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Le Sélénium : petites doses et grands effets

Le Sélénium : petites doses et grands effets

Découvert en 1817, le sélénium est un métalloïde présent dans presque tous les sols du monde à des concentrations très variables, qui se reflètent dans les populations végétales et animales. Il est indispensable à la santé et doit être apporté par l’alimentation. La pauvreté des sols en cet oligoélément dans certaines régions du monde est corrélée à une fréquence plus élevée de cancers et d’anomalies cardiaques. Nombreuses sont donc les conséquences d’une perturbation de ses rôles physiologiques ! Mais quels sont-ils ?

Antioxydant… et bien plus

C’est sous forme organique – associé à des acides aminés soufrés pour former par exemple la sélénocystéine ou la sélénométhionine que le sélénium révèle une biodisponibilité optimale et une moindre toxicité à forte dose pour l’organisme. Il est ainsi incorporé à près d’une trentaine de sélénoprotéines, parmi lesquelles des protéines essentielles à la défense antioxydante telles les Glutathion peroxydases (GPx). Ces dernières, en collaboration avec d’autres molécules telles les vitamines C et E protègent ainsi les cellules des conséquences du stress oxydatif. Une étude datant de 1996 a démontré qu’une supplémentation de 200 microgrammes de sélénium par jour diminuait de près de 50 % le risque de cancers, particulièrement celui de la prostate. Les maladies inflammatoires chroniques aggravées par les radicaux libres sont aussi souvent corrélées à un faible taux de sélénium plasmatique.

La participation du sélénium au bon fonctionnement du système immunitaire via la régulation du fonctionnement, de l’activation et de la prolifération des globules blancs est un autre de ses atouts majeurs. Certaines pathologies virales comme le sida verraient leur progression ralentie par une supplémentation en sélénium.

Le sélénium est également essentiel au bon fonctionnement de la glande thyroïde. En tant que cofacteur des enzymes antioxydantes, il protège cette dernière des dommages oxydatifs associés à la production d’hormone thyroïdienne. De plus, les désiodinases – enzymes nécessaires à la conversion de l’hormone T4 en T3 dans les tissus périphériques – sont des sélénoprotéines. Une carence en sélénium peut donc se traduire rapidement en hypothyroïdie fonctionnelle et aggraverait, de plus, les conséquences d’un déficit en iode. Mais les rôles physiologiques du sélénium ne s’arrêtent pas là puisqu’il va par exemple également participer à la détoxification des molécules toxiques et des métaux lourds (cadmium, mercure, plomb) dans le foie, ainsi qu’à la régulation de la fluidité sanguine en modulant l’agrégation plaquettaire.

Carence et apports

Même si les carences sévères semblent rares et devraient toujours être objectivées par des analyses avant supplémentation, les carences marginales existent. Près de 30 % des Français ne recevraient ainsi pas l’apport journalier optimal en sélénium, fixé à environ 1 µg/kg de poids corporel/jour, ce qui se traduirait par de la faiblesse musculaire, un risque accru d’infection et une dépigmentation des phanères (peau, cheveux). Pour certaines personnes à risque comme les personnes âgées, le maintien d’un apport optimal est essentiel ! Les aliments protéiques (viandes, poissons, crustacés, œufs, céréales, noix, mais aussi ail, oignon, brocolis) en sont les meilleures sources alimentaires. Si l’alimentation ne suffit pas, une supplémentation peut être envisagée et se fera souvent sous forme de complexe d’antioxydants où le sélénium est associé aux vitamines A, C et E. Attention cependant au surdosage ! Il est conseillé de ne pas dépasser 300 µg/jour, tous apports confondus ! Au-delà de 1 000 µg/jour des signes de sélénose tels que pertes de cheveux, nausées, ongles cassants, peau fragilisée se feront sentir !  

La noix du Brésil, championne des apports en sélénium 

Si certains végétaux tels les champignons, l’ail, les oignons ou les brocolis sont riches en sélénium, la reine incontestée des apports est la noix du Brésil, poussant sur des sols particulièrement riches en cet élément. Une seule de ces noix apporte en effet près de 95 µg de sélénium organique, soit plus de 100% des apports journaliers recommandés ! Attention néanmoins à utiliser des noix dont la cuticule brune est encore présente ou qui ont été conservées au frigo afin de préserver leurs bonnes graisses de l’oxydation par l’air. Voilà donc une parade facile contre les carences, même si varier les sources reste la première garantie d’équilibre !

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