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On naît comme on mange

On naît comme on mange

Si les ouvrages qui traitent de l’alimentation de la femme enceinte ou allaitante ne manquent pas, on en trouve peu en revanche qui adoptent le point de vue de l’alimentation vivante et équilibrée. On cherche encore ceux qui démêlent les liens, aujourd’hui scientifiquement avérés, entre nutrition et naissance. C’est un tel ouvrage que trois femmes, spécialistes en Belgique de la nutrition et de l’obstétrique, ont décidé d’écrire. Parmi elles, Françoise de Keuleneer, consultante en nutrithérapie et co-auteur notamment de « Vitalité gourmande, les secrets de l’alimentation vive ». « Nous sommes parties du constat que toutes les cellules du corps ont des besoins nutritionnels qui sont en général communs, qu’elles soient reproductrices ou pas. Si on veut que ces cellules fassent ce qu’elles ont à faire, comme permettre la croissance ou la conception d’un bébé, il faut leur donner le carburant et les nutriments dont elles ont besoin pour bien fonctionner. Si les cellules reproductrices manquent de zinc, cela fait par exemple un sperme qui n’est pas extrêmement actif. Nous ne disons pas que la nutrition est une panacée en cas d’infertilité. Mais avant d’essayer d’avoir un enfant, il vaut mieux commencer par adopter une bonne alimentation. Non seulement vous pouvez espérer obtenir une meilleure fertilité, mais cette alimentation saine donnera ensuite à la femme tout ce qui est nécessaire pour mener sa grossesse et l’allaitement à bien dans les meilleu­res conditions, pour elle et pour son fœtus » !

Sucre et infertilité : un lien avéré

Corinne Hubinont, l’une des deux autres auteures du livre, ne dit pas autre chose. Cette obstétricienne spécialisée en grossesse à risque, chef de service associé aux cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles, professeur et responsable de l’unité de recherche en obstétrique à l’université catholique de Louvain (UCL), a assuré la rédaction de toute la partie scientifique de l’ouvrage et a étudié les recherches les plus récentes en la matière. « Aujourd’hui, on privilégie une alimentation composée notamment des sucres rapides en grandes quantités. On en retrouve partout. Ce sont des sucres qui entraînent de fréquents coups de mou qui peuvent conduire à une résistance à l’insuline et qui posent des problèmes spécifiques chez la femme enceinte, déjà un peu pré-diabétique du fait de la sécrétion de certaines hormones. »

Plusieurs études ont en outre montré que les femmes qui ont une alimentation riche en sucres rapides présentent un risque accru d’infertilité. C’est la raison pour laquelle il vaut mieux privilégier les sucres lents comme les céréales et les pâtes, qui vont maintenir le taux de sucre à un niveau constant. « En revanche, il ne faut pas supprimer les graisses de l’alimentation de la femme, car celles-ci jouent un rôle essentiel sur la fertilité et durant la grossesse, poursuit la spécialiste. C’est vraiment une notion importante que beaucoup de gens, et même des médecins ne connaissent pas. Il faut leur donner les bonnes graisses, des acides gras essentiels. Le cerveau du fœtus en a absolument besoin pour son développement. » Les lipides sont aussi des éléments de base à partir desquels sont fabriquées certaines hormones qui interviennent dans la nidation de l’embryon et la sécrétion d’œstrogènes.

Bon pour Papa aussi

C’est en se basant sur le résultat de toutes ces études que Françoise De Keuleneer a ensuite établi les 101 recettes qui agrémentent le livre. Gourmandes, bon marché, accessibles à tous, faciles à réaliser, elles donnent incontestablement envie de les essayer. « Le livre comprend des menus pour chaque période, de la conception à l’allaitement, avec des aliments spécifiquement riches en certains nutriments. Il y a des menus spéciaux pour les grossesses gémellaires, d’autres pour les femmes qui ne sont pas immunisées contre la toxoplasmose, détaille la nutrithérapeute. Je fais aussi des propositions d’aliments pour celles qui n’ont pas envie de suivre une recette bien particulière. Le but étant d’être le plus flexible possible de manière à ce que chacune puisse y trouver ce qu’elle aime en fonction de son emploi du temps ».

Mais l’ouvrage ne néglige pas les hommes, dont le rôle n’est évidemment pas anodin ! « Non seulement ils sont partie prenante à la conception, mais ils peuvent aussi aider la mère à garder la meilleure alimentation possible. Si c’est bon pour la maman ou le bébé, c’est bon aussi pour le futur papa ! Une fois que le bébé sera là, les bons principes nutritionnels qui auront été acquis pourront continuer à être utilisés. » En clair, l’ouvrage propose une hygiène de vie, bébé ou pas, que chacun pourra suivre à sa guise en fonction de ses besoins.

 

À lire

« Nutrition gourmande 
autour de la naissance », 
de Françoise De Keuleneer, Corinne Hubinont et 
Héloïse Coppée. 
Éd. Françoise Blouard, février 2014 (29 €).


Pense-bête

Fertilité, grossesse : les nutriments les plus importants

Vitamine B9 ou acide folique. Elle est essentielle durant la grossesse et même dès la conception. Sa carence peut entraîner des malformations du tube neural chez l’enfant (spina bifida). Des études récentes le montrent, cette vitamine joue aussi un rôle important dans la fertilité masculine et féminine.

Acides gras polyinsaturés et oméga 3. Ils favorisent le développement nerveux et cérébral du fœtus, ont une influence positive sur le risque de prématurité et peut-être sur la dépression post-partum.

Produits laitiers entiers. La consommation modérée de laitage non allégé a un impact favorable sur la fertilité, qui serait dû à la présence d’hormones naturelles dans le lait entier.

Protéines végétales. À privilégier avant la grossesse. L’infertilité est plus fréquente chez les femmes qui consomment davantage de protéines animales que chez celles qui ont un régime riche 
en protéines végétales.

Zinc. Son déficit semble jouer un rôle important dans la stérilité masculine.

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