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André Caudron, passeur de simples

André Caudron, passeur de simples

C’est un cadeau d’anniversaire en forme d’hommage qu’a reçu le professeur André Caudron pour ses 94 printemps. Le 2 avril, ce spécialiste de la phytothérapie a assisté à la projection en avant-première du documentaire que lui a consacré Daniel Schlosser, « Un héritage en herbes » (lire l’encadré), à Grande-Synthe (Pas-de-Calais).

Frêle silhouette voûtée par le poids des années, André Caudron n’a rien perdu de ses talents d’orateur. Face au public, il s’émerveille des malices de la nature, tout en fustigeant les « charlatans » et les tenants de la « cafouillothérapie », qui ne précisent ni la variété d’une espèce, ni ses incompatibilités.

Le cofondateur de l’École des plantes de Bailleul (1991), dont l’ami, Jean-Marie Pelt, fut aussi le directeur de thèse, n’aime rien tant que partager la passion qui l’anime depuis soixante-dix ans : la flore médicinale. « À 24 ans, j’étais docteur en pharmacie, mais je ne savais rien des plantes ! Le père Édouard, un vieux monsieur de 90 ans, dont la pépinière était à vendre depuis sept ans – il demandait de n’y jamais faire entrer un produit chimique – m’a appris comment les végétaux se défendaient naturellement. » Celui qui a tenu une officine de pharmacie et un laboratoire à Calais, où il a travaillé pour le service de pédiatrie, fut également professeur à l’Institut supérieur d’agronomie et à la faculté de pharmacie de Lille.

Plusieurs milliers 
de formules

 Auteur de nombreux ouvrages, André Caudron a composé plusieurs milliers de formules destinées à la phytothérapie. « Il est rare de rencontrer quelqu’un qui a cultivé, étudié les principes actifs et émis des formules thérapeutiques », témoigne Tania Watripont dans le film. Elle fait partie des nombreux élèves de l’école de Bailleul que l’intarissable professeur a passionnés. « Généreux, André Caudron a ce supplément d’âme qui explique qu’il ait fait tant de petits », souligne une autre élève, Élisabeth Busser, docteur en pharmacie, qui a depuis ouvert l’école de naturopathie Plantasanté, dans le Bas-Rhin.

Avant d’être victime d’un AVC en 2013, cet infatigable passeur animait encore les visites guidées des deux jardins botaniques qu’il a créés, à Grande-Synthe et Ardres. Il y divulguait les secrets de la pétasite, toxique mais dont les racines sont utilisées contre les allergies, du millepertuis, remède aux brûlures, de l’Echinacea, antivirale, ou encore de l’Onopordum acanthium, dont il a découvert les vertus contre le vieillissement de la peau, utilisée depuis en cosmétique. « Il n’y a pas de mauvaises herbes, seulement des plantes qui n’ont pas encore été étudiées ! »

 Depuis 2013, l’association Circea, du nom d’un autre végétal étudié par André Caudron, a pris le relais des visites, animées par des pharmaciens et des botanistes. « Nous voulons préserver le savoir du professeur et le faire connaître », souligne Murielle Delattre, présidente de l’association. Les graines semées ont germé.

Maison de la Nature : 
62610 Ardres, tél. 03 21 82 89 27.
Association Circea : tél. 06 83 01 01 97, 
jardinsdeplantesmedicinales@gmail.com.

 

Un film
En images à partir de mai 2014
Pendant dix ans, de 2004 à 2014, Daniel Schlosser, documentariste, a suivi l’attachant professeur Caudron dans ses visites guidées aux jardins, dans ses cours de phytothérapie à l’École des plantes de Bailleul, en Suisse, chez son amie Germaine Cousin-Zermatten, qui a mémorisé les remèdes de ses ancêtres, ou chez lui, en famille. Son film témoigne de l’œuvre de transmission du phytothérapeute. « Un héritage en herbes » sera diffusé le 16 mai 2014 à 19h30 sur la chaîne régionale Weo. Au-delà, ce documentaire de 52 minutes produit par Les Docs du Nord et Télés Nord-Pas-de-Calais sera visible en consultation libre sur la plateforme www.wikinorpa.com. Il pourrait bien connaître une seconde vie en festivals. C. L.

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