Oui, des OGM traînent dans nos assiettes

PUBLIÉ LE 09 septembre 2014
 

ON S'EN MÊLE. Même dans les pays où ils sont interdits à la culture, les OGM nourrissent les animaux et envahissent les garde-manger, parfois de manière insidieuse, sous forme d’additifs. Leur progression semble hélas inéluctable, lois du commerce international obligent, et ils commencent à se retrouver « accidentellement » dans nos champs… Peut-on encore les éviter ?

S’ils restent interdits de culture en France et en Belgique ainsi que dans la plupart des autres pays européens, en à peine vingt ans, les OGM (principalement coton, colza, maïs ou soja) ont peu à peu gagné de nombreuses surfaces agricoles partout ailleurs. Pourtant, comme le rappelle Pauline Verrière, juriste pour l’association Inf’OGM, « il existe sur le marché européen de l’alimentation humaine encore peu d’OGM étiquetés comme tels, une trentaine tout au plus, principalement des produits importés d’Amérique ou d’Asie, comme de l’huile de colza ou du beurre de cacahuète ». Pour rappel, la règle commune aux Etats membres de l'Union européenne est un étiquetage obligatoire sur les produits destinés à la consommation humaine lorsque les OGM sont présents à plus de 0,9 %, seuil de trace involontaire en-dessous duquel les fabricants ne sont pas obligés d'indiquer leur présence au consommateur.

Les OGM, toxiques pour les animaux... et pour nous ?

En revanche, il n’est pas de restriction en matière d’alimentation animale, et si les OGM ne sont pas très présents dans nos assiettes, il n’en est pas de même pour le fourrage qui nourrit les animaux que nous mangeons. Or ils n’ont aucune obligation d’être étiquetés comme « nourris aux OGM », puisqu’on n’en retrouve pas de traces significatives dans leur lait ou leur viande. Une étude scientifique récente montre pourtant leur toxicité pour les animaux qui les absorbent, avec notamment une forte prévalence de tumeurs observée. Des résultats qui ne sont pas sans nous interroger sur les risques encourus par les consommateurs.

Des produits « anodins » comme la lécithine de soja

En Europe, certaines exceptions à l’obligation d’étiquetage existent pour les produits destinés à la restauration collective et pour les ingrédients dérivés d’OGM s’ils n’en contiennent plus aucune trace, ou moins de 0,9 %, limite légale avant étiquetage. Corinne Gouget (décédée en juin 2015), auteur d’un petit guide sur les additifs alimentaires, cite ainsi parmi ces OGM cachés des ingrédients réputés anodins mais omniprésents, comme la lécithine de soja ou l’amidon de maïs.

Alors, peut-on encore les éviter ? Depuis juillet 2012, il existe au niveau européen un étiquetage volontaire « sans OGM », sous réserve que les producteurs s’assurent par des analyses que leurs produits n’en contiennent pas.

Des champs bio contaminés par les OGM

Or il peut exister, en matière de culture, des contaminations, du fait de la présence à proximité d’un champ OGM… ou tout simplement d’un mauvais triage des semences. Le 15 avril 2014, l’association Greenpeace alertait les pouvoirs publics sur la présence de transgènes dans trois lots de semences de maïs certifiés non OGM, vendus en France par Semillas Fito, le premier semencier espagnol en 2013 et 2014.

Fin mai 2014, des champs cultivés avec ces semences ont été identifiés puis détruits au nom du principe de précaution. S’il est probable qu’ils ne soient pas les seuls à être infectés par des substances pourtant interdites sur notre territoire, nous, consommateurs, pouvons encore, a priori, nous fier aux produits issus de l’agriculture biologique, ou labellisés AOC. Les seuls à encore garantir l’absence d’OGM en culture et dans la nourriture des animaux.

Les avoir à l'oeil 

Pour en savoir plus sur les produits susceptibles de contenir des OGM, Greenpeace, qui a tiré la sonnette d’alarme dès les années 2000, publie sur son site « Le Guetteur », une liste des marques à bannir si l’on ne veut pas se retrouver avec des produits contaminés dans son assiette. 

 

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Clara Delpas