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Souffrance animale à Alès : l'abattoir abattu

Souffrance animale à Alès : l'abattoir abattu

Suite à la diffusion mercredi 14 octobre d'images d'enquête à l'abattoir d'Alès par l'association L214 montrant les souffrances sévères infligées à des bovins, cochons, moutons et chevaux, et pointant des risques sanitaires associés aux pratiques de l'abattoir, le maire d'Alès Max Roustan "ému par ces images"  a annoncé par voie de communiqué la "fermeture immédiate à titre conservatoire de cet établissement" ainsi que "le lancement d'une enquête administrative interne sur d'éventuels manquements aux normes d'abattage des animaux".

Une victoire pour L214 et les 40 000 personnes qui ont signé sa pétition, mais qui soulève de nombreuses questions sur les responsabilités. L214 note d'abord que la commune d'Alès, "en tant qu'exploitant de l'abattoir régional, porte la responsabilité des pratiques qui s'y déroulent quotidiennement".

Responsabilités multiples

Autres responsables, selon l'association, les vétérinaires impliqués dans les abattages. "L214 relève que les services vétérinaires corroborent la non-conformité des pratiques ayant lieu à l'abattoir d'Alès et interroge l'action quotidienne des vétérinaires officiels en place dans l'abattoir. La réglementation exige la présence d'un vétérinaire au sein de chaque abattoir et lui confère la responsabilité d'intervenir immédiatement en cas de manquements : que font les représentants de l'État en place au sein de l'abattoir ?"

Dans un autre communiqué de presse publié mercredi, la préfecture du Gard indiquait en réponse que l'État avait relevé certaines infractions lors d'un contrôle de la DDPP le 4 septembre et en avait notifié l'abattoir d'Alès par une mise en demeure en date du 22 septembre. Mais les souffrances infligées couramment aux animaux peuvent-elles souffrir les longs délais imposés par l'administration?

Une opacité totale

"Derrière les murs des abattoirs règne une opacité des plus totales", note Brigitte Gothière, cofondatrice de L214. Cette association, en pointe dans la dénonciation de la maltraitace animale, pousse son combat plus loin puisque, pour elle, la solution consiste à cesser de consommer des animaux. "Nous sommes attachés à rappeler que tous les abattoirs sont des lieux de mort violente et de détresse pour les animaux : la seule véritable justice qui puisse leur être rendue est de cesser de les consommer."  Un point de vue utile au débat qui s'impose de façon urgente pour mettre fin aux pratiques barbares encore acceptées dans la filière agro-alimentaire.

 

À lire aussi, le livre du journaliste Franz-Olivier Giesbert, "L'animal est une personne, pour nos soeurs et frères les bêtes" (2014), sur les coulisses des abattoirs en France, entre autres.

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