De l’art de renouveler le désir

PUBLIÉ LE 18 avril 2013
 

Qu’est notre désir devenu ? Pfft… Happé par nos activités, broyé par la routine, brouillé par la confusion des genres, déconnecté par notre hyperconnexion ! Or s’il fleurit au cœur de la sexualité, le désir est avant tout l’intime expression de notre énergie de vie. Chemins pour renouer avec notre flamme.

 

Le désir est le feu que nous apportons en naissant », écrivait joliment le romancier néerlandais Arthur van Schendel. Un feu aussi puissant que fragile, malmené au fil du temps par les aléas de l’existence. Quelle époque paradoxale, en plus !

Le corps, objet de consommation ?

Jamais le sexe ne s’est autant affiché, pourtant le désir, lui, ne cesse de se tarir. Il nous glisse entre les doigts comme du sable, peu enclins que nous sommes à l’interroger et à cultiver la braise de ce feu intérieur. Car, dans notre civilisation du plaisir immédiat et de la consommation, on a tendance à considérer le désir comme un dû, un objet extérieur, qu’il nous faudrait acquérir, conquérir, posséder. Alors que sa racine ne peut véritablement croître et s’épanouir qu’au creux de nous, avant de pouvoir vibrer au diapason de la rencontre avec l’autre.

On fait donc souvent le chemin à l’envers, cherchant le désir hors de soi et à tout (n’importe quel ?) prix… D’où une sensation de plus en plus répandue de vide et de perte de sens (au propre comme au figuré).

Des ateliers et stages viennent à la rescousse de ce désir perdu, de cet élan ô combien vital. Ils nous proposent de refaire corps avec la plénitude et cette dimension consciente du désir, de la sexualité, grâce à diverses approches dont certaines font leurs preuves depuis des millénaires, à l’image du tantrisme.

Confusion des genres

« Masculin, féminin, dans notre société, nous avons perdu de vue nos polarités, pourtant nécessaires pour attirer et désirer l’autre », fait remarquer Michel Riu, organisateur avec Carmen Garcia Enguita de différents stages sur la sexualité (voir encadré).

Le phénomène s’explique aisément : par nécessité de se libérer du joug de l’homme, la femme a développé en réaction son côté masculin, au détriment de sa base féminine. C’était, bien sûr, une étape indispensable, mais une certaine confusion des genres s’est installée, opposant femmes amazones et hommes androgynes, prenant peur de leur puissance.

Stage

Sexualité et féminité

Et si, Mesdames, vous célébriez votre déesse intérieure ? En trois précieuses journées, le stage « Sexualité et Féminité » égrène divers outils thérapeutiques (constellations familiales, massage tantrique, respiration consciente, méditations dynamiques d’Osho…) et cercles de parole au féminin pour explorer les peurs, blocages et désirs, en lien avec notre sexualité. Ce stage intelligent, sensible et puissant déploie toute la palette de la sensualité. L’enjeu étant de renouer avec un appétit de vie vibrant. Pour y avoir goûté en Belgique, c’est un vrai… plaisir ! J’aurai appris à y sentir la vie et l’envie pulser en moi. Des mois après, cela perdure. C. A.

Infos et agenda : www.sexualitefeminite.com

 

Pôles d’attraction

On le voit, tout le monde cherche sa place et est un peu perdu… et le désir, avec. « Il est donc essentiel de nous polariser pour créer cette attirance naturelle, électromagnétique, chimique, alchimique. À travers cette réalité, on touche du doigt le désir », partage Michel Riu.

En pratique, il s’agit de nous reconnecter à notre base – féminine pour les femmes, masculine pour les hommes. Difficile sans cela d’accéder à la plénitude, à la complétude. Entendons-nous, pas question pour autant que les hommes virent brutes épaisses et les femmes petites choses fragiles ! C’est beaucoup plus subtil et nuancé que ça.

Du désir objet au désir infini

« Si l’on est dans la polarisation, on va pouvoir passer du désir objet (où je suis dans le désir, parce que l’autre me connecte à mon désir ; donc, s’il n’est pas là, je n’ai plus de désir – d’où une dépendance, source de souffrance) au désir infini. Cela passe par une connexion à mes cinq sens, à ma pulsion de vie. Je suis alors tout naturellement en contact avec l’énergie sexuelle », explique Michel Riu.

Une vraie relation, une relation vraie, mature, nécessite ce contact avec l’amour en soi. Le partage intime avec le ou la partenaire se révélera alors de nature fort différente ! On n’est plus dans le besoin de l’autre, qui rime avec manque, mais dans l’offrande. Et le désir authentique.

Stages et ateliers

Michel Riu, professeur de Kundalini yoga et consultant en psychosynthèse, et Carmen Garcia Enguita, psychothérapeute, spécialiste du travail sur la féminité, proposent leurs activités (ateliers, stages, séances individuelles…) en France, en Espagne, en Italie et en Amérique du Sud.

Selon les thèmes, ateliers mixtes pour femmes ou pour hommes (ce qui n’exclut pas des temps d’interactivité – les stages étant organisés dans des lieux proches – pour travailler des exercices propres à la problématique des groupes).

Infos : Sexualité alchimique, www.sexualitealchimique.com.

 

Renouer avec son « masculin »

Or « l’homme est une création du désir, non pas une création du besoin », comme le rappelait Gaston Bachelard1. « Si, en tant qu’homme, je suis en contact avec ma base masculine, synonyme de puissance, de force, de pénétration (pas seulement dans la sexualité), je peux développer mes principes et mes qualités féminines (vice versa pour les femmes). Ce féminin en moi est source d’ouverture, de réceptivité, de créativité, de soin du vivant, d’intuition. Si je suis un homme de complétude, mon désir et ma demande en amour ne seront pas les mêmes », poursuit Michel Riu. Les partenaires sont alors dans un échange fécond. Jouissif. Dans le plaisir absolu d’être avec l’autre. Pour le simple bonheur d’être ensemble. 

1. « La psychanalyse du feu », éd. Folio, 1985.

Carine Anselme

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