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Culture et cueillette de plantes aromatiques

Culture et cueillette de plantes aromatiques

Il ne lui faut pas grand-chose : un carré de terre et une paire de baskets. Sinon de la nature, du vert, des promenades… Fanny Vasseur a fêté en avril le premier anniversaire de son entreprise de production et transformation de plantes aromatiques et médicinales. Une structure créée après trois ans d’IUP Environnement et Aménagement du territoire à Marseille, complétés par une année passée dans les montagnes du Gapençais, un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BPREA), plusieurs stages, en maraîchage et chez des producteurs de plantes aromatiques, et enfin un passage à l’École lyonnaise des plantes médicinales. « Je voulais être sur le terrain, pas dans un bureau », explique la jeune entrepreneuse.

Sur les terres labellisées du Germoir

Pour se rendre chez Cueillette nomade, il faut prendre la route de Saint-Pol, s’enfoncer dans le paysage des 7 Vallées criblé d’éoliennes géantes… et s’arrêter au Germoir, une pépinière d’entreprises située à Ambricourt, où ses 1 000 m2 de plantes médicinales voisinent avec les cultures maraîchères de trois autres producteurs. Elle y bénéficie du cadre collectif et soucieux de l’environnement qu’elle recherchait.

Dans son atelier éco-construit, de grands séchoirs de bois où ses plantes passent de longues journées, « à l’ombre et au sec, surtout », à se débarrasser de leur humidité. Des flacons de toutes tailles côtoient de grandes bassines pleines de pétales odorants. Leurs teintes un peu passées sont encore assez vives pour colorer toute une collection de tisanes, sirops, confitures, macérats, aromates et bocaux de fleurs séchées pour la cuisine. « J’essaie de vendre tout d’une année sur l’autre car la qualité des plantes s’estompe assez rapidement », explique Fanny, la voix posée et une flamme de passion dans les yeux. Direction l’étage pour jeter un œil à de grands cartons bien rangés, remplis de sacs de papiers étiquetés. Ici dort la récolte de l’année dernière.

Les plantes, si elles sont fragiles une fois cueillies, résistent bien en culture. Plantation, récolte, désherbage… « C’est un peu pareil qu’en maraîchage, sauf que les plantes sont plus rustiques, elles n’attrapent pas de maladies », résume la cultivatrice. Un fait expliqué aussi par la variété d’espèces pouvant cohabiter sur le même – petit – espace. « Elles créent un équilibre entre elles. » Le purin d’ortie les aide à se défendre contre les parasites. En ce mois de mars, rien n’émerge encore de la terre brune. Mais l’été donnera un carré bigarré comme en pleine nature…

Des forêts sans pollution

Lorsqu’elle part en cueillette, la jardinière se transforme en enquêtrice. Mission : trouver des coins de nature épargnés par l’homme et ses cultures intensives. « Plus je me promène, plus je me rends compte de la fragilité des espaces naturels ; il n’y en a pratiquement plus dans la région, mise à part sur la côte… » La tâche est d’autant moins facile pour cueillir des plantes qui pourront obtenir la certification biologique ! « Il faut trouver soit des forêts sans pollution, soit des agriculteurs bio, parfois des lisières de champs isolés… Sur une carte IGN au 1/25 000e, on voit déjà beaucoup de choses. Si la zone est nouvellement polluée, je m’en rends compte : quand je vois des plantes jaunes ou des traces de roues de tracteur, c’est mort », explique la jeune femme. Autre contrainte : « trouver des lieux différents chaque année pour ne pas épuiser la ressource ». Certains végétaux, comme le bourgeon de pin, sont de plus en plus difficiles à dénicher… On imagine les kilomètres parcourus par notre randonneuse au panier pour trouver ce qu’elle propose aujourd’hui : une trentaine de variétés de plantes, dont une dizaine trouvées au cours de ses balades. Sureau, aubépine, aspérule odorante à chercher dans les bois de hêtres, lierre terrestre, ortie, feuilles de ronce… La plupart sont ramassées dans la région. Le thym sauvage est cueilli dans la Drôme. « À chaque plante son milieu de vie. » À chacune ses propriétés et son utilisation : « La mélisse, apaisante, est plus efficace fraîche car ses actifs se trouvent sur la surface externe des feuilles. » Mais pour l’aspérule odorante, reconnue aussi pour calmer, c’est le contraire. Elle est donc idéale en tisane. Autre star de la pharmacopée adoucissante : la guimauve. « On utilise la partie aérienne, pas la racine… »

Pour les entreprises

Qui veut une leçon de plantes peut venir au Germoir pour une journée cueillette ou une formation comme Fanny en organise régulièrement (voir notre agenda) ? Pour goûter ses produits, il faut se rendre dans un des magasins bio de la région. Mieux : s’abonner à son système de paniers (voir encadré).

Culture d’avril à fin septembre, cueillette, transformation, conditionnement des produits, vente, marketing, gestion des abonnés, salons, fêtes, marchés… Fanny est sur tous les fronts. Depuis peu, elle propose aussi des paniers de boissons composés spécialement pour les entreprises. Pour distiller les bienfaits des plantes jusque dans les bureaux qu’elle voulait fuir. 

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