La thérapie marine : de René Quinton à aujourd'hui

PUBLIÉ LE 05 juillet 2016
 

ORIGINES. René Quinton a découvert que la vie animale apparue dans la mer, malgré les variations au cours des temps, a tendance à maintenir les conditions de ses origine. Il en constitue la Thérapie marine, une technique de nutrition cellulaire étayée par plus de 100 ans de clinique hospitalière. Retour aux sources de cette méthode en plein renouveau.

 

René Quinton (1866 – 1925), célèbre biologiste et physiologiste français, a abordé de nombreux domaines de la connaissance et, par sa formation humaniste et scientifique, a été considéré comme un sage. Dans ses nombreuses oeuvres, connues ou inédites, il a appliqué une maxime constante, « la science de la sensibilité », intégrant ainsi le matériel et le spirituel dans un ensemble harmonieux. Outre ses recherches dans les domaines de la biologie et de la physiologie, il fut philosophe, héros militaire, mécène et promoteur de l’aviation.

Le vivant résiste et s'adapte

Dans un de ses livres, il écrit : « Face au monde physique qui obéit à des lois stables, l’évolutionnisme nous avait habitués à considérer la matière vivante comme une substance plastique modifiée par l’environnement, s’adaptant pour survivre aux conditions variables de la terre ». Or, en 1897, René Quinton formule un principe nouveau qui, sans nier l’évolution, montre l’objectif final que poursuit la vie sous toutes ses formes. Au lieu d’obéir passivement à l’influence de l’environnement, la vie résiste à ces modifications. Les formes anatomiques changent pour aider à maintenir la température et la concentration saline du milieu marin originel.  

La mer, un liquide vital

La maladie apparaît ainsi comme étant une altération de ce milieu fondamental. Cette formulation a conduit René Quinton à baser sa théorie scientifique sur une prémisse universelle, qui a constitué sa thérapeutique de base : reconstituer la cellule endommagée en utilisant l’eau des océans, milieu vital dont la minéralisation continue d’être identique à notre milieu interne. 

Son oeuvre culmine en 1904, lorsqu’il publie l’ouvrage clé, « L’Eau de mer, milieu organique », qui pose de solides bases et démontre de manière scientifique les vertus thérapeutiques de l’eau de mer. Quinton affirme alors que « toute altération de la matrice extracellulaire altère la nutrition cellulaire ». Au début de ses recherches, René Quinton découvrit que l’eau de mer contenait 15 éléments du tableau de la classification périodique de Mendeleïev. Au fil de ses observations, il en ajouta cinq autres, tout en pressentant qu’ils s’y trouvaient tous...

Une découverte fondamentale

Effectivement, l’évolution des moyens d’analyse permit la mise en évidence d’éléments nouveaux, rejoignant ainsi le pressentiment du biologiste : l’eau de mer contient la totalité des éléments naturels de la classification périodique et dans des proportions analogues à notre milieu interne, composé des différents liquides organiques, tels que le liquide extracellulaire, le plasma sanguin, les larmes, le liquide céphalo-rachidien, etc.
Cette découverte fut confirmée par Henry Doffin, professeur de Biologie de la Faculté de Sciences de Poitiers, qui déjà affirmait, en 1950, que « la mer contient l’universalité de ce qui existe sur terre ».

Chaque litre d’eau de mer contient une moyenne de 300 milligrammes de dérivés prébiotiques du carbone, tels que les acides aminés, les sucres, les vitamines, etc. Les ions (présents en phase liquide, absents en phase solide) sont des éléments chimico-électroniques naturels, transformés par le phytoplancton et le zooplancton, en chaînes naturelles assimilables. Ils agissent, par effet de synergie, en symbiose naturelle avec notre organisme, dont la formulation minérale des liquides est analogue à l’eau de mer. Actuellement, la présence de 78 éléments a été détectée.

