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Savon à froid : l’avenir est dans la tradition

Savon à froid : l’avenir est dans la tradition

Bio Info : Pourquoi avoir choisi de faire de la saponification à froid votre métier ?

Franck Peiffer : Lors d’un séjour en Inde, il y a quelques années, j’ai utilisé de vrais savons ayurvédiques indiens. Avec Philippe, cofondateur de Gaiia, nous voulions importer ces savons en France. Après pas mal de recherches, nous avons découvert le mode originel de fabrication du savon : la saponification à froid. Nous avions l’impression d’avoir touché le Graal : enfin un vrai savon surgras, doux et riche en glycérine naturelle ! Nous avons décidé qu’il était temps de proposer cette alternative naturelle et saine face aux détergents à base d’ingrédients pétrochimiques. Choisir ce métier et créer Gaiia fut donc, dès le départ, une démarche aussi qualitative que militante.

Rudy Barbiot : Ce sont les « fesses rouges » de mes enfants et mes mains gercées chaque hiver qui ont été le point de départ. Dès que nous avons utilisé nos savons à froid, mes filles et moi-même n’avons plus eu de problèmes de peau. J’avais pourtant du mal à croire, au départ, qu’un produit aussi naturel et simple pouvait être plus efficace que des savons classiques de grandes marques. J’ai voulu en faire mon métier parce que la vie est courte : il faut profi- ter du temps pour faire partager ce que l’on aime ! Et aujourd'hui, c’est un plaisir de voir que les habitudes de consommation changent.

B. I. : Quelles sont les difficultés de votre travail ?

F. P. : La plus grande est de faire connaître ce magnifique procédé de fabrication à un public habitué aux détergents liquides. Mais les gens se sensibilisent lentement, notamment grâce à des associations. La récompense, c’est qu’une fois qu’un savon à froid est testé, il est adopté !

R. B. : Ce qui est difficile, c’est d’intégrer dès le départ tous les aspects de la réglementation cosmétique dans l’apprentissage et dans tous les aspects inhérents à la production et à la commercialisation. Le savon est un artisanat assez encadré. À cela s’ajoute la difficulté de se faire connaître du public. Mais on y arrive !

B. I. En quoi votre savon est-il réellement différent d’un savon industriel, naturel ou bio ?

F. P. : Je vois les savons à froid comme des soins lavants. Nos savons sont pleins de glycérine naturelle, ils préservent le film hydrolipidique de la peau. Les savons durs industriels, parfois aux fausses allures naturelles, sont plus décapants et contiennent souvent des ingrédients polémiques pour la santé et l’environnement. Et je ne parle pas des graisses animales comme le sodium tallowate, utilisées en premier ingrédient par de grandes marques sans que le consommateur en soit informé. Les savons bio quant à eux ne sont pas forcément plus doux ni plus riches en glycérine. Un savon saponifié à froid allie pour moi tradition et futur du savon, car tous les aspects du produit sont plus durables et plus qualitatifs.

R. B. : Le savon saponifié à froid est utilisé depuis des millénaires, il a fait ses preuves. Plus de glycérine dans le produit fini assure plus de douceur. La fabrication en elle-même est plus respectueuse des ingrédients et de l’environnement. Nous chauffons peu les huiles et peu de temps. Il n’y a pas de rejet de produits ou de déchets. On utilise aussi très peu d’énergie. En outre, chez Olila, nous n’utilisons pas d’huile de palme, souvent présente dans les savons, et notre main-d’œuvre est 100 % locale.

B. I. : En une phrase, quel est votre souhait pour l’avenir ?

F. P. : Que le monde prenne enfin conscience que l’accumulation de produits synthétiques et pétrochimiques sur la peau et dans l’environnement n’est absolument pas anodin.

 R. B. : Continuer à voir l’air émerveillé des enfants et des adultes lorsqu’ils sentent et essaient nos savons !

 

Infos : savons Gaiia ; savons Olila.

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