L’aider à faire seul : Montessori à la maison

PUBLIÉ LE 22 avril 2014
 

APPRENDRE. Considérée à tort comme une méthode d’éducation élitiste et permissive, qui produit des « enfants rois », la pédagogie Montessori s’efforce de considérer l’enfant comme un être libre et capable de développer les talents qui lui permettront de s’adapter au monde. Avec un peu d’organisation et une petite remise en question, il est possible de l’appliquer à la maison.

La pédagogie Montessori fut élaborée au début du XXe siècle par le médecin italien Maria Montessori. Philosophe autant que pédagogue, elle pense qu'« éduquer n’est pas dresser ». Dans la pédagogie Montessori, l’enfant, capable de concentration et d’autodiscipline, apprend par lui-même et à son rythme grâce à un environnement adapté, tout en pouvant compter sur l’aide de son « éducateur ».

Changer de regard

Géraldine Maisonneuve a créé l’association Montessori et Cie. Cette maman de six enfants utilise la pédagogie Montessori à la maison et diffuse, par le biais de son association, des conseils aux parents qui souhaitent l’appliquer.
« Avant, je me sentais parfois démunie dans l’éducation de mes enfants. Je savais que je ne voulais pas être une maman qui crie, ou qui tape, mais j’avais besoin d’outils. Je me suis donc renseignée et j’ai découvert Montessori », raconte t-elle. Depuis, Géraldine s’est formée à la méthode et l’applique au quotidien, avec ses enfants. Les maîtres mots ? Liberté, confiance et autonomie. « Intégrer l’éducation Montessori, c’est avant tout un travail intérieur pour les parents, il faut tout remettre en question et considérer l’enfant comme un être capable. Nous, devons lui faire confiance. Ce qui n’est pas facile au début », avoue Géraldine.

Je ne fais que des bêtises…

Selon Maria Montessori, la première caractéristique de l’enfant est son « esprit absorbant », c’est-à-dire sa capacité à « absorber » son environnement à certaines périodes dites « sensibles » et à construire sa personnalité en fonction de ce qui est mis à sa disposition. Par exemple, la « période sensible » au langage s’étale de la naissance à 7 ans, raison pour laquelle les écoles Montessori proposent souvent l’apprentissage d’une langue étrangère dès la maternelle. À l’âge adulte, l’esprit se referme et ce qu’il n’a pas « absorbé » durant les « périodes sensibles » va s’intégrer plus laborieusement. Il est donc important de ne pas contrarier l’enfant dans ses élans de développement, et de partir du principe qu’il y a une raison à tous ses agissements. « Lorsqu’un enfant fait une bêtise, c’est souvent une façon d’exprimer un besoin. Le parent, observateur, doit d’abord se demander pourquoi et, plutôt que de s’énerver, se demander quel est ce besoin et comment y répondre », explique Géraldine.

Un matériel adapté

Pour répondre à ces besoins, Maria Montessori a mis au point un matériel spécifique et adapté aux différentes périodes sensibles de l’enfant. Le « matériel de vie pratique » est lié à la vie quotidienne. Il s’agira par exemple de mettre à la disposition de l’enfant une petite armoire à sa hauteur afin qu’il puisse, dès le plus jeune âge, prendre l’initiative de s’ha­biller tout seul. Ou encore de proposer à l’enfant de la vaisselle de taille et de poids adapté afin qu’il puisse lui-même mettre la table. Le « matériel sensoriel » a pour but, quant à lui, de développer la sensibilité fine de l’enfant. On pourra confectionner de la pâte à modeler, proposer des jeux visant à reconnaître et classer les odeurs ou les saveurs, organiser des activités autour des sensations (doux, rêche, lourd, léger…). En complément de l’école, il existe aussi des matériaux plus spécifiques aux apprentissages scolaires. Le matériel Montessori se trouve facilement dans des boutiques spécialisées, mais il est aussi possible de le fabriquer soi-même.

L’éducation de l’avenir ?

Intégrer la pédagogie Montessori à la maison revient d’abord à instaurer un nouveau rapport entre l’adulte et l’enfant : l’adulte est guide, l’enfant est acteur et libre. Maria Montessori écrivait en 1933 dans le New York Times : « L’enfant, enfin libéré de la domination de l’adulte et libre de réaliser complètement sa propre personnalité, constitue le véritable espoir d’une refondation de la société et de la création d’un monde nouveau. » Croyons-y.    

 

Recette

Une pâte à modeler comestible

1. Dans une casserole, mélanger 200 ml d’eau, 50 g de sel et 1 cuillère à soupe d’huile végétale puis mettre sur feu doux. Quand le sel est dissous, ajouter un peu de colorant alimentaire naturel (chez Nat Ali, par exemple). 2. Ajouter ensuite 200 g de farine et un sachet de levure chimique puis mélanger jusqu’à ce que cela forme une boule qui se détache de la paroi de la casserole. 3. Laisser refroidir, puis pétrir pour donner la texture de pâte à modeler.
Retrouvez cette recette en image sur le blog de l’association Montessori et Cie (activités, conseils, ateliers).

Lire et écrire

De nouvelles lettres à toucher

 La maison Eyrolles, qui édite déjà l’ouvrage de Charlotte Poussin, « Apprends-moi à faire seul ! La pédagogie Montessori expliquée aux parents », a présenté en octobre 2014 « Les lettres rugueuses », premier opus d’une collection de coffrets dirigée par Anne Ghesquière, fondatrice du site Féminin Bio. Destiné aux 3 à 6 ans, il contient les 26 lettres de l’alphabet à toucher sur des cartes, 26 cartes illustrées représentant des images à associer aux lettres ainsi qu’un cahier présentant la méthode et des idées de jeux comme « Mon petit œil voit… », dans lequel l’enfant associe un objet (ou une image), avec un son et une lettre. Un formidable outil pour apprendre en s’amusant.   « Les lettres rugueuses », de Charlotte Poussin et Marie Ollier, éd. Eyrolles Jeunesse, 2013, 24,90 €. Infos : www.editions.eyrolles.comI. P.

 

À lire sur notre site :

La chambre de bébé selon 
la pédagogie Montessori


AgatheThine

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