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UV artificiels : du cancer en cabine ?

UV artificiels : du cancer en cabine ?

On le sait tous, plus particulièrement en hiver : le soleil, outre le teint hâlé qu’il nous donne, est un excellent anti-déprime. Il aide à synthétiser la vitamine D et donc à solidifier les os, améliore l’acné et les maladies de peau comme le psoriasis et, même, tue les microbes. Tous ces bienfaits ont conduit à développer, dès la fin des années 1970, des lampes à ultraviolet visant à reproduire les rayons du soleil. Oui mais voilà, depuis les années 1980, le nombre de cancers de la peau a triplé. Et, pour de nombreux médecins, cette augmentation serait plus liée à la généralisation des cabines et des lampes à bronzer délivrant des UV artificiels qu’à l’exposition solaire…

Des UV que l’on sait cancérogènes…

Dès les années 1990, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait, sur la base de nombreuses études scientifiques, que l’exposition au soleil était dangereuse pour la santé : on lui doit le cancer de la peau, mais aussi des affections oculaires comme la cataracte ou la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Depuis 2009, la pratique du bronzage artificiel, après avoir été longtemps considérée comme inoffensive, est elle aussi classée à haut risque. Au Brésil, les cabines UV ont été interdites en 2010. En France, l’interdiction, hors usage médical, est préconisée tant par l’Académie de médecine que par le Sénat.

Mais le Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine (SNPBC), qui représente plus de 20 000 professionnels et 230 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, fait de la résistance : dans son livre blanc « UV naturels ou en cabine, ennemis pour qui ? » paru en 2010, il n’hésite pas à vanter les mérites de l’exposition aux UV qui « contribue à la production d’endorphine B par l’organisme » et « crée un sentiment de bien-être et procure plaisir, calme et sérénité ». Tout en réaffirmant qu’elle ne présente « aucun risque pour la peau ».

… mais des cabines labellisées !

Pour mieux défendre les intérêts des professionnels, le SNPBC a participé à la création de l’Institut français soleil et santé (IFSS), présidé par un dermatologue, le Dr Philippe Meyran. Cet institut décerne un label, Soleil et Santé, aux cabines qui souscrivent à sa charte et procèdent à des « diagnostics solaires ». En 2012, le syndicat a même fait installer des cabines UV dans les vestiaires des stades afin que les milieux sportifs (foot, natation) en fassent la promotion !

Mais dans le même temps, l’Institut national du cancer (INCA) avançait des chiffres éloquents : en 2011, en France, de 100 à 350 cas de cancers de la peau, dont 19 à 76 mortels, sont directement imputables à l’utilisation de cabines UV. Des chiffres contestés par le SNPBC, tout comme le rapport sénatorial de la Mission d’information sur les actes à visée esthétique rendu public en juillet 2012, selon lequel « l’exposition aux lampes UV […] n’entraîne aucun bénéfice pour la santé : elle ne prépare pas la peau au soleil, ne permet pas ou très peu la production de vitamine D et entraîne un vieillissement cutané prématuré ».

En 2012, plus de 8 millions de Français ont bronzé en cabine, convaincus de préparer leur peau au soleil en toute sécurité. S’agissant de cancer, une telle controverse ne devrait-elle pas nous inciter à plus de prudence ?

 

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