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Notre gaspi quotidien

Notre gaspi quotidien

Nous voici depuis l’an dernier avec une nouvelle date à notre calendrier national : la Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. Vous trouverez sur notre site un tas d'initiatives à suivre pour faire votre affaire personnelle de cette lutte engagée par les pouvoirs publics.

Moi-même, je me suis attelée à la tâche de calculer mon gaspillage mensuel... puis de le comparer avec l’expérience de voisins ou d’amis. Lors d’une de ces discussions passionnées autour de nos ordures ménagères, les profils types des aliments qui terminent le plus facilement à la poubelle sont apparus. Nous sommes finalement arrivés à cette conclusion cynique que certains sont plus « jetables » que d’autres. Les produits industriels, en l'occurence.

En effet, les aliments lynchés sont rarement les bons légumes biologiques, qui ont été cultivés avec amour dans la terre de nos régions avant de faire notre bonheur sur les étals de marché... Pour ceux-là, on donnerait quelques heures de cuisine à l’improviste, une soirée s’il faut... Tout pour ne pas les voir pourrir. Les aliments qu’on laisse traîner, au contraire, sont ceux dont les étiquettes nous ont vanté des mérites qu’ils n’avaient pas, auxquels on a voulu croire, et qui – déception – se sont avérés bien loin de produire sur nos papilles l’effet promis. Terrines en boîte, fromages à tartiner, charcuterie nitritée aux accents de Sud-Ouest, guacamoles industriels... Flatteurs, mais menteurs. 

Les délaissés sont souvent aussi des produits emballés, dont nous n’avons pas pu contrôler la quantité au moment de les acheter. Yaourts par dix au prix de quatre, lots de bananes sous plastique, soupes en briques d’un litre... Troisième caractéristique : on jette aussi plus souvent les denrées dont il est impossible de connaître la provenance, dont on ne connaît rien du procédé de fabrication... Difficile d'aimer ce qu'on ne connaît pas : je parle de ces produits derrière lesquels on ne peut imaginer que des machines et des blouses blanches anonymes. Les aliments que l’on jette avec le moins d’états d’âmes sont ceux qui nous apportent le moins de bonheur. Pas ceux qui nous ont apporté cette joie enracinée dans la conscience d’être le maillon final d’une chaîne faite de mains d’hommes et de terre.

Est-ce une raison pour jeter ? Aucunement, mais on peut poser la question à l’envers : cette nourriture-là est-elle si respectable pour que tant de Français osent la gaspiller ainsi à hauteur de plusieurs dizaines de kilos par an?

En faisant le bilan de nos gâchis quotidiens, nous n’avons fait que préciser le constat. Sans oublier d’y ajouter la part de négligence dont il faut se reconnaître responsable (manque d’organisation, préparation de quantités trop importantes...), il faut s'interroger sur les raisons inconscientes qui nous poussent à jeter autant aujourd’hui, nous qui pourtant sommes nombreux à avoir appris à terminer notre assiette par respect envers ceux qui ont produit la nourriture et pour ceux qui en manquent. 

On aime ce qu’on connaît, on aime ce qui est vivant... Je suis convaincue qu’au-delà des astuces délivrées pour apprendre à conserver et cuisiner les restes, la lutte anti-gaspillage commence dans le cœur. En cette période de scandales alimentaires, il est intéressant d'évaluer notre niveau de respect réel, notre degré d’estime spontanée pour la nourriture. Notre degré d’amour, car c’est de cela qu’il s’agit.

La Journée nationale anti-gaspillage est une occasion de s’interroger sur notre rapport à cette nourriture. Sur les choix que nous faisons. D’un côté, on reproche au bio d’être plus cher, d’un autre on consacre près de 20 % de notre budget alimentaire à nourrir nos poubelles... Voilà qui laisse une sacrée marge de manœuvre pour remettre la nourriture à sa juste place.

 

À lire sur notre site : 

Alimentation bio : mieux s’approvisionner à prix modéré


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