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« La formation des pharmaciens en matière de plantes n'est pas suffisante. »

« La formation des pharmaciens en matière de plantes n'est pas suffisante. »

Rencontre avec Delphine Van TriempontBio Info : Un pharmacien mérite-t-il réellement le titre d’herboriste ?

Delphine Van Triempont : La formation classique des pharmaciens n’est assurément pas suffisante pour vendre des plantes. Un pharmacien non formé peut passer à côté de contre-indications avec certains médicaments. Or il y a des plantes qui nécessitent des précautions. Le saule, par exemple, est contre-indiqué avec les anticoagulants dont il augmente l’effet. Pour ce type de médicaments, il y a aussi des précautions à prendre avec la reine-des-prés. Mieux vaut vendre en connaissance de cause, tout de même…

B. I. : Y a-t-il un danger pour les consommateurs ? 

D. V. T. : Non, il serait excessif de parler de danger : il s’agit de précautions d’emploi. Les plantes que je viens de citer augmentent l’effet des anticoagulants. Ce n’est pas dangereux, mais il faut le savoir. Il nous arrive de recevoir des ordonnances prescrivant du millepertuis et un traitement avec lequel il a une interaction. Dans ce cas, on appelle le médecin pour en parler avec lui. Ou on refuse de délivrer la plante. C’est notre rôle de ne pas faire prendre de risque au consommateur !

B. I. : La création d’un diplôme d’herboriste est-elle souhaitable ? 

D. V. T. : Certainement, mais il faut que ces personnes formées s’y connaissent aussi au niveau médicamenteux. Nous revenons au même problème, mais dans l’autre sens! Un herboriste doit savoir poser des questions sur les pathologies des clients pour vérifier, comme nous le faisons, si ce qu’ils achètent va vraiment les aider. Cela arrive souvent que certaines personnes nous demandent des plantes, mais pas pour la bonne indication. Lorsqu’on nous achète de l’aspirine, on demande s’il n’y a pas d’allergies ou d’ulcère de l’estomac. C’est pareil avec les plantes. Les herboristes auront-ils la formation pharmaceutique nécessaire pour prendre ces précautions ?

B. I. : En tant que pharmacienne, cela vous gênerait-il ? 

D. V. T. : Qu’on veuille former est une bonne chose dans tous les cas. Après, bien sûr, cela va créer une concurrence. C’est un fait. Y compris pour nous qui sommes spécialisés et formés.

  

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