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La médecine des ventouses est de retour

La médecine des ventouses est de retour

Au même titre que la seringue ou le stéthoscope, la ventouse est une pièce maîtresse de l’histoire de la médecine. En terre, en métal ou en bambou, elle est connue depuis la haute antiquité, que ce soit par les Égyptiens, les Arabes ou les Chinois. Hippocrate lui-même l’a utilisée. Plus tard, on a fabriqué des ventouses de verre pour en contrôler les effets sur la peau. Elle a remplacé la saignée, véritable panacée au XVIIe siècle, aux conséquences néfastes et parfois funestes.

Alors que nos grands-mères se servaient encore de ces petites cloches de verre, semblables à des pots de yaourt, pour soigner nos parents, avec l’apparition de la pénicilline et des antibiotiques, les ventouses ont été reléguées au placard. Jusqu’au jour où un ostéopathe et kinésithérapeute lorrain, Daniel Henry, a décidé de les réhabiliter. Il leur a consacré deux ouvrages (voir À lire) et dispensé à des centaines de confrères et de médecins une formation leur permettant d’en faire le meilleur usage, c’est-à-dire en les posant non plus à l’intuition comme naguère, mais en fonction des méridiens, enseignés en acupuncture, et des points de blocages articulaires reconnus en ostéopathie.

Comment ça marche?

Les Anglais ont inventé les ventouses à froid, appliquées à l’aide d’une petite pompe. Les Allemands ont créé le scarificateur afin de compléter le dispositif, permettant d’extraire les secrétions congestives. Mais ce sont les ventouses à flamme, posées à chaud, qui donnent les résultats les plus probants.

La technique est fondée sur le principe de l’aspiration. On commence par insérer dans une petite cloche de verre un coton imbibé d’alcool à brûler et à l’enflammer. Puis on applique rapidement la ventouse à même la peau, sur la partie du corps à traiter, nuque, coude, épaule, genou ou tout autre point réflexe qui fait souffrir. En refroidissant, l’air chaud se contracte, forme un vide relatif à l’intérieur et produit donc un effet de succion. La peau est aspirée, les pores et les vaisseaux sanguins superficiels se dilatent, une congestion cutanée locale change son aspect et elle se couvre de points rougeâtres à violacés.

Pas d'impro avec les ventouses

Le temps de pose est habituellement de vingt minutes. Il suffit ensuite de laisser entrer de l’air en tirant sur la peau pour que la ventouse se détache facilement. « Simple, naturelle et efficace, cette méthode nécessite néanmoins beaucoup de connaissances, de rigueur, de précision et un véritable doigté », commente Daniel Henry, auquel il a été donné de poser une moyenne de 7 000 à 8 000 ventouses par an, toutes pathologies confondues, pendant quarante-cinq années.

« Les ventouses, cela ne s’improvise pas. C’est la précision de l’endroit où elles sont posées qui détermine leur efficacité. Il s’agit aussi de manier l’alcool à brûler avec une grande prudence. Si l’on fait trop vite, la flamme ne crée pas suffisamment le vide et la ventouse ne produira pas totalement son effet d’aspiration. Si l’on est trop lent, le verre est trop chaud et on brûle le patient. Cela se joue à quelques dixièmes de seconde.» Les brûlures sont, en réalité le seul souci, très rare cependant, des ventouses non scarifiées, qui ne comportent pas, a priori, de contre-indication, et qui permettent de soulager et de guérir de nombreux troubles. Leur effet le plus spectaculaire est celui qui agit sur la douleur grâce à la libération d’endorphines.

Elles aspirent la douleur et la dépression

Jadis cantonné aux affections respiratoires, le champ d’action des ventouses s’est élargi aux douleurs rhumatismales, maux de dos, lumbagos, sciatiques, migraines, névralgies, problèmes digestifs, crampes, entorses, tendinites, claquages, problèmes de peau, hypertension, et même états dépressifs. 

« Les ventouses n’ont pas fini de nous étonner », assure Daniel Henry qui a rendu ses lettres de noblesse à cette pratique ancestrale. Sur la base de trois disciplines médicales – kinésithérapie, ostéopathie et énergétique chinoise – il l’a perfectionnée en tenant compte des points d’acupuncture, l’a réadaptée à nos connaissances et à nos soins contemporains, et l’a codifiée, tout en élaborant des protocoles thérapeutiques très précis et nouveaux en fonction des différentes indications. « Le résultat, dans certaines pathologies, est exceptionnel.», assure t-il.

Pour en savoir plus
« La médecine des ventouses », de Daniel Henry, volume I (2001) et II (2010), éditions Guy Trédaniel.
www.medecinedesventouses.fr.

 

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