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Sans couches? Chiche!

Sans couches? Chiche!

(Mise à jour : 15 février 2016.)
Comme de nombreux bébés, Ael, 1 an, porte une couche sous sa salopette. Pourtant, au retour de la maternité, Claire, sa maman, a choisi de ne plus lui en mettre, ou le moins possible. « Il se sent mieux sans couche, mais ça reste plus pratique quand on n’est pas à la maison. » Claire fait partie de ces parents prônant une autre prise en compte de l’acquisition de la propreté. L’idée : détecter les besoins d’élimination de son enfant afin de lui proposer le pot à temps. Pour Claire, cette vigilance sur laquelle repose la pratique de l'hygiène naturelle infantile (HNI), s’est installée naturellement : « J’ai essayé avec mon premier enfant quand il avait six mois : le premier jour, il a fait pipi partout et ça m’a désespérée. Mais j’ai gardé ce sens de l’observation parce que j’utilisais des couches lavables qui ne sont pas étanches longtemps. »

Pas de couches, mais plus d'attention

Pourquoi regarder bébé macérer dans sa couche quand il pourrait être au sec tout de suite, sans attendre d’être changé ? Comme pour le sommeil ou la faim, les bébés sont conscients de leurs besoins et naissent avec les moyens de les exprimer, de la subtile grimace aux pleurs, pas forcément plus évidents pour les parents. « En répondant à l’enfant qui signale son envie d’uriner, on renforce ce signal et son utilisation. Les couches le privent du contact avec cette conscience de son corps », souligne Sandrine Monrocher-Zaffarano, auteur de « La vie sans couches » (éd. Jouvence, 2005), un ouvrage réédité en 2010.
Les pédiatres s’accordent à dire que la maturité des sphincters est atteinte vers 18 mois, âge à partir duquel ces professionnels recommandent de démarrer l’apprentissage de la propreté. Mais l’expérience montre qu’avant cet âge, un bébé est capable de se retenir, ne serait-ce que le temps de lui dire « Attends, on va aux toilettes. » Verbaliser est une étape importante car elle invite l’enfant à se laisser aller une fois au-dessus de la cuvette. « D’ici quelques mois, je pourrai pratiquer le langage des signes avec Ael pour échanger avec lui », confie pour sa part Claire, qui trouve que ce mode de communication complète bien la pratique. Aux États-Unis, l'hygiène naturelle infantile se traduit d'ailleurs par Elimination Communication.

Parents-enfant en tandem

Pour autant, le décryptage des mimiques n’est pas toujours facile. Comment pratiquer une hygiène au naturel qui ne complique pas le quotidien ? « Vers trois mois, il a commencé à émettre un petit cri juste avant de faire pipi, c’est vite devenu un point de repère », se souvient Claire. « Tout petit, je le faisais faire dans le lavabo de la salle de bains ou dans une bassine, à côté du lit. » Un investissement de tous les instants que la bulle du congé maternel facilite : « C’est plus simple de commencer dès la naissance parce qu’on bouge peu, on est très centré sur lui. »

Si l’approche exige de la disponibilité, un parent qui travaille pourra retirer la couche après la crèche le soir, jusqu’au coucher. « Il y a aussi des besoins systématiques, faciles à repérer comme le pipi après la sieste », note Christina, à l’origine du réseau d’information Ecopitchoun. L’essentiel étant de donner du sens à la démarche et d’accepter les ratés. « C’est une pratique minoritaire, qui isole. Les parents qui veulent essayer n’ont pas toujours le soutien de l’entourage.» Ecopitchoun leur propose des petits pots ergonomiques et des ateliers pour partager les astuces. 

Vers l’autonomie

Le défi est exigeant et questionne le choix éducatif de ces couples. Pourquoi se lancer dans pareille aventure quand on sait que la propreté sera acquise, tôt ou tard ? Notons que les « bébés HNI » sont généralement continents vers 2 ans, âge auquel les porteurs de couches commencent à apprendre la propreté.

Claire et son mari, ostéopathe, partagent cet intérêt pour l’aspect corporel du développement. Pour eux, c’est une vraie connexion à l’enfant, mais pas question d’en faire une obsession : « Attention au package “maman nature” : j’allaite mon bébé, je le porte en écharpe, je communique par signes avec lui et pratique l’HNI. » Avant d’être une question de couches, l’hygiène naturelle infantile est une question de relation. Celle que le bébé développe avec ses propres ressentis autant que celle que les parents vont tisser avec lui pour encourager cette autonomie.
Loin de vouloir imposer précocement la propreté à leur enfant, les parents qui optent pour l'hygiène naturelle infantile voient au contraire le respect d’un rythme naturel : « Ce n’est pas un apprentissage qu’on leur ajoute, c’est une capacité qu’ils ont déjà et qu’on leur rend. » La démarche témoigne d’une parentalité qui s’interroge et redéfinit ses contours, en même temps que ceux de la société. Face au souci écologique mondial et à la nécessité économique des familles, grandir sans couches reste une expérience alternative... et culottée pour faire ses premiers pas dans le monde.

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