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L’éco-construction par-dessus les frontières

L’éco-construction par-dessus les frontières

Quand on est voisin et que l’on partage les mêmes centres d’intérêt, quoi de plus logique que de s’associer ? Qu’importe si une frontière vous sépare. C’est ce qu’ont fait les cinq associations à l’origine d’un projet Interreg IV qui vise à faire rimer éco-construction et éco-développement, et qui rassemble citoyens, professionnels et élus de la communauté de communes des Crêtes préardennaises et de la région belge de la Fagne-Famenne.

« Nous étions tous actifs dans les mêmes domaines et, au fil de conférences et des formations auxquelles nous assistions, nous avons fini par avoir l’idée de déposer un projet commun », explique Benoît Remy, l’un des initiateurs belges de cette initiative transfrontalière baptisée Les Pieds sur terre. « Nous sommes partis avec l’idée de développer l’éco-construction au sein de ces trois régions, mais dans une optique citoyenne. Nous avions déjà pu juger de l’importance d’impliquer les gens dans un projet au travers des éoliennes citoyennes de Vent d’Houyet, auquel nous
avons participé. Mais développer l’éco-construction ne suffit pas. Nous voulons aussi promouvoir l’éco-habitat par un accès plus aisé à un logement de qualité, et l’éco-développement ! C’est un de nos objectifs : dynamiser le tissu économique de ces régions autour des artisans, des architectes ou des agriculteurs. Nous avons un bel exemple du côté belge avec les Argilières Hins de Saint-Aubain, qui est la seule entreprise d’extraction de terres en Belgique et qui ne demande qu’à se développer ! »

Parler la même langue…

Ce projet, qui a reçu le soutien de différents pouvoirs publics (Fond Interreg, Région wallonne, région de Champagne-Ardenne…), n’en est pas encore là. Mais depuis un peu plus d’un an, un sacré travail a été accompli par ses promoteurs.

Une des premières étapes a été de réunir architectes, artisans et professionnels de la construction autour d’une même table pour créer un dialogue, comme nous le confie Benoît Remy. « Ce sont des professions qui souvent ne se parlent pas en amont, mais seulement quand les plans sont déjà réalisés, ce qui entraîne parfois certains problèmes. Nous avons voulu les réunir et ça se passe très bien. Il y a une sorte de culture commune qui est en train de se créer de part et d’autre de la frontière en matière d’éco-construction. »

Dans la foulée, des journées de formations et des ateliers ont été organisés avec des thèmes allant des enduits d’argile à la construction en ballots de paille, en passant par les toitures végétales ou l’épuration des eaux.

La sensibilisation du grand public à l’éco-construction n’a pas été oubliée non plus. Trois numéros d’un magazine ont déjà été publiés, ainsi qu’une série de fiches techniques et didactiques sur l’éco-construction. « Nos partenaires français organisaient également depuis pas mal d’années un salon biennal du Patrimoine. Nous avons pris la décision d’en organiser un chez nous une année sur deux. Le premier a eu lieu à Mesnil-L’Église, sous la forme d’un parcours ouvert à tous. Nous avons par exemple organisé des ateliers participatifs durant lesquels le public pouvait rénover l’enduit en terre d’une vieille bâtisse. Il y a tout de même eu un peu plus de mille personnes sur les deux jours ! »

Éco-construire pas cher

Tout ce travail préparatoire devrait déboucher, fin 2012, sur la conception de deux nouveaux éco-hameaux, un de chaque côté de la frontière. Leur construction proprement dite devrait s’effectuer quant à elle lors d’une phase ultérieure. « Nous avons tout récemment déposé notre candidature à un deuxième appel à projet, pour pouvoir notamment entamer la réalisation de ces deux éco-hameaux. Avec Terre Académie, nous souhaiterions aussi développer l’aspect formation, par exemple auprès des centres de formations, des écoles… Nous ne pouvons pas rester avec un petit groupe de quatre ou cinq artisans ou architectes comme c’est le cas maintenant. » 

Enfin, un des objectifs de ce projet commun devrait intéresser bon nombre de candidats bâtisseurs, quelle que soit la région où ils habitent. « Un des grands obstacles de l’éco-construction, c’est le prix. Nous allons donc essayer de mettre au point des techniques de construction qui permettent d’abaisser les coûts. Il faudrait pouvoir construire des maisons relativement simples, avec des matériaux sains, peu coûteux mais aussi faciles à mettre en œuvre. Peu nécessiteux en main-d’œuvre donc. Notre idée est de partir de ce qu’un ménage peut rembourser chaque mois et de voir quelles techniques développer pour rentrer dans cette enveloppe. » Une petite révolution est peut-être en train de naître entre Crêtes préardennaises et Fagne-Famenne. 

 

Les acteurs du projet

Vent d’Houyet a fait de l’éolien citoyen son cheval de bataille.

Agence locale de l’énergie 08 (Ardennes) assure la promotion des énergies renouvelables. Fournisseur d’électricité verte (Énercoop).

Terre Académie anime un centre de formation et de sensibilisation aux techniques de l’éco-construction, notamment au travers de son bâtiment pilote.

Éco-Territoire (Ardennes), association de promotion des circuits courts, à la
base également de maisons pilotes éco‑construites.

Nature & Progrès, mouvement d’éducation permanente (jardinage bio, éco-construction..). Chargée du volet média et communication du projet.

 

Infos 
www.ecocc.eu
Tél. : +32 (0)82 66 75 32

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