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Weleda sous le soleil de l’arnica

Weleda sous le soleil de l’arnica

Mardi 9 juillet 2013, 7 heures. Il fait grand beau sur les hautes chaumes du massif du Markstein, dans les Hautes Vosges. Les pâtures sont encore bien vertes et parsemées de fleurs qui s’étalent en ondoyant le long des collines. En ce matin ensoleillé, une bonne dizaine de cueilleurs s’affairent à prélever, à la main, ce qui ressemble à de grandes marguerites jaunes : l’arnica, l’« herbe aux coups », comme on l’appelle ici, récoltée chaque année aux premiers jours de l’été. Avec soin. « On doit prendre la plante entière, avec ses deux feuilles à la base et un petit bout de rhizome », explique Alain, dont c’est la première cueillette. Depuis vingt-cinq ans, la doyenne du groupe, Bernadette, accent vosgien et grandes lunettes, sa longue chevelure blanche attachée en queue-de-cheval pour ne pas voler au vent, participe au rituel... « Nous avons toujours travaillé pour Weleda. Mais presque tous les laboratoires viennent se fournir ici.» Ici, dans le Markstein, on récolte 80 % de tout l’arnica cueilli en France chaque année.

Dix heures : les cueilleurs ont fini leur récolte : 360 kg soit 1 800 fleurs environ. Avec celle d’hier, quelque 2 000 fleurs, ils ont rempli la commande du laboratoire (800 kg). Mais là, il faut faire vite : les lourdes gerbes de fleurs jaunes doivent filer sans tarder vers l’Alsace. « Dès qu’elle est coupée, une plante se fane », rappelle Denis Graeffly, pharmacien responsable du process qualité chez Weleda. Direction Huningue, à 75 km. C’est là que Weleda a installé sa filiale française. Plus de 300 salariés y travaillent dans ce bâtiment de 14 300 m2, achevé fin 2011, aux murs de verre jouant la transparence et le rouge, avec sur la façade des noms latins de plantes médicinales.Tout autour, des îlots de verdure, un « parcours biodiversité » en cours d’aménagement.

2013, grand cru

Midi : ambiance de nature en pleine ville, des employés pique-niquent à l’ombre des arbres du verger tandis que d’autres commencent le tri des plantes, un événement annuel dans la vie de l’entreprise. Consonances françaises et sonorités germaniques se mêlent joyeusement, rappelant que nous ne sommes plus ici dans les Vosges, mais pile au coin des Trois Frontières (France, Suisse et Allemagne), en Alsace. La région où la marque suisse est implantée depuis 1924. La camionnette est arrivée : les fleurs sont déposées sur une bâche blanche, à l’abri du soleil. Elles vont être triées et soigneusement rangées dans des caisses rouges. Sur un banc, à l’ombre, Anna prend les fleurs une par une : « J’enlève les bouts de feuilles et les germes qui sont accrochés dans les plantes.» De l’avis de tous, le cru 2013 est exceptionnel : la fleur est grande, bien ouverte, sa tige longue et épaisse (30 cm de long en moyenne, 0,5 cm de diamètre), avec deux belles feuilles à sa base. Les fleurs triées et rangées dans des caisses n’auront que quelques mètres à faire pour rejoindre le bâtiment central qui abrite la partie atelier des laboratoires, 70 % de la surface du bâtiment.

Teinture mère et dilutions

13 heures, service récolte. Port de charlotte, de blouse et de sur-chaussure obligatoires, laboratoire pharmaceutique oblige. Les caisses d’arnica trié arrivent sur un tapis roulant au travers d’une ouverture rectangulaire donnant sur l’extérieur. Puis les plantes passent dans une sorte de moulinette. Ce broyat de plantes, dans lequel il est désormais impossible de reconnaître l’arnica, est mis à macérer 15 jours dans un mélange d’eau et d’alcool. « De l’eau de qualité pharmaceutique, c’est-à-dire filtrée par double osmose inverse », précise Denis Graeffly. Avant d’être pressé et filtré. « Ce jus brut, c’est la teinture, résume le pharmacien, que vous pouvez utiliser telle quelle pour soigner les bosses, les contusions... et que nous diluons dans nos préparations homéopathiques.» Des analyses chimiques vérifieront qu’elle correspond bien aux spécificités requises avant d’autoriser son utilisation. 

Little pharma

Si Weleda a ainsi développé cette filière intégrée pour l’Arnica montana, c’est pour réduire les trajets, un élément clé pour que la plante conserve au mieux toutes ses propriétés médicinales. Mais la filiale française fabrique aussi les teintures mères de Calendula officinalis et d’Avena sativa. Ainsi que de nombreuses préparations unitaires, élaborées selon les principes de la médecine anthroposophique. Des préparations disponibles sous formes de gouttes et, depuis vingt-cinq ans, sous forme de des granules.

Un brin modeste, Denis Graeffly reconnaît à mi-voix que « monsieur Granules », c’est lui. Le dispositif d’imprégnation nécessaire à la fabrication des granules, des ballons de verre équipés de tiges mélangeuses, il l’a mis au point à son arrivée ici, voici vingt-sept ans. Et ce, pour l’ensemble du groupe. Assurément un plus pour Weleda, qui réalise aujourd’hui 40 % de son chiffre d’affaires grâce à la pharmacie. 

 

En savoir plus : Weleda SA, Laboratoire de produits pharmaceutiques, cosmétiques et diététiques, 9 rue Eugène-Jung, 68331 Huningue, tél. 03 89 69 68 00. Infos : www.weleda.fr.

 

Biodiversité

Une fleur qui revient de loin 

Les cueilleurs se souviennent de leurs premières récoltes : « Il y avait tellement de fleurs qu’on ne se voyait pas. » Aujourd’hui, ce n’est plus pareil. « En 2003-2004, Weleda nous a alertés sur la disparition de l’arnica, un peu plus haut, dans une zone où 15 hectares avaient été chaulés », rappelle Valérie Auroy, de l’Association vosgienne pour l’économie montagnarde.

Des agriculteurs, repoussés toujours plus haut par le développement urbain dans les vallées, ont diminué l’acidité des sols en y versant de la chaux afin d’y continuer leur activité. Une pratique qui ne plaît pas à l’arnica : il en meurt. Tout comme de l’épandage de fumier, des déjections des vaches qui pâturent et du développement des pistes de sports d’hiver. Et, bien sûr, de la cueillette excessive : pas moins de six laboratoires (dont Weleda, Wala, Boiron et Lehning) viennent s’approvisionner ici, en plus des cueillettes familiales.

Depuis 2007, une convention passée entre agriculteurs, cueilleurs, laboratoires et communes protège la fleur : permis et règles de récolte, programmes de réimplantation, surveillance... Avec le soutien constant de Weleda dont cette fleur est un peu l’emblème. L’huile de massage à l’arnica est toujours le produit phare de sa gamme cosmétique, loin devant le jus de bouleau et la crème à la grenade. C. D.

 

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