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Ces jeunes pousses qui font le bio de demain

Ces jeunes pousses qui font le bio de demain

Lhistoire commence au salon Natexpo 2013. Baptiste Cotte, directeur du développement de L’Eau Vive, une enseigne nationale spécialisée dans le bio reprise par son père en 2000, visite les stands. Il retrouve les six jeunes entrepreneurs à la tête des jeunes marques Food4Good, Quintesens, Good Goût et Tidoo. 

Leurs projets sont plus ou moins avancés. Tidoo vient de lancer ses premières couches écologiques. Quintesens a obtenu l'un des trophées du salon pour son mélange d'huiles destiné aux plus de 50 ans. Baptiste Cotte leur propose de s’unir en réseau. « Parce que nous nous ressemblions dans nos démarches, que nous avions tous à peu près le même âge, que nous étions tous Franciliens et que nous pouvions tous bien nous entendre ! », se souvient Thomas Canetti, directeur de Food4Good (produits de la mer). « La graine était plantée », renchérit Sébastien Loctin, créateur des huiles spécifiques Quintesens. Le réseau de jeunes pousses s’est ainsi constitué dès la première rencontre.

Cellule de soutiens

Des réunions ont lieu depuis tous les deux mois environ, ce qui n’empêche pas entre-temps les échanges personnels. Ces rencontres sont informelles et mêlent la détente conviviale, l’échange d’idées et le travail. Thomas Canetti et Sébastien Loctin y retrouvent les deux jeunes papas investis dans le secteur du change pour bébé (Tidoo), mais aussi les fondateurs des plats pour bébé Good Goût, de la babyfood surgelée Les Chaises Hautes ou encore l’inspiratrice de la marque Beendhi.

Spontanément, le réseau est devenu une vraie cellule de soutien à l’entreprenariat. « L’idée, c’est de se sentir moins seul sur un marché qui, au départ, n’était pas le nôtre, mais que nous avions tous très envie de voir bouger, avec des produits pratiques, gourmands, irréprochables, éthiques et originaux », résume Sébastien Loctin, prêt comme les autres à délivrer des conseils à de jeunes entrepreneurs qui se lanceraient « si le courant passe ». Comme récemment avec Alexandre Koiransky (Fair Trade Spirits), créateur d’une vodka made in France à base de quinoa et de sucre de canne équitables. Le club soutient aussi les Grenoblois d’Origin, en pleine préparation de jus de plantes biologiques. Une démarche d’ouverture partagée par Baptiste Cotte, qui cherche justement à moderniser la distribution du secteur. « Il faut voir le magasin qu’il a en franchise à Courbevoie, s’enthousiasme Sébastien Loctin. Agréable, lumineux, moderne, avec des produits innovants, qui apportent un vrai plus au consommateur ! »

De parents conscients à entrepreneurs éco-responsables

Il y a aussi d’autres affinités qui s’expliquent : ces porteurs d’un bio très pro partagent une motivation liée à un événement déclencheur de leur histoire personnelle. Beendhi (prononcez binedhi), par exemple, chez qui se déroulait la dernière réunion, est le fruit d’une amitié entre Beena Paradin, une gastronome indienne reconnue qui vit à Paris, et Claire Rao, une Française vivant à Bangalore, en Inde. Leur boutique en ligne, qui fournit aussi de nombreux magasins bio, propose des épices, des plats indiens, des livres de recettes… et même des ateliers de yoga, de cuisine végétarienne et de massage ayurvédique.

Pour Thomas Canetti, c’est un voyage de noces à Vava’u au Royaume de Tonga, où il a pu nager avec les baleines à bosse, qui a créé le déclic. Face à ces merveilles de la nature, il ressent un immense sentiment d’humilité. Il faut protéger la mer et ses animaux. Il crée alors Food4Good, qui propose des produits de la mer écoresponsables, labellisés MSC Pêche Durable ou Agriculture biologique, s’il s’agit de poissons ou de crustacés d’élevage.

