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Stéfane Guilbaud, un visage et une plume pour la désobéissance alimentaire

Stéfane Guilbaud, un visage et une plume pour la désobéissance alimentaire

Depuis les débuts de l'agriculture industrielle, de nombreux auteurs prônent la désobéissance alimentaire (Vandana Shiva, « Pour une désobéissance créatrice », entretiens avec Lionel Astruc, chez Actes Sud, 2014). Stéfane Guilbaud en a fait un concept et son cheval de bataille. Cet ancien responsable de communication a changé de cap par lassitude de faire le jeu de la publicité trompeuse des grandes marques industrielles.

En cinq règles

Il vient de publier sur le site Le Plus du Nouvel Observateur « 5 règles pour éviter les aliments transformés ». Un résumé « à l'essentiel » de son volumineux corpus de formations et ouvrages, dont son célèbre « Visio Food » (éditions Thierry Souccar, 2012) par lequel il a commencé à sensibiliser le public contre les méfaits de la malbouffe. En tant qu'ancien directeur artistique en agence de marketing visuel, Stéfane Guilbaud est persuadé qu'un bon dessin vaut mieux qu'un long discours. Ce livre 100% visuel, salué par le chef Thierry Marx et le Dr Jean-Michel Cohen, mais aussi par Yann Arthus-Bertrand, explique en infographies de quoi l'on se nourrit aujourd'hui.

L'enjeu est alimentaire, sanitaire, mais aussi écologique. 

« Je ne mange pas de produits industriels » publié en novembre 2015 dans la collection dirigée par Anne Ghesquière (fondatrice de Féminin Bio) aux éditions Eyrolles, fait place aux solutions : après avoir exposé sa démarche de vie et démêlé le vrai du faux en matière de communication alimentaire, Stéfane Guilbaud propose un guide pratique pour retrouver une alimentation équilibrée et authentique - simple, savoureuse, naturelle de saison. 

Répondre à une nouvelle demande de transparence

Stéfane Guilbaud est passé par la case Formateur en changement de comportement alimentaire. Époque où il publie « Non aux oranges carrées » (éditions Trédaniel, 2009), un concentré d'informations à connaître avant de faire ses courses. Également conférencier et consultant, il est devenu l'expert en désobéissance alimentaire qu'on a envie de suivre. Son « ingénérie pédagogique » se déploie en mots, en dessins, en vidéos... Un arsenal insuffisant pour contrer les effets d'immenses campagnes publicitaires financées par l'industrie alimentaire, mais qui répond à de nouveaux besoins. Le concept de désobéissance est une façon de saisir la nouvelle demande des consommateurs : de plaisir, toujours, mais aussi de transparence et de juste prix.

Encore faut-il comprendre que la pâte de viande reconstituée n'est pas réservée aux nuggets du Mac Do, ni le sirop de glucose aux bonbons Haribo. Le fait que nos achats soient pilotés directement par la publicité révolte aussi cet ancien publicitaire.  

La tromperie industrielle

« J’ai grandi au cœur des agences de communication, convaincu que la publicité était utile parce qu’esthétique. Je me trompais. Elle encourage la surconsommation et l’industrialisation.», note Stéfane Guilbaud sur le site du Nouvel Observateur. Les arguments employés par les industriels sont d'autant plus pernicieux que nous perdons notre esprit critique et notre sens logique, le tout dans un contexte de surabondance d'information. 

« Tous les jours, un petit lobby fait son bonhomme de chemin jusque dans nos assiettes. Beaucoup aimeraient désobéir à cette ingérence permanente et se reprendre en main, mais sans savoir comment faire. Et puis c'est compliqué. Quoi lire ? Qui écouter ? C'est comme cela que m'est venue l'idée de parler de désobéissance. » 

Alors, que faut-il faire, pourrions-nous demander à celui qui a déjà tout décortiqué? 

Désobéir en pratique 

S'approvisionner « chez de petits producteurs ou de petites surfaces bios », répond l'ancien publicitaire, qui nous apprend aussi à dépasser nos peurs. Est-ce plus cher ? À chacun de s'y retrouver dans on budget, mais le sien a été réduit de 20% du fait des changements qu'il prône : fuir le produit transformé (qui existe aussi en bio!), éviter les aliments packagés avec tout type de mentions alléchantes (du "vu à la télé" en passant par les "saveur de l'année" et autres "procédé artisanal"), bouder les stars du petit écran (qui désormais nous sautent aussi à la figure à l'ouverture de la moindre page internet), écarter tout ingrédient inconnu au bataillon et enfin fuir les temples de la consommation. 

Dans la deuxième partie de « Je ne mange pas de produits industriels », on peut aller directement aux bonnes resolutions, imprimées en couleur. La première partie explique comment nous sommes conditionnés par le marketing industriel et pourquoi les aliments transformés nous rendent malades. 

 

En résumé

Les 5 lois de la Désobéissance alimentaire :
 
• Oser échapper aux modes alimentaires, dictées par le marketing.
• Comprendre l'urgente nécessité de refuser d'être gavé comme des oies.
• Revenir à une autonomie alimentaire, déconnectée de tout intérêt industriel.
• Ne laisser aucune instance se substituer à votre bon sens.
• Revenir à des achats réellement souhaités, non conditionnés.
• Pratiquer une cuisine rapide, simple et modeste.
• Délaisser tout ce qui encourage à la sur-consommation.

En savoir plus : le site de Stéfane Guilbaud

 

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