Des fruits et légumes pour l'automne

PUBLIÉ LE 16 octobre 2018
 

A chaque changement de saison, un nouveau rythme s’installe. Avec l’automne, les journées pluvieuses et plus courtes se succèdent, la chaleur et la lumière viennent à manquer. Notre environnement change et notre corps doit s’y adapter, entraînant efforts et fatigue. Mais la nature est pleine de ressources, comme nous ! Il suffit juste de savoir en profiter.

En automne, un moral en baisse ?

Entre l’été et l’hiver, dans un pays comme la France, la luminosité passe de 100 000 à 2 000 lux. Comme face à la nuit, le cerveau produit alors plus de mélatonine (hormone du sommeil) et moins de sérotonine (hormone de la bonne humeur). La baisse d’énergie que nous ressentons donc en automne est naturelle, d’autant plus que le froid qui pointe son nez impose à nos corps de compenser, ce qui est épuisant.

Cette fatigue est à différencier d’une dépression saisonnière, maladie chronique qui touche 7 % de la population et 2 à 3 fois plus de femmes que d’hommes, principalement dans les pays qui ont un climat continental du mois d’octobre au mois de février. Elle est diagnostiquée par une fatigue très importante associée à un sentiment de tristesse voire d’abandon ainsi que par des troubles de la concentration et une augmentation de l’appétit.

Les conseils d’Alain Héril, auteur de « Pour surmonter la dépression saisonnière », ont toutefois suffisamment de bon sens pour être appliqués à tous lors de l’entrée dans l’automne, en prévention de difficultés plus importantes : sortir au moins une heure par jour, laisser entrer un maximum de lumière dans les appartements et maisons, méditer et faire de l’exercice physique, et manger plus d’oméga-3 et de magnésium, c’est à dire dans la viande ( seulement si elle provient d’animaux élevés en plein air ou si leur régime alimentaire contient des sources d’oméga-3 comme le lin, la luzerne ou l’herbe), dans les poissons gras (le saumon), dans les fruits à coques et les légumes verts.

 

Pourquoi des fruits et légumes biologiques de saison ?

La nature qui est bien faite et regorge de ce dont l’Homme a besoin au moment où il en a besoin. En automne et en hiver, elle nous offre des légumes riches en minéraux, des agrumes pleins de vitamine C pour soutenir notre système immunitaire et nous préparer aux grands froids. Inversement, en été, avec la chaleur, elle produit des fruits et légumes gorgés d’eau comme le melon, salade, tomate, courgette, fruits rouges, etc. !

Les fruits et légumes biologiques et de saison contiennent un peu plus d’antioxydants que les autres. Ils en produisent pour se défendre contre les agressions externes, comme celles du soleil. A l’échelle humaine, manger des anti-oxydants naturels permet de lutter contre les effets néfastes des UV, de la pollution, du tabagisme, et de prévenir l’apparition de signes précoces de vieillissements et de certaines maladies graves.

En dehors du fait que les fruits et légumes biologiques de saison sont parfaitement adaptés à notre organisme, ils ont en général plus de goût que les autres car ils sont cueillis à maturité et nécessitent moins de pesticides (dont certains ont été classés « cancérogènes par l’OMS) pour les aider à pousser.

Comme ils sont souvent commercialisés en circuits courts, leur acheminement coûte également moins cher : ils sont donc plus rentables et moins polluants. Or, ce qui est bon pour l’environnement et pour notre porte-monnaie, est logiquement meilleur pour nous !


Quels fruits et légumes en automne 2018 ?

Ail, oignons, dattes, châtaignes, mûres, noisettes, choux de Bruxelles , chou rave, frisé, vert ou fleur, noix, brocolis, citrons, raisins, poires, navets, grenades, prunes, tomates, pommes, kakis, bananes, artichauts, poivrons, aubergines, fenouil, épinards, courgettes, carottes, endives, courges, blettes, laitue, poireaux… La liste des fruits et légumes d’octobre est longue et colorée. Elle nous donne largement à manger et à voir : le seul problème, c’est que nous avons l’embarras du choix, d’autant plus que certaines variétés de l’été ne sont pas encore épuisées.

Pour vous aider à faire votre marché, voici notre sélection, quelques principes de base ainsi que des idées de recettes originales.

Des fruits gorgés de vitamines C. Ils sont recommandés au printemps comme en automne, notamment pour stimuler les glandes surrénales et favoriser le maintien d’un équilibre hormonal dans les changements saisonniers. Evitez cependant les excès, qui peuvent être fatigants pour l’organisme, comme le fameux verre de jus d’orange le matin qui stimule trop intensément la vésicule biliaire et empêche une bonne digestion à midi. Préférez un kiwi mûr, qui protège aussi le pancréas (la France est 5ème producteur de kiwis dans le monde).

