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Produits de la ruche : le miel bio pas encore à la fête

Produits de la ruche : le miel bio pas encore à la fête

La production française de miels est en berne : avec 16 000 tonnes de miels produits en 2013 pour environ 40 000 consommées , elle n’a jamais été aussi faible. Et la disponibilité des miels bio (20 % plus cher en moyenne) est encore plus faible, soit entre 4 à 6 % de l’ensemble de la récolte de miels sur le territoire. Par ailleurs, s’il faut reconnaître leurs qualités naturelles, permises par le respect d’un cahier des charges strict pour l’obtention du label bio , ils peuvent aussi être imparfaits, notamment du point de vue de l’environnement.


Miel bio vs non bio, ou l’achat éclairé 

Le traitement pré hivernal autorisé à l’acide oxalique pour lutter contre l’acarien varroa, véritable vampire des ruches, est notamment discuté. Certains experts le considèrent comme un poison pour les abeilles. Tout dépend en réalité des conditions dans lesquelles ce produit est répandu. Évidemment, la même méticulosité devrait être déployée vis-à-vis du non bio pour évaluer l’impact sur les abeilles et les miels des traitements administrés. Les méthodes alternatives pourraient ainsi être plus soutenues et les expériences multipliées, comme celles sur les chocs thermiques et les protections magnétiques. En dernier ressort, le consommateur est décideur. Il lui faut s’informer inlassablement, et discuter avec ses apiculteurs. Le boycott bienveillant, ou l’achat éclairé, est en cela un précieux pouvoir. 
Néanmoins, qui dit no bio ne dit pas forcément meilleur pour la santé que l’apiculture non bio. Un apiculteur non bio nous indiquait récemment qu’il avait enfin trouvé la manière d’éviter de perdre trop de colonies après l’hiver : il ne place plus ses ruchers près des cultures agricoles conventionnelles. En d’autres termes, il privilégie les fleurs les plus sauvages possibles. Ainsi, nous ne saurions trancher entre miels et produits de la ruche bio ou non bio. Cela dépend des pratiques des apiculteurs, et parfois, quantité peut faire bon ménage avec qualité. Même si, bien sûr, notre préférence de principe va aux miels estampillés bio (marque AB et son équivalent européen, l’eurofeuille).

Du bio avec zéro pesticide ?
Une des principales obligations des apiculteurs en bio est donc précisément d’installer leurs ruchers à plus de trois kilomètres de rayon des grandes cultures (colza, tournesol…), avec toutefois une autorisation spéciale pour les champs de lavande cultivée, et donc traitée. En leur faveur encore, le contrôle deux fois par an par des organismes indépendants (ce n’est pas le cas des exploitations conventionnelles), ainsi que le nourrissage des ruches avec des mixtures bio.


En regard de la qualité mesurée par le taux de déshydratation des sucres (un bon indicateur de la fraîcheur d’un miel, ou une preuve qu’il n’a pas été trop chauffé), les miels bio présentent un taux moins élevé de HMF (hydroxyméthylfurfural), un composé organique issu de la déshydratation des sucres. Olivier Belval, apiculteur bio et président de l’Union nationale de l’apiculture française, rappelle enfin que les miels bio ont tendance à contenir les plus faibles taux de résidus de pesticides. C’est certes l’essence même du bio. Cependant, pour que ce taux s’approche de zéro, il faudrait que les abeilles ne vivent que dans des zones d’agriculture et de jardinage biologiques. Autant dire de vastes zones franches, assez utopiques actuellement.

 

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