Pourquoi il faut passer au ménage bio 

PUBLIÉ LE 08 janvier 2014
 

POLLUANTS. Protéger la nature, votre santé et faire des économies : autant de bonnes raisons imposent désormais un ménage plus naturel. Comment passer à l’action et déjouer les pièges des étiquettes ? Quels sont les indispensables du ménage bio et les recettes les plus efficaces ? Panorama des meilleurs conseils et solutions.

Faire le ménage, dangereux pour la santé ? Cette interrogation, saugrenue il y a encore quelques années, s’impose aujourd’hui au fil des études et connaissances comme une triste réalité. Alors que nous vivons 14 heures dans notre home sweet home, l’air que nous y respirons nous intoxique trois à cinq fois plus que celui de l’extérieur ! Notre maison recèle aujourd’hui près de 900 substances chimiques, une pollution à laquelle les produits ménagers participent allègrement.

Noms barbares, étiquetages flous, listes des ingrédients confidentielles… il est aussi difficile de s’y retrouver pour le consommateur que pour le législateur quand on sait qu’il existe près de 100 000 substances chimiques autorisées sur le marché européen et qu’à ce jour, les effets de « seulement » 3 000 ont été étudiés. Corrosives, irritantes pour la peau et le système respiratoire, ou source d’allergies, de stérilité, voire de cancers, plusieurs substances sont connues pour leur toxicité avérée, pourtant on les retrouve encore massivement dans les produits ménagers classiques. Diffusées dans les égouts, ces molécules polluent l’eau et ne sont pas toujours éliminées par les stations d’épuration. Nous les retrouvons donc en bout de chaîne dans l’eau de notre robinet. Lisez bien les étiquettes !

Panique dans la cuisine

Les produits pour la vaisselle, par exemple, sont loin d’être anodins. Les détergents pour lave-vaisselle contiennent la plus grosse quantité de phosphates, des actifs efficaces pour dissoudre les graisses mais aussi très nocifs pour la biodiversité aquatique. Un tel détergent dans l’œil ou sur la peau et c’est la brûlure immédiate. Avalés, ils brûlent la bouche, la gorge et le tube digestif. Quant aux liquides vaisselle, essentiellement composés d’agents nettoyants, ils enlèvent la protection naturelle de notre peau et l’agressent, avec, à la clé, dessèchements, crevasses ou allergies.
Outre ces tensio-actifs (TA), on peut y trouver d’autres substances peu sympathiques comme du triclosan (un conservateur antibactérien suspecté d’être cancérogène) ou des colorants et parfums de synthèse, responsables d’allergies et d’irritation. Comme l’explique Laëtitia Royant, auteur du livre « Je fabrique mes produits ménagers », les éponges ne sont pas en reste : « Fabriquées à partir de pétrole, elles sont souvent traitées avec des produits chimiques et ne sont pas biodégradables. »

Même combat du côté des gants ménagers classiques, du savon liquide pour les mains ou des produits nettoyants pour four. Hyperpuissants, ces derniers sont aussi hypertoxiques, surtout en aérosols : irritants pour les voies respiratoires, ils sont potentiellement dangereux pour la peau et les yeux en cas de projection accidentelle. Ils cumulent généralement des ingrédients peu réjouissants : soude caustique, COV et conservateurs.

Les nettoyants multi-usages, quant à eux, ont des compositions variées dont l’eau de Javel ou le benzène (un solvant cancérogène) et des colorants et parfums. Ils peuvent aussi émettre du formaldéhyde, cancérogène respiratoire, tandis que la plupart contiennent des parfums et colorants.

De même pour les produits désinfectants, avec un cocktail eau de Javel, chlore, COV, triclosan, conservateurs et parfums de synthèse… Sans compter que, sauf exception (lors d’une épidémie, par exemple), une maison nettoyée régulièrement n’a pas besoin d’être désinfectée et que cette obsession de l’hygiène risque finalement d’entraîner des résistances bactériennes.

Et si on se passait d’eau de Javel ?

