses branches de l’ayurveda. Cette méthode naturelle, très ancienne, de revitalisation, de prévention et de guérison des problèmes physiques et psychiques, est basée sur la connaissance des lois de l’énergie vitale, appelée prana, chi ou ki. Cette énergie vitale, partout présente dans le corps humain et l’univers, est nécessaire au maintien d’une bonne santé et au processus d’autoguérison. Une formation se propose de faire découvrir la pranathérapie, ou Pranic Healing, d’après la méthode fondée par l’ingénieur et guérisseur chinois Choa Kok Sui. En pratique, grâce à un éventail de techniques énergétiques, l’énergie vitale est captée par l’intermédiaire de notre corps énergétique subtil (l’aura) et redistribuée dans le corps physique à travers les centres d’énergie (les chakras), dégageant ainsi les blocages. Entre autres bienfaits, la pranathérapie augmenterait l’énergie vitale et les défenses naturelles du corps ; elle favoriserait l’équilibre physique, émotionnel et mental ; elle renforcerait l’intuition, la compassion et l’esprit de conciliation ; elle améliorerait la confiance en soi permettant d’atteindre ses objectifs. Elle est complémentaire à la médecine officielle et à toutes les autres méthodes curatives.

Formation en pranathérapie dans l’est de la France (Alsace, Lorraine, Bourgogne…) et en région parisienne.

Dates et informations : www.pranatherapie.org.

 

L’ayurveda chez soi

Difficile, dans notre rythme de vie, de suivre à la lettre tous les principes ayurvédiques… L’essentiel est avant tout de revenir régulièrement à soi, de faire fleurir son intériorité, pour un rééquilibrage global. Voici trois rituels à tester à la maison.

Gandouch

Faire gandouch, cette pratique fondamentale de l’ayurveda, consiste à garder une cuillerée à soupe d’huile de sésame dans la bouche durant une dizaine de minutes, avant de la recracher et de se laver la bouche. L’huile opère un massage intérieur de la bouche. Cette pratique embellirait les lèvres, renforcerait les dents, assainirait les gencives et lutterait contre la mauvaise haleine. Elle augmenterait l’énergie du corps, tout en éliminant les tensions du visage.

Automassage

L’art du massage est une science à part entière, qui occupe une place essentielle dans l’ayurveda. Le matin, pour se mettre en route harmonieusement, pratiquer un automassage à l’huile de sésame légèrement tiédie. En position assise, poser la cheville droite sur la cuisse gauche et masser la plante du pied droit. Tirer les orteils, passer les doigts entre eux et effectuer des rotations de la cheville dans les deux sens. Presser les doigts autour des malléoles. Puis, masser la jambe droite de la cheville vers le genou, la cuisse, jusqu’au niveau de l’aine. Répéter sur la jambe gauche, et masser de la même manière les bras, le devant du corps, le ventre, dans le sens des aiguilles d’une montre. Finir par le sternum et la poitrine. Essayer ensuite de masser le dos… ce qui possède l’avantage de développer la souplesse ! Terminer ce massage par la nuque, le cou, le visage et la tête. Si possible, clôturer ce moment par un bain d’air et de lumière, durant quelques minutes. Par ailleurs, l’ayurveda conseille, dès que possible, de s’éclipser en pleine nature pour retrouver le contact avec les éléments. « Là où le soleil, le vent, la pluie, la terre et le ciel ne sont pas uniquement présents physiquement mais aussi dans notre conscience… » 

Shastishalipinswedan

Voici une adaptation en solo de ce soin qui se pratique normalement à quatre mains, avec un mélange de riz chaud et d’herbes ayurvédiques. Excellent pour les articulations, la souplesse du corps et contre la fatigue chronique. Recette : faire cuire normalement du riz (complet bio). Le répartir dans des petits sacs de coton de la taille d’un poing (fabriqués avec des vieux draps ou des mouchoirs). Les refermer et les laisser tremper durant plusieurs heures dans du lait. Faire réchauffer les pochons de riz le lendemain dans le lait. Laisser un peu refroidir pour ne pas se brûler. Puis masser tout le corps avec ces baluchons de riz encore chauds, en effectuant de petites pressions contre la peau et en insistant sur les articulations. Ensuite, une douche s’impose. 

Carnet pratique

Amsha. Guide francophone de l’ayurveda au Kerala. Après avoir démarré à Lille en 2004, Amsha s’est installé en 2009 en Inde, au Kerala, fief des cures ayurvédiques. Cette équipe franco-indienne de professionnels du tourisme et de diplômés en ayurveda informe
le public et l’aide à choisir un centre en adéquation avec ses attentes personnelles. Amsha propose également des stages d’initiation à l’art de vivre ayurvédique et des produits ayurvédiques. Infos : www.amshayurveda.in.

Institut français d’ayurveda. Cursus général de formation à l’ayurveda et cursus dédié au massage et aux soins ayurvédiques. Stages thématiques et conférences.
Infos : 06 28 06 84 45 ou 06 75 82 59 28 ;
www.institut-ayurveda.fr.

Ayurveda en Provence. Cures de revitalisation avec le Dr Udai Singh, à différents moments clés de l’année.
Infos : www.ayurveda-provence.com.

Curcuma ASBL. Yoga and Ayurveda Health. Nombreuses informations et ressources ayurvédiques : formations en ayurveda en France et en Belgique, cures et massages, vacances-cure (en France, dans les Cévennes), purifications, cours de cuisine…
Infos : 00 32 479 78 74 18 ; 06 07 42 37 21; www.curcuma.be et www.yoga-ayurveda.be. Vous y trouverez également de savoureuses recettes de cuisine ayurvédique.

Atlantide ASBL (Belgique). Ce centre dédié au yoga, à l’ayurveda et au bien-être propose notamment des massages indiens, des cures et des formations en massages ayurvédiques (dispensées par l’équipe de Tapovan). Infos : 00 32 26 33 12 66 ;
www.atlantideasbl.org.

Les Ateliers du présent (Belgique). Entre autres activités, notons les cures personnalisées d’inspiration ayurvédique (d’une demi-journée à 5 jours, toute l’année
sur R.-V.). Infos : 00 32 475 37 75 70,
www.lesateliersdupresent.com.

• Tapovan, Open University Yoga and Ayurveda, Paris et Normandie, massages ayurvédiques, cures et mini-cures ayurvédiques, formations (massage, cuisine, diététique, yoga…), stages : www.tapovan.com, 01 45  77  90  59 et 02 35  29  20  21.


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