Danser le NIA, pour la forme et pour le plaisir

PUBLIÉ LE 10 juin 2012
 

BOUGER. Aux confins de la danse, des arts martiaux et de la prise de conscience corporelle, le NIA est une source d’équilibre et de joie. Il tonifie le corps, harmonise l’esprit, décuple la créativité, laisse fleurir les émotions… Alors, on danse !

Je danse le NIA pour me ressourcer. Quand je joue sur scène, j’ai toujours la même posture. Le NIA me permet de développer harmonieusement mon corps et de rééquilibrer l’ensemble », a confié le bluesman cosmopolite Keziah Jones au journal Le Monde. C’est qu’au travers d’une approche holistique, le NIA vise l’harmonie entre le corps et l’esprit. Et ça marche… Ça danse, même !


Now I Am

Complète, cette technique marie l’art du mouvement occidental et la sagesse des approches orientales. Elle est une synergie entre la danse (jazz, moderne et d’Isadora Duncan), les arts martiaux (taï-chi-chuan, taekwondo et aïkido) et la prise de conscience corporelle (technique Alexander et l’enseignement de Mo­shé Feldenkrais, sans oublier le yoga). Si le NIA s’est développé récemment sous nos latitudes, sa création remonte aux années 1980. Debbie et Carlos Rosas dirigent alors un centre de fitness aérobic à Los Angeles. Tous deux réalisent que le plaisir du mouvement conscient offre bien plus de bénéfices au corps, au cœur et à l’esprit que les techniques contraignantes et culpabilisantes du fitness. Fini de souffrir ! Ils veulent créer un art de bouger sans forcer, qui permette de s’exprimer en toute liberté. D’où le nom NIA qui signifiait à l’origine Non-Impact Aerobics. Au fil de la pratique, tenant de plus en plus compte du bien-être global de la personne, ce nom a évolué en Neuromuscular Integrative Action, pour devenir simplement NIA, comme Now I Am. Un nom qui va à merveille à cet outil de découverte de soi.

La joie en mouvement

Retrouver la joie d’être en vie, de bouger en toute fluidité… C’est l’essence du NIA, tout à la fois tonique, relaxant et ludique. En pratiquant régulièrement, on dit adieu aux tensions et on redécouvre une expression libre. Libre de ses mouvements et de tout jugement. Accessible à tous, le NIA propose différents niveaux d’intensité, de rythmes, s’adaptant à chacun, chacune, en fonction du moment, de sa forme ou de ses possibilités. Cette voie d’estime de soi est pour certains pratiquants un chemin de renaissance. « Grâce au NIA, j’existe pleinement, malgré mes limites », confie Yolanda, atteinte de polyarthrite invalidante.

Je danse le NIA

Waouh ! Ce mot tout petit qui en dit long concentre mon ressenti après cette rencontre avec le NIA. J’ai en effet pris rendez-vous dans un centre de ma région, en Midi-Pyrénées. Pour mon premier atelier, pieds nus sur le parquet (comme pour les arts martiaux dont le NIA s’inspire, on a ainsi une meilleure perception et plus d’ancrage), je me demande à quelle sauce je vais être mangée… D’autant que si j’aime profondément danser, j’ai en général du mal à suivre. Au premier regard on peut croire à un joyeux chaos, mais derrière tout cela il y a bien une technique. Une chorégraphie soutient la pratique, axée autour de 52 mouvements de base, dynamiques et variés. Un cours n’est jamais ennuyeux. Il alterne mouvements chorégraphiés et libres, joue avec le rythme, l’intensité, le style… « Les mouvements assouplissent le corps et allègent l’esprit », fait remarquer Nathalie, pratiquante régulière. Chacun choisit l’amplitude de sa danse. Peu à peu, sur des sonorités chamarrées, les corps se délient, les
mouvements s’ouvrent, les personnalités s’expriment. L’énergie monte. On joint parfois la voix aux gestes. Elle s’incarne, jaillit des profondeurs. Je dis « oui », je dis « non », de tout mon corps, de tout mon cœur.

Dans ce voyage intérieur qui fait son chemin à l’extérieur, il n’y a aucune obligation de bien faire. Juste de s’écouter. De prendre conscience sur le moment et avec bienveillance de son ressenti, de ses aptitudes, de ses limites aussi. Dans tel mouvement, je me suis trompée, ou plutôt je n’ai pas suivi. Eh bien, c’est comme ça. Tout est juste. Puisque tout part du centre de l’être. Dans cette rencontre avec soi dans l’ouverture à l’autre, nous sommes riches de nos différences. C’est très décomplexant. Libérateur ! Au fil du cours, l’inspiration me gagne. Mes sensations se font aériennes… et pourtant tellement terriennes. Je m’ancre en toute légèreté, en toute fluidité. Chaque chose a sa place dans le NIA : la douceur comme la force, le calme comme le maelström, le martial comme l’abandon, la sensualité comme la spiritualité. Je m’unifie… avec gourmandise. « J’ai l’impression de danser avec mon âme », me confie Emma, visiblement émue. Quand le cours se termine, je me sens vidée et pleine à la fois. Fatiguée, mais remplie d’énergie. Mon corps est heureux. Mon âme est joyeuse. Sensation d’exister. D’exulter. Now I Am ! Et j’en redemande.   

Infos : www.nianow.fr.

Carine Anselme