Accoucher dans l’eau tout en douceur

PUBLIÉ LE 08 janvier 2013
 

Pratiqué à l’écart de la froideur des salles d’accouchement classiques, l’accouchement aquatique est une démarche pleine de douceur et de calme qui présente des bienfaits tant pour la maman que pour le bébé. Rien d’étonnant à ce que cette pratique soit de plus en plus sollicitée et pratiquée.

 

Voici quelques décennies, le célèbre obstétricien Michel Odent initiait le concept des piscines d’accouchement. L’accouchement dans l’eau s’est développé depuis, notamment en Belgique et en Norvège, mais aussi en Angleterre, aux Pays-Bas, au Canada et en Australie.

En France, de nombreuses maternités sont équipées d’une baignoire pour faciliter le travail avant l’accouchement, mais rares sont encore les bébés qui naissent dans l’eau. Une dizaine d’établissements ont commencé à le proposer, comme certaines maisons de naissance le font depuis plus longtemps, mais hors du parcours classique.

En pratique, l’accouchement se déroule dans une grande baignoire, parfois transparente. Lorsque les contractions deviennent douloureuses, la future maman est installée dans un bain de dilatation où la température de l’eau se situe entre 34 et 36 °C. Au moment de l’expulsion, elle peut choisir de mettre son bébé au monde soit hors de l’eau, soit dans l’eau (37 °C) si elle s’y sent bien et qu’aucune complication ne survient. Le papa peut parfois accompagner la maman dans l’eau. Il se place alors derrière elle et l’aide lors des contractions. À sa naissance, le bébé peut rester jusqu’à une minute sous l’eau, il ne peut pas se noyer car son réflexe de respiration se produit seulement lorsque sa tête émerge de l’eau et que ses poumons entrent en contact avec l’air. Il est ensuite posé nu sur la poitrine de sa maman pour favoriser les premiers échanges.

Moins d’épisiotomies

Les avantages de l’accouchement dans l’eau sont nombreux. Le premier contact du bébé avec son nouveau monde est moins violent. Le passage est adouci par le contact avec un liquide à la même température que celui dans lequel il a baigné durant neuf mois. L’eau provoque un effet d’apesanteur qui permet une plus grande mobilité de la maman, avec une sensation de légèreté.

Autre vertu de l’eau : elle facilite et accélère la dilatation du col de l’utérus tout en diminuant les douleurs liées aux contractions et à l’expulsion et augmente l’élasticité du périnée. Selon l’Association française de naissance aquatique (AFNA), l’accouchement dans l’eau diminuerait le taux d’épisiotomies de 75 % à 10 % pour les primipares. Enfin, elle augmente la capacité respiratoire de la maman et diminue sa tension artérielle, ce qui procure un bien-être supplémentaire au bébé.

Pour qu’une femme puisse accoucher dans l’eau, la grossesse doit se dérouler normalement et l’accouchement doit avoir lieu à terme, sans pathologie ni anomalie (ce qui concerne environ 85 % des femmes). En cours de travail, des contre-indications peuvent empêcher l’accouchement aquatique : hypernervosité, hypersensibilité de la maman, fatigue générale, nécessité d’une perfusion ou d’une péridurale, pertes anormales de sang ou mauvais monitoring fœtal.

Préparation nécessaire

Une préparation prénatale aquatique est en outre indispensable. Elle peut débuter au cinquième mois de la grossesse et faire appel également à l’haptonomie. Objectif principal : apprendre à la maman à se relaxer et à bien respirer en plus de se muscler. 

Ouverture,
Un premier centre et des remous

Le centre Semmelweis, « premier centre de naissance aquatique en France », a ouvert le 17 novembre à Guingamp (Côtes-d’Armor). La naissance n’a pas été facile : l’Agence régionale de santé (ARS) menace toujours de le faire fermer pour cause d’absence de demande d’autorisation en règle… Sauf que ce lieu n’est pas assimilé à un établissement de santé, comme par exemple le centre hospitalier de Guingamp, tout proche du centre Semmelweis. Ce dernier, plutôt assimilé à un lieu d’« accouchement à domicile », quoique sécurisé et doté d’un personnel médical, est dirigé par le Dr Thierry Richard, président de l’Association française de naissance aquatique (AFNA, qui existe depuis 1999) et inventeur d’une baignoire permettant aux mamans d’accoucher dans l’eau en toute sécurité.

Adresses et infos sur le site de l’AFNA, www.accouchement-dans-leau.com.

Colette Barbier et Isabelle Petiot