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4 initiatives à suivre contre le gaspillage alimentaire

4 initiatives à suivre contre le gaspillage alimentaire

Mise à jour : 23 décembre 2015. Dans la nuit de mercredi 9 et jeudi 10 décembre, les députés ont adopté une série de mesures pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Elle passera devant le Sénat au mois de février 2016.

1. Invendus mais pas perdus

Qui ? La ville d’Herstal, en Belgique.
Dans la ville belge d’Herstal (40 000 habitants), le supermarché Carrefour a fait l’objet d’une demande expresse du conseil municipal. Depuis janvier 2013, il est obligé de faire don de ses invendus à des associations d’aide alimentaire. Pour cela, la municipalité a modifié sa réglementation des permis d’environnement octroyés aux supermarchés. Quinze d’entre eux devaient la même année faire l’objet de cette même obligation. Ce qui n’empêche pas l’éco-conseiller de la ville, Philippe Desogne, de continuer à aller fouiller les poubelles des magasins pour mesurer les efforts restant à faire. « Normalement, dans ces conteneurs, il ne devrait y avoir que des invendus non consommables », déplorait-il en septembre 2013 devant les journalistes de RTL en montrant des déchets consommables...

Ce que je peux faire. Transmettre cette idée à ma municipalité ou directement aux supermarchés (la loi en cours d"examen ne concernera que les grandes et moyennes surfaces de plus de 400 m²), faire pression et proposer mon aide pour trouver une solution locale aux invendus. Tout est possible : la Ville de Paris a expérimenté en 2013 la redistribution des invendus lors du tournoi de Roland-Garros (300 kg de pain et 96 kg de fromage ont été distribués à 2 200 personnes dans le besoin).

 

2. Cuisiner les déchets

Qui ? Sonia Ezgulian. Journaliste et consultante culinaire, elle est l’auteur de deux ouvrages qui nous font regarder nos poubelles d’un autre œil. Dans « Les déchets, dix façons de les accommoder » (Éditions de l'Épure, 2012), l’auteur offre une seconde vie aux trognons de pommes, écorces d’ananas et pelures d’oignons, parés pour investir nos assiettes. « Les épluchures, dix façons de les accommoder » (Éditions de l'Épure, 2003) apprend à préparer une huile parfumée aux tiges de tomates, des tuiles de caramel à la peau de pêche ou encore des cosses de petits pois farcis. Des recettes tout en finesse qui permettent de recycler ces parties comestibles délaissées. Les livres sont publiés par une maison d’édition qui recycle elle-même ses invendus, dans une collection récompensée en 2009 par le prix de la meilleure série de livres de cuisine du Gourmand World Cookbook Awards (Éditions de l'Épure, 2003 et 2012, 6,59 €).

Ce que je peux faire. Filer aux éditions de l’Épure (25, rue de la Sablière, 75014 Paris, www.epure-editions.com) et s’inspirer des ouvrages de Sonia Ezgulian pour concocter un dîner gastronomico-écolo qui épatera votre entourage. Inutile de souligner qu’il faut particulièrement soigner la présentation, la découpe, l’harmonie des couleurs... Faites-le comme elle : façon chef !

 

3. Humour officiel

Qui ? Le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, institution à l’origine de cette campagne humoristique antigaspi, qui porte ses fruits depuis octobre 2013 grâce à un affichage en ligne. « Qui jette un œuf jette un bœuf », se plaint la vache. « Ma beauté est intérieure », dit la pomme de terre difforme, quand la poire tachée se défend « Oui, je sais je n’ai pas un physique facile. » La morale est toujours la même : « Manger c’est bien, jeter, ça craint. » Le ministère a piloté les onze mesures d’un pacte national conclu en juin de la même année pour réduire le gaspillage en France. En 2015, cette campagne a été renouvelée à l'ocasion de la COP 21. Sur le même ton, des Québécois ont créé la campagne et le site internet Sauve ta bouffe, qui donne de nombreux conseils pratiques pour ne plus gâcher.

Ce que je peux faire. Télécharger les visuels sur www.agriculture.gouv.fr, les mettre en circulation sur internet ou en façade sur Facebook. Vous voulez du plus officiel ? Le site internet de la campagne de l’ONU, « Think. Eat. Save », propose un logo à imprimer sur un T-shirt, disponible en sept langues : français, anglais, arabe, chinois... 

 

4. Supermarché du cœur

Qui ? Auchan. Les 126 magasins du groupe ont recyclé en 2012 l’équivalent de 16 millions de repas grâce à des associations caritatives, dont les Restos du Cœur. L’enseigne affirme vendre 97 % de la marchandise qu’elle achète et recycler les 3 % restant soit en dons, soit en biogaz grâce à un processus de méthanisation. Les magasins Auchan, qui ont eu une longueur d'avance sur la législation en cours d'élaboration, disposent d’un rayon self discount avec des produits en vrac et en petits conditionnements ; 42 d’entre eux proposent même un rayon vrac de produits bio. Des initiatives à saluer de la part d’un grand distributeur comme Auchan. Depuis fin 2015, des sociétés privées se lancent pour préparer l'organisation de la distribuation des invendus, bientôt obligatoire dans la grande distribution (autre exemple dans la région Nord-Pas-de-Calais). 

 

En chiffres

Un désastre mondial

Chaque Français jette 7 kilos d’aliments non consommés et encore emballés par an. Un chiffre auquel il convient d’ajouter les restes de repas, fruits et légumes abîmés, pain... qui font monter cette gabegie domestique à près de 20 kilos par an et par personne ! À nous tous, en France, nous jetterions entre 10 et 15 millions de tonnes de nourriture par an. Dans « La grande (sur-)bouffe », Bruno Lhoste et Tristram Stuart dressent un état des lieux instructif du gaspillage à l’échelle de notre pays (éd. Rue de l’Échiquier, octobre 2012). Le chiffre clé à retenir et à méditer : 20 % des denrées que nous achetons terminent à la poubelle. À l’échelle du monde, cela donne plus d’un milliard de tonnes d’aliments gaspillées chaque année. C’est ce qu’a déploré l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Dans un rapport publié le 11 septembre 2013, la FAO souligne les conséquences environnementales de ce gaspillage planétaire, mais aussi son coût économique : 750 milliards de dollars chaque année... Un gouffre. 

 

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