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Le point sur la pierre d'alun

Le point sur la pierre d'alun

La pierre d’alun, nommée dans la nomenclature INCI Potassium alum, fait partie des ingrédients cosmétiques autorisés par Écocert pour l’obtention du label Cosmétique Écologique et du tout nouveau label COSMOS Natural, lancé début 2014. Présumée naturelle la pierre d'alun n’existe cependant pas à l’état brut dans la nature. Certes, elle peut provenir de certaines roches, qui en contiennent naturellement : l’alunite, source traditionnelle de pierre d’alun, l’alum-K (sources plus rares) et la kalinite (ou kalunite), encore plus rare.

Mais il est souvent nécessaire, après extraction minière, de séparer les minéraux et de les faire recristalliser pour obtenir une pierre d’alun « pure », se présentant comme un cristal, transparent ou presque. Rien de bien écologique, donc, dans cette pierre utilisée jadis pour fixer les couleurs des textiles et tanner les peaux, surtout quand on connaît les conditions de travail dans les mines et les pollutions qu’elles génèrent !

La pierre d'alun est obtenue en laboratoires

Mais la pierre d’alun de potassium peut aussi être recréée à bas coût autour des mines polluantes d’aluminium, notamment en Chine, à partir de la bauxite, ou très simplement en faisant réagir de l’acide sulfurique, de l’hydroxyde d’aluminium et du sulfate de potassium. Il en ressort après évaporation une poudre blanchâtre, un sulfate double d’alun, qui est ensuite passée au four pour se refondre en un bloc, généralement d’un blanc opaque du fait de la présence d’hydroxyde d’aluminium. Ce type d’origine est facilement décelable dans le produit fini, généralement opaque et blanchâtre.

« La mention seule de Potassium alum ne garantit donc pas l’origine ‘naturelle’ ou purement chimique du produit », déplore Emmanuel Bardin, directeur d’Allo’Nature, qui commercialise une pierre d’alun réalisée à partir de kalunite.

D’autant qu’il existe même une pierre d’alun d’origine pétrochimique ! En effet, à partir de déchets de l’industrie du nylon, et plus précisément le caprolactame, un sulfate d’ammonium, on obtient de l’ Ammonium alum, une autre « pierre d’alun », parfaitement artificielle puisqu’elle n’existe pas dans la nature. « Elle est pourtant autorisée dans le référentiel BDIH ! », affirme Emmanuel Bardin. Mais pas dans le référentiel cosmétique d’Écocert.

Innocuité incertaine

Qu’elle soit de potassium ou d’ammonium, l’innocuité de la pierre d’alun fait de toute façon toujours débat. Il semblerait que l’ammonium d’alun puisse se compor­ter de la même façon que les chlorhydrates d’aluminium présents dans les autres déodorants, franchissant la paroi cutanée et passant dans le sang : les pierres en Ammonium alun seraient donc à éviter.

La pierre d’alun naturelle ( Potassium alun), selon les études menées par Écocert, n’émettrait au contact de l’eau que des composés chimiquement stables, ne permettant pas à l’aluminium de pénétrer dans l’épiderme. Néanmoins, « il faut rester prudent », rappelle l’Association santé environnement France (ASEF), qui regroupe quelque 2 500 médecins, « car à ce jour, aucune étude scientifique sur la pierre d’alun naturelle n’a montré son innocuité ou sa toxicité ». L’Agence nationale de santé et du médicament (ANSM) a d’ailleurs demandé que des études complé­men­tai­res soient menées pour mieux connaître le comportement de cette pierre, qui n’a pas encore fini de faire parler d’elle…

Arguments

Plus de 5,8 % d’aluminium !

Des inconnues demeurent sur les pierres en Potassium alun. En effet, celle des laboratoires OSMA (réalisée à partir d’alunite) contient par exemple 5,8 % d’aluminium. Selon une étude du fabricant, disponible sur son site (www.laboratoiresosma.com), l’alun déposé sur la peau en contiendrait moins de 0,6 %, soit le seuil maximal à ne pas dépasser selon les recommandations de l’Agence nationale de santé et du médicament (ANSM) en 2011 ! C. D.


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