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Chaud le béton !

Chaud le béton !

Le béton au secours des économies d’énergie ? Qui l’eût cru ? Et pourtant, ce matériau gourmand en énergie grise pour sa fabrication n’est pas sans posséder d’intéressantes qualités en matière énergétique. Ce qui intéresse les architectes, c’est évidemment la grande inertie thermique de ce matériau, tel qu’on l’utilise dans bien des bâtiments pour réaliser des dalles de sols ou des plafonds.

Une masse de béton est en effet capable d’absorber beaucoup de chaleur, ou bien de fraîcheur, et de la dégager ensuite très lentement, ce qui permet de combler une bonne partie des besoins en chauffage ou en refroidissement d’un bâtiment. Et tout cela pour un coût présenté comme équivalent à ce qui se fait ordinairement et un entretien des plus réduit.

Comme dans les églises

C’est cette faculté qui est utilisée dans la technique dite d’activation du noyau de béton, une forme de chauffage par le sol améliorée, qui s’inspire aussi des bâtiments massifs comme les églises ou les cathédrales, où il fait systématiquement plus frais en été et moins froid au cœur de l’hiver.

Dans le cas de l’activation du noyau de béton, le béton seul ne suffit évidemment pas. En pratique, la technique fait aussi intervenir un réseau de conduites d’eau lui-même relié à une installation de chauffage qui peut faire appel autant à des combustibles fossiles qu’à des technologies plus vertes comme les pompes à chaleur, les chaudières à bois ou les chauffe-eau solaires.

Régule la température

Les avantages ? Ils sont nombreux. Avec cette technique, c’est la totalité de la masse du plancher et du plafond qui est utilisée pour emmagasiner de la chaleur ou de la fraîcheur. Le stockage d’énergie peut du coup être étalé de façon régulière sur 24 heures, week-end compris, ce qui permet d’amortir les pics de chaleur ou de froid. La température intérieure évolue donc très lentement. Le système possède d’ailleurs une grande capacité d’autorégulation. Tant que la température ambiante est inférieure à celle des sols et plafonds en béton, le noyau émet de la chaleur. Dès que la pièce devient plus chaude que la masse de béton, la fonction du matériau change et la chaleur commence à être absorbée, ce qui contribue à rafraîchir l’atmosphère. Et on peut rendre cette climatisation naturelle plus efficace encore en faisant circuler au sein du noyau, en été par exemple, une eau froide à quelque 16 °C.

Autre atout : le chauffage et le refroidissement par activation du noyau de béton s’effectuent principalement par rayonnement plutôt que par convection, ce qui élimine pratiquement les courants d’air froids, les mouvements de poussières, et contribue à un plus grand confort thermique.

Économique

En mode chauffage, la technique fait également intervenir des températures très basses, moins de 30 °C, avec des économies d’énergie à la clé. Conjuguée à la géothermie, l’activation du noyau de béton permettrait même de réduire jusqu’à 90 % les frais d’énergie, et cela par rapport à un bâtiment équipé d’un système de chauffage et de climatisation traditionnel. Rien d’étonnant donc à ce que ce système connaisse un grand succès. En tout cas en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas. 

Revers de la médaille, son inertie justement, et l’absence de bouton pour augmenter ou baisser la température. Cela le rend surtout adapté aux immeubles de bureaux et collectivités. Une hausse ou une baisse de la température de 1 °C peut ainsi prendre plusieurs heures. Mais certains modèles affichent aujourd’hui des temps de réaction plus courts et se destinent clairement au secteur résidentiel. Dernier détail : avec une telle technique, pas question de forer n’importe où ! 

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