Acides pour dissoudre le tartre, additifs pour donner une texture de gel, tensioactifs, javel, chlore, triclosan, solvants, désinfectants, germicides et autres agents se bousculent aussi à la porte de la salle de bains et des toilettes. Comme en cuisine, les risques sont les mêmes pour l’environnement et la santé : brûlures, irritation, allergies, perturbation endocrinienne, voire stérilité et cancer…

Les produits pour déboucher les canalisations sont pires encore et contiennent des acides si puissants qu’ils peuvent provoquer des brûlures au deuxième­, voire troisième degré. Vous voulez laver vos vitres et miroirs ? Sortez vos masques ! En plus d’être nocifs pour l’environnement, les produits à vitres sortent la grosse artillerie : phosphates, ammoniaque, composés organiques volatiles, dont les fameux éthers de glycol. Dangereux en cas d’inhalation et d’absorption, notamment pour les femmes enceintes (danger pour le fœtus), ils sont suspectés d’induire des troubles de la fertilité.

Côté lessive, si le blanc éclatant du linge est le fruit d’une illusion d’optique, la pollution qu’il engendre est bien réelle. Pour laver plus blanc que blanc, nous avons accepté, sans trop le savoir, de mettre en danger la nature et nous avec. Certains ingrédients des lessives comme les agents tensioactifs, les assouplissants et les azurants optiques affectent durablement la faune et la flore aquatiques. Les phosphates sont désormais interdits depuis 2007 dans les lessives mais l’acide nitrilotriacétique (NTA) qui le remplace serait cancérogène. Quant aux azurants optiques, il s’agit de leurres : ils déposent sur les fibres des tissus une substance bleutée pour nous donner l’illusion d’un blanc éclatant. Pourquoi pas ? sauf qu’ils sont suspectés de générer des allergies et des éruptions cutanées…

En matière de pollution, le danger est dans le chiffon ! Un danger d’autant plus évitable qu’il existe des alternatives saines et parfaitement efficaces. Ne laissez pas les industriels vous vendre n’importe quel pschitt ou produit moussant… Votre santé est en jeu.    

 

Pollution domestique

Comment on s’intoxique à la maison

En respirant. Premier vecteur d’intoxication avec, à la longue, des irritations respiratoires pouvant aboutir à de l’asthme. Raison de plus pour aérer au moins dix minutes par jour, éviter le ménage en présence d’un enfant et bannir tous les aérosols et vaporisateurs toxiques qui s’inhalent facilement ou traversent la peau.
Par ingestion. C’est la deuxième source d’absorption pour les adultes (à cause des mains non lavées après le ménage), mais elle est surtout très problématique pour les enfants (quatre pattes, doigts à la bouche et risques d’ingestion accidentelle).
Par la peau. Naturellement perméable, elle laisse passer les particules fines comme les nanoparticules.
Par les graisses de notre corps… Notre organisme ne sait pas toujours quoi faire des nombreux polluants qu’il absorbe. Il a tendance à s’en débarrasser en en stockant une partie dans nos graisses. Des toxiques relargués dès qu’on maigrit et qui reviennent alors nous empoisonner !

 

À savoir

Les enfants sont particulièrement exposés aux substances toxiques des produits ménagers. D’autant plus quand ils marchent à quatre pattes et portent tout à leur bouche… Proportionnellement à leur poids, cette intoxication est très importante, puisque leurs systèmes nerveux, digestifs, immunitaires et reproducteurs sont en plein développement. On sait aujourd’hui que de petites quantités de poison peuvent avoir des conséquences néfastes à long terme et induire des maladies endocriniennes, chroniques et des cancers. Et que les femmes enceintes doivent aussi redoubler de vigilance. L’association WECF propose des ateliers pour faire le point sur l’environnement à la maison avant l’arrivée de bébé : www.projetnesting.fr. Vous pouvez également participer aux ateliers Ma maison, ma santé avec Valérie Domeneghetty. Infos : 06 50 82 52 24.

 

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Sophie Bartczak

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