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La médecine conventionnelle s'ouvre à l'ayurvéda

La médecine conventionnelle s'ouvre à l'ayurvéda

Rencontre avec Kiran VyasBio Info : Remontons le temps : quel a été l’accueil fait à l’ayurveda il y a trente ans, lorsque vous avez fondé Tapovan ?

Kiran Vyas : Personne en Europe ne connaissait alors l’ayurveda ! Le yoga, l’une des branches de cet art de vivre holistique, était bien connu, lui, mais principalement sous l’angle bien-être, souplesse et détente corporelles. Or tant pour le yoga que pour l’ayurveda, la quête dépasse largement le corps physique, pour prendre en compte toutes les dimensions de l’être humain. Comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît l’ayurveda en tant que système de médecine traditionnelle – et que Madonna s’y est intéressée ! [rires] – cette approche s’est fait peu à peu connaître d’un plus large public.

B. I. : Quelles sont les pratiques ayurvédiques que vous avez particulièrement développées, en phase avec les attentes et les besoins des Occidentaux ?

K. V. : J’ai mis davantage l’accent sur le côté pratique et le bien-être, comme les massages ayurvédiques, très bien accueillis. S’ils se rapprochent des massages de bien-être pratiqués ici, leur efficacité spécifique et leur action en profondeur sont largement reconnues. L’angle diététique parle également au public occidental, en quête d’un meilleur équilibre alimentaire. En plus, la cuisine ayurvédique passe très bien, car elle s’apparente à la nourriture classique indienne, qui plaît au plus grand nombre.

B. I. : Parallèlement à ces développements pratiques, vous soulignez depuis trente ans l’aspect holistique de l’ayurveda…

K. V. : C’est ce qui m’intéresse le plus. Pour l’ayurveda, la notion de santé n’a pas le même sens que pour la médecine occidentale. Le bien-être et l’épanouissement de l’être vont en effet au-delà de l’absence de maladie. Pour que l’être humain se sente bien, il lui faut la joie de vivre, l’énergie de la créativité et de l’amour, un mental apaisé… Tout cela en harmonie avec son environnement. En fait, tout individu est comme un iceberg : la majeure partie de l’être demeure invisible, cachée, inconsciente. Or cette partie-là exerce une grande influence sur la surface. L’ayurveda, dans son essence, nous propose d’avancer dans cette profondeur ; intégralement, sur le plan physique, émotionnel, psychique, spirituel… C’est un chemin d’évolution, de progrès global. Depuis trente ans, Tapovan privilégie donc le bien-être et aide chacun à développer en lui le calme et la joie de vivre pour pouvoir contacter ses ressources intérieures et prendre soin de sa santé.

B. I. : Comment réagit la médecine classique occidentale à l’intérêt croissant pour les pratiques de santé ayurvédiques ?

K. V. : Le corps médical s’ouvre petit à petit à l’ayurveda. Plusieurs thèses de médecine et de pharmacie ont notamment été réalisées en France sur le sujet ; il m’a d’ailleurs été demandé d’être membre du jury. Les choses devraient s’accélérer, je pense, dans les deux ou trois années à venir… Mais, pour prolonger ce que je disais plus haut, je précise que l’ayurveda n’est pas une médecine, dans le sens où on l’entend ici : la médecine ayurvédique n’est pas liée à la maladie (telle maladie = tel traitement), elle s’intéresse à la personne. C’est une approche plus personnalisée, où chaque être humain est unique, considéré et soigné comme tel. Là est la grande différence. Cela compte à l’heure où les patients, qui se tiennent de plus en plus au courant, sont en quête d’une approche intégrative de la maladie et de réponses sur mesure par rapport à leur santé. J’ajouterais un dernier point, cocasse : grâce au travail entrepris en Europe, l’Inde s’est ouverte davantage à l’ayurveda, son art ancestral ! Les cures ayurvédiques se sont surtout développées après 1992 dans le Kerala, sept à huit ans après ici.

B. I. : Quels conseils ayurvédiques pratiques, simples et accessibles, donneriez-vous pour améliorer le bien-être au quotidien ?

K. V. : Globalement, le stress étant la source de beaucoup de mal-être et maladies, il est important de travailler sur la détente intérieure par de la méditation, du yoga… Plus concrètement et très simplement, veillez à boire assez régulièrement de l’eau tiède, pour alléger la digestion. Mais aussi de l’eau cuivrée : l’ayurveda la considère comme anti-infectieuse, affirme qu’elle équilibre les doshas (vata, pitta, kapha) et qu’elle ralentit le vieillissement précoce. En pratique, placez de l’eau (froide) dans un pot ou une casserole en cuivre durant toute la nuit. Buvez-la le lendemain.

B. I. : En voyant le programme de votre festival de mai dernier, on peut s’étonner de trouver, aux côtés du colloque international d’ayurveda, des événements artistiques, cinématographiques, philosophiques, écologiques…

K. V. : Tout cela fait partie de l’équilibre et de l’épanouissement global de l’être humain, dont nous avons parlé plus haut. Pour célébrer les trente ans de Tapovan, c’est la santé de la Terre tout entière qui nous intéresse, et cela commence par un travail sur soi-même. Comme l’a dit récemment, avec beaucoup de courage, une dame à l’UNESCO : « Nous parlons tous de la paix, mais commençons à la maison ! »


 


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