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Énergies d’avenir

Énergies d’avenir

Voir la « Vague » d’Hokusai, en vrai, c’est déjà impressionnant. Après la catastrophe de Fukushima, ça l’est encore plus. L’exposition consacrée à Paris au célèbre illustrateur ne fut pas la seule à mettre le Japon à l’honneur en 2014. Le pays du Soleil Levant a marqué la mode, les arts, la cuisine… Il marque à présent notre dernier numéro de l’année, grâce à un voyage de Clara Delpas sur le lieu de la catastrophe, trois ans et demi après.

« La Vague de Kanagawa », sous son verre de protection dansune salle sombre du Grand Palais, m’a rappelé la crainte que connaissent depuis toujours les habitants de ce pays insulaire, soumis aux caprices de la nature, et à présent à ceux de leur lobby nucléaire. À la gestion kamikaze de leur État, noyauté comme le nôtre par les tenants du nucléaire. Car la vague de Fukushima est bien arrivée jusqu’à nous – via la contamination des océans et des denrées qui en sont issues.

Une catastrophe comme celle-ci aurait dû non seulement raviver les craintes, dont la violence de certaines manifestations est le reflet maladroit, mais aussi aider nos gouvernants à lever l’omerta qui règne sur notre politique nucléaire à nous, unique au monde. Il n’en est rien. Les « nucléocrates », comme les appelle l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, se comportent avec la sécurité de nos centrales comme les dignes successeurs des Pierre Pellerin et autres professeurs au CV long comme le bras, souvent proches d’EDF, qui ont caché aux Français les conséquences de Tchernobyl...

Chez EDF, noyau dur du lobby chargé de défendre les enjeux financiers de cette industrie, la retraite à 60 ans, on n’en veut pas… sauf pour les centrales ! À tout prix. Sur la sécurité, la gestion des déchets ou la santé des personnes habitant près des installations, la transparence attendra.

A-t-on des projets dans les énergies renouvelables ? Oui, mais on comprend que la manne n’est pas immédiatement prête à retomber. Il y a pourtant des intérêts à développer, des recherches à mener, des expériences à faire, et pas seulement à perte, comme essaient de nous le faire croire les tenants du tout nucléaire. Mais les énergies renouvelables ne s’accomoderont pas de la gestion étatique et centralisée de l’énergie que nous avons connue.

Les énergies renouvelables sont un avenir tout à fait acceptable, comme l’affirment de plus en plus d’experts, mais pas sur un mode ancien. Ce serait trop facile.

Au lieu de fairede la science-fiction en imaginant des parcs géants d’éoliennes ou des usines à panneaux solaires chargées de produire de l’électricité pour des régions entières, écoutons plutôt Jeremy Rifkin. L’énergie de l’avenir passera par une relocalisation et une gestion « intelligente » des installations grâce au numérique. En clair aussi, par la fin des monopoles. Plus tard, dans les manuels d’histoire, je suis convaincue qu’on apprendra que Rifkin aura été l’un des premiers penseurs de ce siècle à voir les signes de cette « troisième révolution industrielle » qui nous attend, en même temps qu’à initier une réflexion valable pour mener à biencette transformation. On n’a pas vraiment à être d’accord ou pas, en réalité.

Il est évident que nous allons laisser derrière nous la fourniture d’énergie nucléaire. Passera-t-elle par les éoliennes ? La méthanisation ? Les biocarburants ? Le solaire ? Concernant les premières, elles sont tellement laides dans le paysage que j’ai du mal à croire en leur avenir. Mais là n’est pas la question.

Pendant qu’EDF fait barrage, et on le comprend, commençons par regarder les énergies du futur sous le bon angle.

 

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