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Notre premier remède

Notre premier remède

Une fois n’est pas coutume et, bien que je n’aime pas parler de ma santé, je vais vous raconter une histoire des plus personnelles. Cela faisait longtemps que je cherchais un médecin sensibilisé aux traitements naturels. Rien de grave, seulement quelques problèmes récurrents qui, en dix ans, ne semblaient pas avoir trouvé leur solution allopathique…

La perle rare trouvée, quel ne fut pas le diagnostic ! Surconsommation de médicaments dans le passé (je me suis souvenue des nombreux antibiotiques avalés, souvent avant qu’un autre médecin me dise que ce n’était pas nécessaire…), et « excès » alimentaires (le bio est pourtant mon credo depuis dix ans) ont généré perméabilité de la paroi intestinale, intolérances alimentaires, mauvaise assimilation des vitamines, carences et fatigue.

Mon traitement ? Il se résume à un sévère régime de trois mois : sans gluten, sans maïs, sans lactose, sans sucre… C’est-à-dire sans les ingrédients les plus répandus, y compris dans les magasins bio et au rayon sans gluten. Pire, pour que ce carême soit efficace, il ne faut toucher à aucun des aliments défendus ! Et enfin prendre les autres à certains repas et en certaines quantités… Nous voilà bien ! Les médecins consultés depuis dix ans me répètent, bonhommes et plaisants, que tout va bien, et je me retrouve chez celui-ci avec le régime d’une personne âgée !

J’ai eu l’impression chez lui d’être revenue à cette époque où les prêteurs du serment d’Hippocrate prescrivaient des « diètes » pour chasser les « mauvaises humeurs »… Puis ma raison est revenue, m’éclairant sur le vrai sens, médical, du mot régime. Un sens malheureusement perdu alors que des milliers d’études ont été réalisées, depuis, sur le fonctionnement de notre organisme et sur les pouvoirs de la nature. Quel dommage ! Pourquoi nos médecins ont-ils si vite oublié les « aliments de la joie » d’Hildegarde de Bingen (amandes, cannelle…) dont les bienfaits sont aujourd’hui expliqués ?

La médecine moderne pense ne pas être là pour nous donner des conseils que le bon sens peut dicter. Si encore nous avions de quoi nous nourrir sainement, elle aurait raison. Nous ne serions pas non plus si nombreux à aller consulter des naturopathes qui, en somme, ne font que prendre la place laissée aujourd’hui vacante par la médecine occidentale. On en voudrait moins aussi à ces « bons médecins de famille » qui aiment nous répéter qu’il « faut se faire plaisir » (car tout de même, « on ne va pas arrêter de manger »). Mais ce n’est pas le cas : la malbouffe, malheureusement, ne s’arrête pas à la porte du fast-food. Si on accable de tous les maux le hamburger de Ronald c’est pour ne pas voir le reste : les antibiotiques dans la viande, les farines OGM, les perturbateurs endocriniens présents dans les emballages et les pesticides que l’Europe a fait mine de découvrir le mois dernier.

Il ne s’agit pas de nier le progrès ni l’autorité du médecin (celle-là même que je recherchais en fouillant les pages jaunes en quête d’un naturopathe membre de l’Ordre des médecins). Il s’agit de revenir à un raisonnable principe de subsidiarité dans l’approche thérapeutique. À des traitements naturels de première intention qui, paradoxalement, mettraient en valeur les traitements allopathiques lorsque ceux-ci se révèlent nécessaires. Et qui rétabliraient aussi l’autorité mise à mal de nos médecins, pris dans la spirale des visiteurs médicaux.

Mon ordonnance ne rapporte rien à aucun laboratoire : mon médecin pas drôle n’y a inscrit que des menus ! Je termine par une conviction : demain, la Sécu ruinée aidant, tous les médecins se réapproprieront la nutrition comme fondement de leur discipline. « Que ton aliment soit ton premier remède », disait Hippocrate.

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