La preuve par l’expérimentation

Il était nécessaire d’avoir recours à l’expérimentation pour pouvoir démontrer que l’eau de mer, ramenée à l’isotonie corporelle, est identique au milieu interne. En 1897, dans le laboratoire du Professeur Marey au Collège de France, a lieu la première expérience : saigner totalement des chiens.
Durant 8 heures, une quantité de 10,4 litres d’eau de mer - 104 % de son poids - est injecteée à un chien de 10 kg par voie intraveineuse sans aucune incidence. L’élimination rénale est parfaite.
Un autre chien est saigné totalement par l’artère fémorale. L’animal est au bord de la mort, perdant alors le réflexe cornéen. On lui injecte de l’eau de mer durant 11 minutes : le reflexe réapparaît, le chien revient à lui, se lève et le jour suivant se promène dans tout le laboratoire. Le chien, baptisé Sodium, mourra 5 ans plus tard écrasé par un tramway...

L’eau de mer, pour préserver la vie

Entre 1887 et 1904, René Quinton applique son traitement marin tout en accumulant des observations qui lui permettent de mettre au point une « méthode thérapeutique » conjointement avec des professeurs, d’éminents chefs de cliniques et de jeunes médecins enthousiastes. Quinton commence sa thérapeutique dans les hôpitaux de Paris, où on lui permet de traiter les cas désespérés. L’eau de mer isotonique, appelée alors Plasma de Quinton, en injections, réalise le plus souvent l’impossible, et, dans de nombreux cas, sauve des mourants.

Pour conclure ses expériences, René Quinton passe à l'étude des globules blancs qui, en raison de leur fragilité, sont difficilement maintenus vivants dans un milieu « vital » artificiel. Quinton élargit l’étude à toutes les espèces : poissons, batraciens, reptiles, mammifères et oiseaux. Dans tous les cas, les globules blancs immergés dans le liquide marin continuent à présenter tous les signes d’une vitalité normale.

Dans une étude récente, le Dr José Miguel Sempere, professeur à l’Université d’Alicante, titulaire de la chaire de Biotechnologie, conclut : « Je suis convaincu que les globules blancs se maintiennent pendant plus longtemps dans la solution Quinton Isotonic, et certainement au-delà des 96 heures observées jusqu’à présent ».

Les Laboratoires Quinton : depuis 1905 au service de la médecine

En 1904 est publiée l’oeuvre emblématique de René Quinton « L’Eau de mer, milieu organique », laquelle signe la genèse des Laboratoires Quinton, qui commercialisent, dès 1905, le fameux Plasma de Quinton. À cette époque, les efforts de René Quinton se centreront surtout sur les enfants : les malades atteints d’athrepsie ou/et d’entérites cholériformes guérissent spectaculairement après les premières injections d’eau de mer. La clinique montre qu’ils retrouvent l’appétit et reprennent rapidement du poids.
Conforté par ces résultats, René Quinton décide d’ouvrir les Dispensaires Marins, qui deviennent rapidement populaires en raison des excellents résultats de la Thérapie aà base d’injections d’eau de mer. Le premier d’entre eux s’ouvre à Paris, près de la gare Montparnasse, en 1907. On y réalise en moyenne 10 000 injections par mois. Puis, d’autres dispensaires sont créés dans tous les quartiers de Paris, dans d’autres régions de France et à l'étranger  : Grande-Bretagne, Belgique, Égypte, États-Unis...

L'harmonisation européenne fait disparâitre le Quinton du Vidal

En 1970, apparaissent dans le VIDAL le « Plasma de Quinton » sous le nouveau visa (numéro d’enregistrement des médicaments) N° NL 5735 et « Duplase de Quinton » sous le N° NL 5736. En 1973, ces visas (génériques) se transforment en AMM (Nouveaux enregistrements de médicaments), qui identifient chaque forme galénique. Mais leur commercialisation sera arrêtée en 1982 du fait de l’harmonisation des Pharmacopées européennes et l’obligation des laboratoires pharmaceutiques de s’y adapter. Cependant  Quinton Buvable commence à être commercialisé en tant que « complément alimentaire ».

En 1989, les Laboratoires Quinton–Océan-Thérapie ouvrent une nouvelle voie dans le cadre des « compléments alimentaires ». En 1996, la patente est obtenue et les Laboratoires Quinton International, dont le siège central se trouve à Alicante (Espagne), sont créés, dans le cadre de l’Industrie pharmaceutique, avec les autorisations correspondantes octroyées par l’Agence du médicament pour la qualité (GMPs) de l’élaboration à froid des spécialités thermolabiles (qui se dégradent sous l'effet de la chaleur au-delà de 44,5 °C).
(Photo : les Laboratoires Quiton aujourd'hui).

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