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Jean-Paul Jaud, un réalisateur en guerre

Jean-Paul Jaud, un réalisateur en guerre

 

Depuis sa sortie le 26 septembre 2012, le documentaire de Jean-Paul Jaud, « Tous cobayes ? » est projeté dans les grandes villes comme dans les petites communes, souvent en première partie d’une soirée débat auquel le réalisateur participe aussi souvent que possible. Il a aussi été présenté au festival Écran vert à La Rochelle (du 26 au 30 septembre 2012), puis à Montréal, en Australie et au Japon, pays qui a acheté le film. Pour le réalisateur, ce sont autant de victoires dans un combat mené sur écran contre les OGM et contre le nucléaire.

Les deux thèmes sont abordés avec humour, sensibilité et parfois même avec une pointe d’autodérision dans son film, qui joue volontairement sur l’émotion. Mais Jean-Paul Jaud ne fait pas une promotion classique de son travail : il est en guerre.

En guerre depuis juillet 2009, lorsque, caméra au poing, il découvre les tumeurs sur les rats du laboratoire de Gilles-Éric Séralini, alors au quatrième mois de son expérience (les études de toxicité qui ont servi à autoriser les OGM dans le monde ont été menées sur trois mois). Le chercheur était venu quelques semaines plus tôt confier l’objet de son étude au réalisateur, en plein tournage de « Severn », à Barjac, en lui demandant de le garder secret : « Ce que je suis en train de découvrir est très important. »

 Après Fukushima

En mars 2011, de longs mois après son arrivée à Caen, Jean-Paul Jaud apprend comme tout le monde l’accident nucléaire de Fukushima. À ce moment-là, les tumeurs des rats de Caen sont énormes et les scientifiques effarés. Le réalisateur fait immédiatement le lien entre les OGM et cet accident dramatique. Il se rend au Japon. « Le film a pris un nouveau tour. Il m’est apparu clairement que nous avions à faire à deux technologies devenues folles, aussi impossibles à maîtriser l’une que l’autre, et également toutes les deux quasi irréversibles », commente-t-il, rappelant que « les cultures d’OGM ont débuté en 1986, quelques semaines après l’accident de Tchernobyl ».

Conscient de « l’urgence qu’il y a à fermer les centrales comme à interdire les OGM », l’auteur de « Tous cobayes ? » prend ainsi le temps d’expliquer sa démarche dans les salles remplies qui l’attendent, convaincu que « la vérité finira par émerger ».

Des mesures exceptionnelles

Pour montrer qu’il s’agit bien d’une guerre, son film s’ouvre sur des images d’archives du débarquement de Normandie, en juin 1944. « Comme avait dit Roosevelt face à la menace nazie, il faut prendre des mesures exceptionnelles. » Celle que la Russie a prise après la sortie de son film en stoppant l’importation du maïs OGM NK603 le réjouit donc.

Jean-Paul Jaud n’est pas défaitiste non plus sur les centrales : « On peut les arrêter. » « Avec Hiroshima, autre raison du choix des premières images du film, l’homme est entré dans une phase d’autodestruction ; aujourd’hui, avec les OGM et le risque que font peser sur nos têtes les centrales qui se sont multipliées, on est au bord du précipice, toutes les personnes que j’ai rencontrées qui travaillent dans le nucléaire – ingénieurs, conseillers au Commissariat à l’énergie atomique… – ont peur. »  

(Photo ©J+ B Sequences : Jean-Paul Jaud.)

 

En savoir plus : «Tous cobayes », sortie septembre 2012, durée 1h55, info : www.jplusb.fr.

 

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