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90 clés pour comprendre le bio

90 clés pour comprendre le bio

Cest un constat qui fait sans doute grincer certaines dents : le bio se porte bien, et même très bien. Porté par les politiques agricoles européennes et par de nombreux programmes nationaux, comme le Grenelle de l’Environnement en France qui préconise « un repas bio par semaine dans la restauration collective », il bénéficie aujourd’hui d’un courant très favorable. Un seul exemple suffit à s’en rendre compte : les Européens ont regroupé sur leur continent 25 % du total des terres bio du monde ! Ce succès fait-il des jaloux ?

Toujours est-il que le bio comme alternative à une agriculture conventionnelle en plein doute, suscite aujourd’hui des critiques de plus en plus vives et souvent caricaturales. Dans ce contexte, la sortie d’un livre présentant l’agriculture biologique (AB) de façon dépassionnée est une bonne nouvelle, même si l’on ne partage pas, loin s’en faut, toutes les conclusions qui y sont développées.

Le bio plus écologique

Ce livre a été rédigé par un groupe de travail de l’Académie d’agriculture, sous la coordination de Bernard Le Buanec.

En 90 questions et autant de réponses, les auteurs tentent de répondre aux interrogations du citoyen et du consommateur sur le bio, en s’appuyant sur des données scientifiques, techniques et économiques précises.

Les thèmes abordés vont des cahiers des charges en passant par les techniques de production, les aspects économiques, environnementaux et sanitaires du bio, ses qualités nutritives… Les auteurs mettent par exemple en exergue les atouts de ce mode de culture : engagement auprès du consommateur, système garantissant l’absence de résidus chimiques, réglementation et mesures de contrôle sévères, recherche des équilibres naturels, diversification des cultures…

Une bonne partie est très logiquement consacrée aux avantages environnementaux du bio. Les réponses sont sans équivoques : le bio est favorable à l’environnement. On apprend par exemple qu’une synthèse de 300 études comparatives réalisées en Europe a permis de montrer que l’AB était supérieure à l’agriculture conventionnelle sur 12 des 18 paramètres considérés…

Le choix le plus durable

Si l’ouvrage pointe les nombreux avantages du bio, il ne cache pas ses éventuelles faiblesses : manque de méthodes naturelles de protection des cultures contre les ravageurs, insuffisance criante d’une recherche spécifique au bio, risques de banalisation et de guerre des prix…

Chiffres à l’appui, l’ouvrage tord aussi le cou à certaines idées reçues, comme celle souvent avancée qui voudrait que l’AB soit un énorme retour en arrière ! « En réalité, disent les auteurs, les techniques utilisées actuellement en AB sont souvent très différentes de celles pratiquées au XIXe siècle. » Et de confirmer que le passage à l’AB se traduit généralement par une productivité à l’hectare presque identique à l’agriculture conventionnelle ! Le progrès n’est donc pas toujours où l’on croit.

Le livre n’échappe évidemment pas à certaines critiques, tel ce passage où l’un des auteurs estime, sans rire, qu’il est dommage pour l’AB de se priver de l’aide des OGM en matière de lutte contre les ravageurs. La sortie fin septembre du documentaire de Jean-Paul Jaud, « Tous cobayes », nous aidera à aller plus loin sur cette question. Pas obligatoire non plus de partager leur réponse négative à la question centrale de l’ouvrage : le tout bio est-il possible ? Les auteurs estiment en effet que vu ses rendements inférieurs, le passage à une agriculture 100 % bio aboutirait à une chute mondiale de la production agricole. Mais du moins plaident-ils clairement pour que se poursuive l’expérience du bio comme laboratoire en matière d’innovation et de recherche agronomique. Ils ne sont pas les seuls. En France, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) considère même l’agriculture biologique comme « le prototype le plus poussé d’agriculture durable ». 


« Le tout bio est-il possible ? »

coordonné par Bernard Le Buanec.
Éd. Quae, juillet 2012, 23 €.

Ils prouvent par A + B que manger AB est mieux

À l’instar de la très controversée étude publiée le 4  septembre dans la revue américaine Annals of Internal Medicine, le livre « Le tout bio est-il possible ? » ne conclut pas vraiment à la supériorité nutritionnelle des aliments bio. Mais il ne conclut pas non plus à l’inverse. On peut lire sur le sujet l’ouvrage « Manger bio, c’est mieux ! », de Claude Aubert, André Lefebvre et Denis Lairon (Éd. Terre vivante, 5 €). Ces trois spécialistes établissent un panorama objectif des connaissances scientifiques actuelles sur le sujet. Une bonne façon de compléter ses sources et de se faire une opinion (la nôtre est faite).


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