La fièvre purificatrice

PUBLIÉ LE 08 novembre 2013
 

Contrairement à ce que beaucoup continuent de croire, la fièvre n’est pas mauvaise pour l’organisme et ce n’est pas en voulant l’éradiquer à tout prix que l’on guérit. Elle n’est qu’un symptôme, pas du tout dangereuse en soi. Mieux même, c’est une alliée naturelle de notre corps qu’elle aide dans son opération de nettoyage contre les agresseurs.

 

Il n’y a pas si longtemps, la fièvre était encore considérée comme une maladie, un ennemi à abattre à grands coups d’aspirine ou de paracétamol. Aujourd’hui, le message a radicalement changé. Même la médecine conventionnelle s’évertue à nous la présenter comme une alliée. Certains vont même jusqu’à prétendre qu’elle guérit. Sans aller jusque-là – la question reste cependant ouverte – on peut dire qu’elle participe au processus de guérison, qu’elle est bienfaisante et qu’elle procure plus d’avantages que d’inconvénients.

De quoi parle-t-on ?

Un organisme sain est en mesure de maintenir une température interne à peu près constante de 37 °C (entre 36,5 °C et 37,5 °C selon les individus), même dans des conditions très défavorables. Généralement, cette température corporelle fluctue au cours de la journée. Elle est moins élevée le matin et elle atteint un pic vers la fin de l’après-midi. Celle des enfants est légèrement plus haute que celle des adultes. La fièvre, quant à elle, est caractérisée par une température corporelle plus élevée que la moyenne, qui dépasse 38 °C. Il ne faut pas la confondre avec l’hyperthermie, due, elle, à des facteurs extérieurs, tels que des activités physiques intenses ou une ambiance surchauffée.

Provoquée le plus souvent par une infection virale, bactérienne ou parasitaire, mais aussi par des troubles du système immunitaire, une réaction à certains médicaments ou à un vaccin, un traumatisme physique, une brûlure grave, une maladie inflammatoire, une altération d’un organe ou d’un tissu, un cancer, une drogue…, la fièvre est un symptôme, pas une maladie.

Elle est souvent accompagnée d’autres signes dus à la maladie elle-même, par exemple, une sensation de froid, des frissons plus ou moins intenses, des claquements de dents, une abondante transpiration, une respiration accélérée… Selon la cause, d’autres symptômes peuvent se manifester : douleurs musculaires et articulaires, courbatures, nausées, maux de tête, perte d’appétit, diarrhées, impression de grande fatigue.

Que fait la fièvre ?

En réalité, la fièvre est un mécanisme de défense de notre organisme en proie à une agression interne infectieuse, une arme à notre disposition pour aider notre corps à se débarrasser des impuretés (toxines, déchets…) et nous permettre de recouvrer la santé.

En cas d’invasion par des agents infectieux, notre corps se met en effet à produire des cytokines, des substances chimiques qui déclenchent une réaction grâce à laquelle notre cerveau va augmenter la température corporelle, ce qu’on appelle la fièvre. Le corps utilise ensuite cette chaleur purificatrice pour contenir, neutraliser et désagréger les éléments pathogènes, par exemple les cellules cancéreuses qui n’aiment pas les hausses de température, ce qui explique les exemples de rémission spontanée de tumeurs à la suite d’un épisode fébrile.

La fièvre permet également au foie d’immobiliser le fer et le cuivre pour qu’ils ne soient pas disponibles pour les microbes. Bref, on peut dire qu’elle donne un fameux coup de main à notre système immunitaire, qu’elle le rend plus performant. Sa présence est la preuve que ce système fonctionne très bien. Selon certaines études, la mortalité serait même augmentée dans les infections bactériennes sévères sans fièvre.

Quelle conduite adopter ?

Sachant tout ce qui précède, en cas de fièvre, il ne faut donc surtout pas paniquer. Elle n’est pas dangereuse en elle-même. C’est un indice utile, un signal d’alarme qui indique la gravité de l’état d’une personne mais ce n’est pas elle qui aggrave la maladie.

Donc, en premier lieu, il s’agit de ne pas confondre les effets et la cause et de ne pas oublier de traiter ce qui a provoqué la fièvre… pas la fièvre elle-même qui, elle, doit juste être contrôlée.

Ensuite, il faut bien avoir en tête que si la température monte, c’est que le corps a un travail à accomplir. Par conséquent, couper la fièvre en ingurgitant des médicaments antipyrétiques ou fébrifuges dans le but de ramener à tout prix la température à un niveau normal, ce n’est vraiment pas un bon plan. Cela revient à amoindrir nos propres défenses naturelles, à contrarier et allonger le travail du corps, et donc à retarder la vraie guérison.

Alternatives

Bien sûr au-delà d’un certain niveau (38 °C chez les bébés de moins de trois mois et les personnes âgées, 39 °C chez les enfants de trois à six mois, 40 °C pour les autres personnes) et dans certains cas (convulsions fébriles qui se répètent, difficultés respiratoires, violents maux de tête, antécédents de cancer, de maladie cardiaque ou de diabète, température élevée qui se prolonge ou qui survient après un retour des tropiques, grossesse…), il existe un réel danger et il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel de la santé. Mais, presque toujours, la fièvre et ses symptômes associés se résolvent spontanément, sans causer de dommages permanents et sans nécessiter des soins particuliers.

Bien sûr, parfois aussi, pour des raisons de confort, on peut recourir à des alternatives qui procurent du soulagement en attendant que la fièvre retombe et qui sont susceptibles d’aider le corps à faire son travail. Il existe des remèdes homéopathiques et naturels, entre autres la phytothérapie, pour faire face à la fièvre. Il existe aussi beaucoup de remèdes dits de grands-mères ou de simple bon sens à ne pas dédaigner : se reposer, réduire ses activités, boire de grandes quantités de liquide, éviter de manger ou le faire légèrement, prendre un bain à température ambiante et aux huiles essentielles, éponger la sueur, recevoir un massage…

Pour le reste, il convient surtout de laisser agir la nature et de faire confiance aux capacités de notre organisme à s’autoguérir, tout en lui fournissant les outils pour qu’il puisse le faire longtemps.

Luc Ruidant

1 commentaire

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Claudine VALLIN
29 nov. , 2013, 17:23
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ça n'est pas totalement faux, mais beaucoup d'angélisme, surtout pour des lecteurs moins 'informés' ne pas oublier qu'une fièvre excessive
que l'on ne fait pas baisser, peut entrainer des convulsions, risque majeur, surtout chez l'enfant.


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