Accouchement sans surmédicalisation : suivre la voix des sages-femmes

PUBLIÉ LE 28 avril 2016
 

ACCOUCHEMENT. Péridurale, administration d’ocytocine, césarienne, épisiotomie sont pratiquées comme une routine à l’hôpital. Présentés comme des avancées médicales, ces actes reflètent plutôt la cruelle absence des sages-femmes tant dans les dispositifs de préparation à l’accouchement que dans les salles de travail. Seule solution : se tourner vers les maisons de naissance !

Saviez-vous que la France est la championne du monde de la péridurale ? Cette pratique concerne 77% des accouchements par voie basse, selon une étude de l'Inserm parue fin août 2015. Alors que, toujours selon cette étude, 25% des femmes annoncent vouloir lors de leur grossesse gérer la douleur différemment, la moitié d’entre elles finissent par recevoir cette forme d'anesthésie. Il faut dire que l’accès à la péridurale est facile; les médecins l’encouragent, un médecin-anesthésiste est toujours à proximité et l'acte est remboursé à 100% par l'Assurance maladie depuis 1994… Les Françaises seraient-elles plus douillettes que les autres ? C’est plutôt qu’elles n’ont pas vraiment le choix : accoucher sans péridurale nécessite préparation et accompagnement. Or à l’hôpital, les sages-femmes se font de plus en plus rares, avant l’accouchement mais aussi en salles de travail. On comprend ainsi mieux le pourquoi d’autant de péridurales …

80 000 femmes souhaieraient accoucher en maisons de naissance

Implantées depuis 1975 aux Etats-Unis, les maisons de naissance (ou « birth centers ») permettent un accouchement plus serein. En France, aussi, de telles structures se développent depuis les années 2000, et à l’été 2015, un décret a autorisé, outre les 3 déjà existantes, neuf autres maisons de naissance à entrer en phase d’expérimentation. 

Destinées à accueillir les femmes enceintes ne présentant pas de pathologies particulières (diabète, hypertension, grossesse gémellaire, risque de prématurité), adossées à une maternité, avec un suivi des femmes enceintes et des accouchements réalisés par une ou deux sages-femmes habilitées, ces structures permettent aux femmes d’accoucher « comme à la maison » (les péridurales n'y sont pas possibles et les femmes en sortent au bout de douze heures). Car l’accouchement à domicile n’est plus possible en France, depuis 2014, date depuis laquelle les assurances des sages-femmes libérales ne couvrent plus les risques. Mais c’est trop peu pour répondre à la demande « d'une moindre médicalisation et un suivi plus humain », qui s’exprime, selon le rapporteur du texte à l'Assemblée, chez quelques 10 % des 800 000 femmes accouchant chaque année.

 

Référence

Une journée mondiale pour militer en faveur de l'accouchement naturel

La Semaine mondiale pour l’accouchement respecté (SMAR), qui a lieu, depuis 2004, chaque année au mois de mai, se déroule du 16 au 22 mai 2016. Elle a pour thème "mon corps, mon bébé, ma décision". La CALM organisera pour l’occasion deux soirées-événements à l’hôpital Trousseau. La SMAR a été créée à l’initiative de l’Alliance française pour l’accouchement respecté (AFAR), une association française indépendante de toute école ou doctrine médicale, religieuse ou politique ; elle est coordonnée depuis 2011 par le Réseau européen des associations de naissance (European Network of Childbirth Associations, ENCA). Infos : SMAR.


Clara Delpas

1 commentaire

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Marine
09 août , 2016, 11:17
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Je ne connaissais même pas l’existence des maisons de naissance. Merci pour cette découverte. Mon site dans le même sujet

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