L'expérience de l'agroalimentaire

Sébastien Loctin, en jeune papa, s’est penché sur l’assiette de son petit Léopold, alors en pleine diversification alimentaire. Son expérience dans un grand groupe industriel lui fait porter une attention particulière. « Après 12 années passées chez Lesieur, j’étais conscient de l’importance des bonnes matières grasses dans le bon développement de mon bébé. Mais beaucoup de parents ne l’étaient pas, avec à la clé d’importants déficits nutritionnels chez leur enfant. J’ai donc conçu le premier mélange d’huiles biologiques basé sur les véritables besoins nutritionnels de bébé, avec lin, colza, chanvre, tournesol… », explique-t-il. Il crée alors Quintesens, une gamme d’huiles bio adaptées aux besoins nutritionnels spécifiques du bébé… et des autres âges de la vie !

Mickaël Aubertin, créateur de Good Goût, et sa femme étaient soucieux de l’alimentation de leurs jeunes enfants. Fins gourmets, les jeunes parents trouvaient les petits pots pour bébé un peu fades et ont eu l’idée de concocter de savoureuses recettes, alliant le talent d’un chef étoilé, Michel Reutenauer, du Carré des Sens à Villeneuve-d’Ascq (Nord), à l’expertise du service de Nutrition de l’institut Pasteur de Lille. Résultat : des petits pots « goûtus », biologiques et sains. Jean-Frédéric et Anne-Laure Navarre, créateurs des Chaises Hautes, travaillaient respectivement comme cadre et sage-femme en élevant leurs trois enfants. Un beau jour, suite à une erreur de commande, ils reçoivent 150 kg de légumes bio. Ils décident de tout congeler sous forme de petits plats et ont l’idée de lancer une gamme d’aliments surgelés pour bébé.

Kilian O’Neill et Geoffroy Blondel de Joigny, jeunes pères de familles nombreuses, venaient de lancer un site de vente en ligne de produits biologiques, éthiques et privilégiant le développement durable. Se rendant compte que l’offre en couches écolo était pauvre, ils ont entrepris de créer Tidoo, marque de couches jetables écolos, testées dermatologiquement, anti-fuites et fabriquées en France avec 50 % de matières premières renouvelables.

Actions solidaires

Des histoires de vies actives, une commune vision du bio qui intègre bien évidemment l’écoconception des emballages, des critères hyper stricts de sélection des fournisseurs, le recours à des professionnels connus et reconnus, ainsi qu’une démarche sociale et solidaire. Food4Good reverse ainsi 0,10 € par produit acheté à des ONG de protection de la nature (la LPO, le WWF ou la Surfrider Foundation). Tidoo reverse 0,05 € par pack de couches vendu à l’association Le Rire Médecin, qui envoie des clowns distraire des enfants hospitalisés. Quintesens aide des enfants atteints de maladies graves à réaliser leurs rêves et intervient dans le domaine de la petite enfance pour faire de l’éducation nutritionnelle.

Ces jeunes entrepreneurs ont aussi, génération oblige, une conscience aiguë des enjeux marketing de la distribution et n’hésitent pas à concourir aux trophées pour gagner en reconnaissance. « Et on l’assume ! Les labels rassurent et aident les consommateurs à mieux se repérer dans un univers bio qu’ils découvrent », appuie Sébastien Loctin. Côté communication, leurs marques, qui se sont créé une identité, certaines récemment (Beendhi a été découverte lors du dernier salon Natexpo, qui lui a valu un trophée) parlent haut et fort. Par souci de gagner, mais surtout de communiquer leur enthousiasme et de faire partager leurs découvertes d’un nouvel art de vivre. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ont le vent en poupe puisque, déjà très visibles en magasins bio, y compris hors de nos frontières, la plupart de leurs marques ont déjà été gratifiées d’un « meilleur produit bio de l’année » par le site Bio à la Une.

 

(Photo : La réunion de début d'année 2015 a lieu dans les locaux de Beendhi. © Paul Blind.)

 

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