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Attirer les oiseaux

Attirer les oiseaux

Lorsqu’on acquiert un jardin, ou qu’on se décide à en aménager un, le premier investissement est d’ériger un mur de verdure pour se protéger des voisins. Il faut savoir qu’une haie monospécifique, uniquement composée de thuyas ou de lauriers par exemple, est un désert écologique : insectes et oiseaux ne vont pas s’y installer, surtout si elle est taillée au cordeau plusieurs fois par an.

Une haie libre

Il est bien préférable d’opter pour une haie composée de multiples essences qui échelonneront leur floraison tout au long de l’année. Et de la laisser se développer librement, en se contentant de tailler annuellement une vieille branche sur trois. Les oiseaux y trouvent de la nourriture toute l’année et peuvent y nidifier. Pour peu qu’elle soit suffisamment haute (environ 2 mètres) et dense, elle créera un havre de quiétude particulièrement apprécié d’eux.

Elle protégera également votre éden des vents et, retenant la chaleur, y créera un microclimat (même dodus et bien remplumés, les oiseaux dépensent une énergie considérable à se protéger du froid). Optez pour des essences arborant des fruits et des graines l’hiver : églantiers et aubépines, amélanchiers, baguenaudiers, prunelliers, fusains d’Europe, sureaux, symphorines, sorbiers…

Les plantes grimpantes constituent également un bon écran, apprécié des oiseaux qui s’y alimentent et y nidifient. Le lierre, la vigne vierge qui conserve ses fruits ou les bignones qui gardent leurs graines durant la mauvaise saison sont particulièrement appréciés.

Donnez du gras !

La Ligue protectrice des oiseaux (LPO) nous apprend que l’hiver, pour conserver leur énergie, les oiseaux ont essentiellement besoin de graisse. Disséminez sous le couvert de vos arbres et arbustes des boules mélangeant suif et graines, et n’oubliez pas d’implanter quelques coupelles d’eau.

 

Des fruits, des graines, des insectes

Les volatiles se nourrissent aussi de larves, de chenilles et d’insectes (les rouges-gorges, merles et chardonnerets en raffolent). C’est particulièrement vrai pendant la période de nidification. Ils constituent ainsi de précieux partenaires pour combattre les invasions de ravageurs. Au pied des arbustes, laissez donc un épais tapis de feuilles mortes, qui regorgera de micro-organismes. L’hiver, laissez ouvert votre compost, il fera office de mangeoire. Si l’un de vos arbres meurt, conservez son chicot : c’est l’endroit préféré des insectes et donc des oiseaux. À défaut, laissez dans le fond du jardin un fagot de vieilles branches. Et surtout, évitez de recourir aux herbicides et insecticides. 

 

Les conseils d'un spécialiste

Biodiversité maximale

Pascal Garbe est responsable des jardins au conseil général de Moselle. Il a transformé les vergers de Laquenexy, à quelques kilomètres de Metz, en un jardin d’agrément et pédagogique.

« Les naturalistes doivent avant tout éviter de recourir aux produits chimiques de synthèse. Il faut offrir aux oiseaux une biodiversité maximale et ne pas tailler trop tôt ni trop souvent ses sujets. Ici, nous avons structuré nos massifs avec des arbustes arborant des fruits, tels de petits pommiers ornementaux. Nous y avons implanté de nombreuses graminées et nous les avons mariées à de hautes plantes vivaces que nous laissons sécher sur pied l’hiver. Les boules de knautias et les marguerites des échinacées ponctuent ainsi joliment de brun les plates-bandes. Les tournesols constituent de véritables mangeoires tout au long de la mauvaise saison. Au potager, nous laissons monter en graines quelques pieds de carotte ou de fenouil. Et aux pieds de nos fruitiers, nous tolérons les herbes dites “mauvaises” dont les insectes se régalent. »

 

À lire sur notre site : Un toit pour les abriter 

 

 



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