Vous avez dit « arthrose » ?

PUBLIÉ LE 05 novembre 2012
 

SANTÉ. « C’est de l’arthrose. » Le diagnostic, donné le plus souvent au détour d’un bilan radiologique de routine, est accepté par les patients d’aujourd’hui (une personne sur deux à partir de 50 ans en France) comme une fatalité. Mais l’arthrose est-elle une fatalité ? Voici comment vieillir sans se « fossiliser »…

 

Larthrose n’est pas une maladie contemporaine car elle existe depuis la nuit des temps. On en a même trouvé, paraît-il, sur Ötzi, l’homme des glaces né 3 300 ans avant Jésus-Christ… C’est une maladie dégénérative articulaire due à l’âge et qui se caractérise par des lésions sans inflammation des articulations. Le cartilage se détruit, l’os perd de sa densité minérale. Il se produit ensuite un « remaniement osseux » : les os se forment moins bien là où il y a de la pression, mais se reforment latéralement, là où la pression est moins forte. On connaît les conséquences : déformation des articulations, douleur et ankylose (perte de mobilité). Car, sans les cartilages (surfaces de mobilité et de glissement), l’articulation a du mal à être mobilisée par les muscles. L’arthrose se différencie de l’arthrite qui, elle, est inflammatoire (rouge et gonflée) et douloureuse à l’effort. Mais on peut cumuler les deux, on parle à ce moment-là d’arthrose ar­thri­ti­que ou d’arthrite arthrosique. À savoir : 50 % des Européens de 65 ans et 80 % de ceux de 75 ans ont des signes de lésions ar­thro­si­ques.

L’acidité réduit la masse osseuse

Pour la médecine classique, la cause de l’arthrose est idiopathique (adjectif employé quand la maladie existe par elle-même ou qu’elle n’a pas de cause connue). C’est surprenant, car en réalité, l’arthrose a des causes ! Deux essentiellement : une hyperpression articulaire qui crée un processus d’usure, et un terrain acide qui favorise la déminéralisation. Et dont l’alimentation est le premier facteur… 

Tous les produits proposés par la grande distribution sont des produits « remaniés » : gavés de sucre, de sel, de matières grasses cachées, de colorants, d’exhausteurs de goûts, de conservateurs… ce qui oblige le système digestif à travailler comme un forcené pour assimiler l’ensemble. Conséquence : il s’acidifie. Les produits laitiers industriels subissent eux aussi de nombreux traitements et font le contraire de ce qu’on leur demande : ils décalcifient la masse osseuse par acidité (et c’est encore pire si on prend les 0 % !).

Bouger sans excès

Les solutions contre l’arthrose sont donc de réduire au maximum les facteurs acidifiants de l’organisme en adoptant une alimentation la moins transformée et la plus biologique possible. Mais aussi de bouger. Le sport pratiqué à outrance ou dans de mauvaises conditions peut générer de l’arthrose. Donc attention. Mais l’activité physique pratiquée raisonnablement l’évite. On peut s’assouplir par quelques exercices (stretching, yoga, tai-chi…) et pratiquer une activité physique régulière (sans chercher à battre un record du monde…) : marche nordique, natation, ski de fond… Sur le vélo soyons plus réservés : pratiqué trop souvent ou dans des conditions difficiles, il ankylose les hanches et use les genoux. 

 

À lire : "Au diable arthrose et arthrite" du Dr Jean-Pierre Willem (2003). 

 

Soigner

Quand l’arthrose est déjà bien installée…

Les anti-inflammatoires et infiltrations de cortisone habituellement prescrits suppriment partiellement la douleur, mais pas la cause de la maladie (la destruction du cartilage). Ils sont donc efficaces mais à court terme seulement, en vous apportant des inconvénients parfois graves à long terme. Selon des études publiées dans des revues médicales reconnues, des composés naturels peuvent faire aussi bien, voire mieux. Lesquels ?

 L’harpagophytum, ou griffe-du-diable, est anti-inflammatoire et soulage efficacement la douleur.

 Le gingembre, anti-inflammatoire, aide à réduire la destruction du cartilage, avec des résultats qui sont encore à confirmer.

 Les oméga 3, abondants dans les graines de chia et l’huile de lin, sont de puissants anti-inflammatoires, capables de supprimer la douleur à jeu égal avec les médicaments, mais aussi de ralentir l’usure du cartilage.

 La glucosamine et la chondroïtine, en plus de stopper la douleur et de ralentir l’usure des tissus, seraient capables de stimuler la production de cartilage. Les deux substances auraient une action synergique.

La prise de compléments doit être encadrée par un médecin.

Patrick Hoor