Des fruits secs pour compléter. Pauvres en vitamines C et en eau, ils sont en revanche riches en fer, en vitamine B et en minéraux. Attention toutefois à leur forte teneur en glucides ! Les abricots, les coings, les figues, les dattes et les raisins secs ainsi que les noix, les noisettes et les pignons sont à consommer avant l’effort ou en association avec d’autres plats équilibrés plutôt qu’en grignotage, comme il est coutume de l’entendre !

Les premiers marrons. Savez-vous ce qui fait la différence entre un marron et une châtaigne ? Eh bien c’est le nombre de fruits dans la bogue : s’il y en a plusieurs, ce sont des châtaignes, et s’il n’y en a qu’un, c’est un marron (version modifiée de la châtaigne sauvage). Pour bénéficier de ses apports en manganèse, cuivre, phosphore et fer de la châtaigne, l’idéal serait de la consommer crue, associés à de la vitamine C. Mais cuites c’est bien aussi, voire même en farine, car les fibres qu’elles contiennent favorisent le transit intestinal notamment pour les intolérants au gluten. Quant aux marrons, leurs glucides ont la particularité d’être composés d’amidon, ce qui est bon pour le colon et protège du risque de diabète sans insuline.

Une cure de raisin pour tous ?  La cure de raisins, soumise à un protocole très strict qui s’étend sur 3 semaines, est pour certain.e.s très contraignante. Bien qu’elle engendre parfois la perte de quelques kilos chez les personnes en surpoids, elle n’est pas à prescrire comme régime amincissant, mais comme grand « nettoyage » avant d’affronter l’hiver, pour faire le plein de vitamines A, B, C et E et d’oligoéléments, calcium, magnésium, manganèse et soufre. Comme le raisin est le fruit de l’automne par excellence, vous pouvez bénéficier de ses vertus anti-douleurs, anti-inflammatoires, anti-oxydantes, circulatoires, drainantes et diurétiques en dehors de la cure : il est d’ailleurs recommandé de le croquer en entier, pépins compris, pendant les repas ou en dehors (les études sont contradictoires sur le sujet - à vous de tester) pourvu que vous réduisiez un peu vos autres apports en sucres rapides lors des autres repas.

Recette de la soupe de cresson contre les rhumatismes. Les rhumatismes vont souvent de paire avec l’humidité et l’automne. Pour les soulager, rien de telle qu’un soupe de cresson : laver et prélever les tiges d’une botte de cresson. Faire rissoler dans une cuillère à soupe d’huile d’olive dans le fond d’une grande casserole trois pommes de terre moyennes coupées en morceaux, une échalote et une branche de thym. Ajoute un litre d’eau et un bouillon cube biologique. A ébullition, ajouter les feuilles de cresson. Mixer quand elles ont ramolli et que les pommes de terres sont bien cuites. Saler, poivrer, à votre goût.

Le chou vert à chouchouter. Le chou vert est principalement cultivé en Île-de-France, en Bretagne et dans le Nord. Il est depuis toujours un des aliments de base des familles paysannes mais les marins en consommaient aussi beaucoup pour se protéger des risques de scorbut, puisqu’une portion de 200 g de chou apporte 50 % des besoins quotidiens en vitamine C ! Récolté entre novembre et février, c’est un légume d’automne et d’hiver, qui contient peu de calories et n’a pas besoin qu’on lui ajoute de matières grasses puisqu’il est cuit à la vapeur et en soupe.

Le potiron dans tous ses états. Le potiron n’est pas qu’un jeu d’enfant. A ne pas confondre avec la citrouille qui est une variété de courge plus ronde, le potiron a un goût sucré plus prononcé mais sa charge en glycémie n’est pas si importante que ça. Il plaît donc aux enfants, comme aux plus grands, d’autant plus qu’il est peu calorique, bon pour le cœur et qu’il agit contre le vieillissement en protégeant des radicaux libres. Sa bêta-carotène est excellent pour la peau et sa vitamine E protège du mauvais cholestérol. Vous l’aurez compris, c’est le légume familiale star, alors n’hésitez pas à le cuisiner sous toutes ses formes, et même en tartes ou en gâteaux !

De la cannelle sans modération. Bien connue pour ses propriétés antiseptiques, est également un excellent stimulant thyroïdien qui fortifie les tissus de l’immunité (amygdales, sinus). En complément d’un porridge d’avoine, d’un citron chaud ou d’une infusion de feuilles de cassis, fait barrière aux maladies microbiennes et aux premiers virus de l’automne. Si vous aimez sa saveur, ne vous en privez pas !

Bien se nourrir, c’est nourrir ses 5 sens. La nature, qui revêt du pourpre et de l’ocre que le  soleil encore brillant d’octobre sublime, est une source d’émerveillement infinie : observez, sentez, choisissez, transformez, goûtez, cueillez le jour comme la nuit et écoutez votre corps car le meilleur lui appartient.

Liens / Sources :

Ouvrage : Se soigner toute l’année au naturel par Dr Jean-Christophe Charrié et Marie-Laure de Clermont-Tonnerre.

Emilie Brigand