La technique Bowen, une thérapie manuelle douce et efficace

PUBLIÉ LE 10 décembre 2014
 

BIEN-ÊTRE. Née en Australie, la thérapie manuelle holistique mise au point par Thomas Ambrose Bowen conjugue 
simplicité et efficacité. Dans le stress perpétuel qui brouille nos sensations, elle nous remet en contact avec notre corps et stimule ses mécanismes d’autorégulation. Explications avec Louise Tremblay, 
qui enseigne la méthode à travers le monde. 

La méthode manuelle holistique Bowen propose des mises en tension très douces des muscles et tissus mous. Enseignée à des professionnels de santé (kinésithérapeutes, ostéopathes, chiropracteurs, massothérapeutes, infirmiers, psychologues, naturopathes…), elle est indiquée pour relâcher le stress, mieux récupérer après des maladies, opérations ou blessures, soulager les douleurs ostéo-musculaires, les migraines, les effets de la ménopause (bouffées de chaleur), les problèmes digestifs ou encore respiratoires.

Qui peut le plus peut le moins : nul besoin de faire appel à une méthode compliquée pour obtenir une grande efficacité. Mise au point par l’Australien Thomas Ambrose Bowen, la technique Bowen ne cherche pas, selon Louise Tremblay, enseignante de cette approche dans de nombreux pays, à traiter des conditions spécifiques, mais plutôt à stimuler l’organisme pour qu’il mette en place ses propres mécanismes de normalisation. En cherchant à restaurer l’intégrité structurelle du corps, la méthode permet son fonctionnement optimal.

Bowen en terrain francophone

Dans les années 1950, Tom Bowen cherche à réconforter son épouse souffrant de crises d’asthme aiguës. Ce passionné de sport a passé des heures à observer le travail des massothérapeutes. Il découvre les vertus d’une alimentation saine conjuguée à la manipulation des tissus qu’il met au point pour la soulager. Sa route croise alors celle d’un thérapeute manuel réputé, Ernest Saunders. 
Une rencontre décisive qui le motive à mettre au point sa propre technique manuelle. Il approfondit en autodidacte l’étude de l’anatomie et de la physiologie.

Tom Bowen traite d'abord le dos en souffrance de ses collègues de travail, mais face au succès rencontré, il décide d’ouvrir une clinique. Jusqu’à la fin des années 1980, cette technique reste cantonnée à l’Australie, où elle séduit de plus en plus de professionnels de santé, puis elle finit par se diffuser dans le monde – en priorité dans les pays anglo-saxons grâce, entre autres, au massothérapeute Oswald Rentsch. Aujourd’hui, la méthode Bowen gagne du terrain dans les pays francophones.

Sus au stress !

Pressions multiples, bruit constant, hyperconnexion : aujourd’hui, le stress est perpétuel et il devient difficile de s’octroyer de réelles plages de relaxation. Ce qui maintient notre système nerveux sympathique (système de mise en alerte de l’organisme) en tension quasi constante. Difficile dans ces conditions de parvenir à se détendre. D’où de multiples effets délétères, à long terme, sur l’organisme. Avec la technique Bowen, nous nous approchons très près du langage du corps : la méthode permet à l’organisme de prendre conscience de son état de stress et d’en inverser le processus en stimulant l’activité parasympathique (système de relâchement du corps). Louise Tremblay explique : « L’organisme peut alors graduellement reconnaître et restaurer ses fonctions d’autorégulation qui, en retour, régulariseront son métabolisme et ses fonctions neuromusculaires ».

Un art de la vibration

Sensible au principe d’énergie vitale (chi), au cœur de la médecine traditionnelle chinoise, Tom Bowen partait du postulat que cette énergie doit pouvoir circuler librement dans tout le corps pour que nous soyons en bonne santé. « Le génie de cet Australien a été de découvrir un système de mobilisations, les moves, qui relance le courant naturel de cette énergie », souligne Louise Tremblay.

Ces moves sont en fait des gestes précis, des pressions et stimulations, pratiqués sur des endroits spécifiques du corps (région lombaire, arrière des jambes, région dorsale, omoplates, cou…). En apparence simples, ils exigent beaucoup de finesse et de dextérité de la part du praticien. On pourrait les comparer à l’action d’un musicien qui, en pinçant une corde de guitare exactement au bon endroit et avec la force appropriée, produit une vibration qui s’amplifie et se propage à tout l’instrument. « Le train d’ondes produit par l’action du thérapeute gagne ainsi toutes les parties du corps, par les méridiens selon certains, par les fascias selon d’autres », détaille 
Louise Tremblay.

Ni bruit ni parfum

Contrairement à nombre d’autres approches, ici, pas de musique zen pour se mettre dans l’ambiance. Les influences extérieures comme le bruit, 
la musique (même très douce), les senteurs d’encens ou d’huiles essentielles sont autant d’éléments qui amoindrissent les effets du traitement. « Le système nerveux du client ne doit pas avoir à gérer ces stimulations parasites », précise l’enseignante. De même, durant la séance, le thérapeute parle le moins possible. En revanche, la personne qui reçoit le soin est invitée à exprimer ce qu’elle ressent afin d’orienter la suite du traitement. Un des secrets de son efficacité réside dans les pauses qui l'émaillent, entre chaque séquence de moves, afin de laisser la personne intégrer les effets profonds du traitement. Et goûter aux bienfaits de cet instant de ressourcement. À l'image de son pays d'origine, less is more pourrait être le slogan de la technique.

 

En savoir plus

« Le Petit livre Bowen », de Louise Tremblay, disponible gratuitement sur internet.

Sites internet : www.techniquebowen.com,  www.registrebowen.com.

 

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